31.1.05

Et maintenant, l'oubli?

La commémoration (célébration) a eu lieu. On range les accessoires pour les ressortir dans dix ans? Les survivants, les rescapés vieillissent et disparaîtront bientôt. Qui se souviendra? Qui entretiendra la mémoire? À force de naviguer sur la toile, j'ai fini par tomber sur certains sites dont l'objet est de dénoncer la Shoah comme invention. Ce qui demande une tournure d'esprit assez particulière. Ils appartiennent aux courants du révisionnisme et du négationnisme.

Selon Wikipédia, il convient de souligner que les négationnistes qui se désignent eux-mêmes indûment comme des révisionnistes le font pour tromper le public. Les négationnistes ne révisent pas des interprétations historiques, mais nient la réalité de faits historiques. Leurs motivations sont politiques et leurs méthodes sont malhonnêtes (falsifications en tous genres, contraires aux règles du métier d'historien). Je reviendrai sur la question de ces égarés dans ma prochaine livraison. Pour l'instant, je propose de les voir en garants de la mémoire. Suit donc une liste de noms d'individus qui, au XXe s., se sont distingués par leur judéophobie, leur révisionnisme ou leur négationnisme (en angl. Holocaust Denial). Cette sera le pendant de celle des lieux de mémoire.

App, Austin; Bardèche, Maurice; Burdi, George; Butz, Arthur R.; Carto, Willis P.; Collins, Doug; Coston, Henry; Covington, Harold; Darquier, Louis; Drumont, Édouard; Duprat, François; Ellis, Don; Faurisson, Robert; Felderer, Ditlieb; Figueras, André; Ford, Henry; Giwer, Matt; Guillaume, Pierre; Haider, Joerg; Harwood, Richard; Hoffman, Michael; Huber, Ahmed; Irving, David; LaRouche, Lyndon & Helga; Leuchter, Fred; Mattogno, Carlo; McCalden, David; Oliver, Revilo P.; Paraz, Albert; Ploncard, Jacques; Rami, Ahmed; Rassinier, Paul; Rebatet, Lucien; Rimland, Ingrid; Roques, Henri; Siegfried, André; Smith, Bradley; Thion, Serge; von Leers, Johann; Weber, Mark; Yockey, Francis Parker; Zhirinovsky, Vladimir; Zündel, Ernst. Parmi les sympathisants de cette « cause » innomable, on compte ou on a compté Noam Chomsky, John Sack et John Toland.

Tant qu'il y aura des gens comme eux, l'oubli sera chose impossible.
(Une erreur peut toujours se produire: mes excuses à celui qui serait étranger à la raison de cette liste.)

26.1.05

Sous peine de

J'aborde ici une préoccupation dont je n'ai pas fait état jusqu'à présent. Peut-on parler de la judéité sans encourir le reproche de verser dans l'antisémitisme? Ainsi Britannica 2002 surprend en faisant entrer Diderot et Voltaire dans la longue tradition antisémite. Mais le professeur Léon Alhadeff rétablit l'équilibre: Bien que Diderot et Voltaire ne nourrissent pas de sympathie envers eux (les Juifs), cela n'empêche qu'ils s'insurgent contre les discriminations et les persécutions dont ils sont encore l'objet. Mais, plus que contre les Juifs, leurs sarcasmes se dirigent contre le christianisme. Voltaire va même plus loin en disant que les Chrétiens devraient pratiquer le Judaïsme, puisque Jésus était né juif, vécut comme juif, mourut juif et proclamait toujours sa pratique de la religion juive. Dans son Sermon du rabbin Akib, il condamne aussi la persécution des Juifs.

Il semble en effet qu'il n'existe pas de moyen terme, sur le mode de Celui qui n'est pas avec moi est contre moi. Si vous n'êtes pas projuifs, vous courez le risque d'être antisémite (ou, mieux, antijuifs ou judéophobe). Pire: si vous critiquez la politique actuelle d'Israël, vous êtes rétrospectivement complice de la Shoah. Herzbrun Sonia Dayan, sociologue et professeur à l’université Paris-VII - Denis-Diderot note que « les défenseurs inconditionnels de la politique israélienne font de l’accusation d’antisémitisme leur argument de prédilection. Ils croient posséder une arme susceptible de tuer symboliquement ceux contre qui elle est utilisée. Cette arme n’a aucune efficacité à l’encontre des véritables antisémites et autres négationnistes. Elle vise seulement à culpabiliser et à délégitimer ceux qui se permettent de critiquer le gouvernement d’Israël. »

Dominique Vidal, du Monde diplomatique, pose la question: « Peut-on critiquer la politique palestinienne du gouvernement israélien et lui opposer les principes du droit international sans passer pour antisémite ? » Ailleurs, il parle du « chantage à l’antisémitisme ». Résultat, il se fait traiter d'antisioniste.

Esther Benbassa indique que « les nouveaux historiens israëliens, ceux qu'on appelle aussi les postsionistes, ont, pour leur part, montré comment la Shoah fut utilisée pour renforcer les sentiments nationalistes et la mise en avant dans le conflit israélo-arabe. Arafat n'a-t-il pas souvent été comparé à Hitler ? Cette division du monde entre bons et mauvais, victimes et bourreaux, juifs et antisémites brouille les pistes et masque les réalités. »

Alors pourquoi prendre la parole contre l'oubli et la dilution? Benoît Falaize me suggère la réponse: « Il s’agit d’une obligation morale, pédagogique et mémorielle : rendre compte de l’irrémédiable et de l’horreur des camps. »

Enfin, pour Michel Winock, « il n'est donc pas superflu d'évoquer la vigilance nécessaire: l'antisémitisme n'est pas seulement une monstruosité morale et une ineptie intellectuelle; instrument des politiques réactionnaires, il est, par-dessus les notions de droite et de gauche, en résumant tous les racismes, la négation de la société pluraliste, l'exaltation imbécile du moi national et finalement un des levains de la barbarie totalitaire. »

On ne banalisera pas la Shoah: ce n'est pas un génocide comme les autres, comme le laissait entendre la commémoration de l'Onu. Ce n'est pas une barbarie comme une autre, ni l'issue d'une perversion que l'on pourrait soigner. Ce n'est pas non plus un passeport pour une impossible revanche.

Note: je remercie Denis Touret de mettre à la disposition de l'internaute les textes qu'il a recueillis. Et pour mémoire, on ajoutera à la liste de la précédente livraison deux autres lieux de mémoire: Pithiviers et Beaune-la-Rolande.

23.1.05

Pour mémoire

À cette pensée vide et opiniâtre, il faut opposer une mémoire également opiniâtre. Soixante ans après, on commémore la libération d'Auschwitz, mais, comme le faisait remarquer un survivant avec une véhémence légitime, c'est au détriment des autres lieux d'atrocités (dans une émission belge). De ces lieux d'horreur (camps et kommandos), je donne ici une liste sans doute partielle. Sous toutes réserves, donc, pour l'exactitude comme pour la graphie.

Abteroda. Alchach. Amstetten. Auschwitz. Barth. Belzec. Bergen-Belsen. Berlin. Birkenau. Bochum. Böyermoor. Bratislava. Bremen-Farge. Breslau (Wrocław). Brunswick. Buchenwald. Buna-Monowitz (Auschwitz 3). Chelmno (Kulmhof). Coblence. Cologne. Cracovie. Dachau. Dalum. Dantzig (Gdansk). Dora-Mittelbau. Drancy. Düsseldorf. Ebensee. Ellrich. Essen. Esterwegen. Falkensee. Flossenbürg. Gandersheim. Gleiwitz (Gliwice). Gross-Rosen. Gurs. Gusen. Halberstadt. Hamburg. Hanovre. Hartheim. Helmstedt-Beendorf. Hertogenbosch [‘s-] (Pays-Bas) [Bois-le-Duc]. Hinzert. Hradisko. Husum. Kaltenkirchen. Kaufering. [Kaunas]. Kempten. Kiel. Landsberg. Langensalza. Le petit Königsberg. Leipzig-Thekla. Leitmeritz (Litomerice). Lichterfelde. Linz. Lodz (cf. Chelmno). Lübeck. Lublin. Luxembourg. Magdeburg. Majdanek. Malchow. Malines (Mechelen). Mauthausen. Melk. Minden. Mühlhausen. Münch-Allach. Munich. Natzwiller-Struthof. Neckarelz. Neckargerach. Neubrandenburg. Neu-Bremm (camp de passage). Neuengamme. Novaky. Nuremberg. Ohrdruf. Oranienburg-Sachsenhausen. Osnabrück. Papenburg. Peenemünde. Porta-Westfalica. Posen. Prague. Ratibor (Racibórz). Ravensbrück. Rechlin. Riga. Sachsenhausen. Salzgitter. Sandbostel. Schönebeck. Schwerin. Semlin (Zemun). Skopje. Sobibór. Stettin (Szcezecin). Steyr. Strasbourg. Stutthof (Sztutowo). Theresienstadt (Terezín). Torgau. Treblinka. Valhingen. Varsovie. Vienne. Weimar. Weiden. Wiener-Neustadt. Westerbork. Wolfenbüttel.

Sur cet ensemble, seuls six des camps étaient des camps d'extermination (cf. L'Express): Treblinka, Chelmno, Majdanek, Sobibor, Belzec, Auschwitz. Les autres se répartissent en camps de transit, camps d'internement, camps de travail et camps de concentration.

On n'oubliera pas les Einsatzgruppen (unités mobiles d'extermination, c'est-à-dire, par analogie, des camps portatifs), répartis en quatre groupes opérationnels de la taille d'un bataillon, qui notamment suivirent l'armée allemande en Union soviétique. L'Einsatzgruppe A a sévi en Lituanie, Lettonie, Estonie, en direction de Leningrad, à Kovno, Riga et Vilno. L'Einsatzgruppe B massacra des Juifs en Pologne et en Biélorussie en direction de Smolensk, à Grodno, Minsk, Brest-Litovsk, Slonim, Gomel et Mogilev. L'Einsatzgruppe C organisa des massacres de Pologne en Ukraine, en direction de Kharkov et de Rostov-sur-le-Don, à Lvov, Tarnopol, Zolochev, Kremenets, Kharkov, Kiev et ailleurs. L'Einsatzgruppe D opérait dans le sud, en Ukraine et en Crimée, en particulier à Nikolayev, Kherson, Simferopol, Sébastopol et Feodosiya (Source: Encyclopédie multimédia de la Shoah). Autant de lieux de mémoire.

22.1.05

Une pensée opiniâtre

Le plus curieux, c'est qu'Adolf Hitler croyait donner une forme scientifique à sa haine. Dans une lettre de 1919, il déplore que l'antisémitisme soit généralement émotif et propose une démarche qu'il croit rationnelle et scientifique, examiner les « faits ». Pour examiner ces faits qui conduisirent à la Shoah, je les ramène ici à un énoncé simple. Ainsi, ce passage d'Encarta 99, « Hitler imputa aux Juifs la responsabilité du désastre économique et les accusa d'être les propagateurs d'idéologies néfastes comme le marxisme ou le libéralisme » est réduit à
1) Hitler pense que les Juifs sont responsables du désastre économique allemand
2) Hitler pense que les Juifs propagent le marxisme et le libéralisme
3) Hitler pense que le marxisme et le libéralisme sont des idéologies néfastes

Il ne s'agit pas de ridiculiser les « idées », mais de les dépouiller de la rhétorique et des effets stylistiques en vue d'une analyse sémantique. On remarque ainsi que 2) est contradictoire. On peut aussi scinder 2) et 3) en énoncés plus simples encore. J'ai maintenu l'amalgame à dessein. En parcourant diverses sources (pour Hitler, sa lettre), on obtient, après transformation, des énoncés du genre:

Hitler pense que les Juifs sont une race pernicieuse cherchant à dominer le monde
Hitler pense que la judaïcité est une race et non une religion
Hitler pense que les Juifs germanophones ne sont pas Allemands
Hitler pense que les Juifs ont maintenu leur pureté raciale par consanguinité
Hitler pense que les Juifs dansent autour du veau d'or
Hitler pense que l'orgueil national est la force d'un peuple
Hitler pense que les Juifs n'estiment que l'argent
Houston Stewart Chamberlain (1855-1927) pense que le peuple allemand est issu d'une souche teutonique ou aryenne supérieure
Houston Stewart Chamberlain pense qu'une race doit être pure
Houston Stewart Chamberlain pense que l'influence juive sur la culture européenne est négative
Alfred Rosenberg (1893-1946) croit à la vérité du sang aryen
Alfred Rosenberg pense que les ennemis des Allemands sont les Tartares russes et les Sémites
Paul Anton de Lagarde (1827-1891) pense qu'il faut assimiler les Juifs
Henrich von Treitschke (1834-1896) pense que les Juifs forment un État dans l'État
l'antisémite pense que les Juifs ne s'intègrent pas
l'antisémite pense que les Juifs exploitent les populations
l'antisémite pense que les Juifs accaparent les fonctions de banquiers,commissionnaires, courtiers
l'antisémite pense qu'un trop grand nombre de Juifs sont parvenus à des fortunes trop considérables
l'antisémite pense que les Juifs acquièrent par la politique une influence considérable
l'antisémite pense que les Juifs sapent la tradition nationale
le raciste pense que la pureté de la race la rend supérieure
le raciste pense que les groupes humains sont des races

On notera que l'analogie zoologique de la pureté de la race est prise a contrario: les croisements entre races doivent améliorer l'espèce. En plus l'argument linguistique d'Hitler ne semble pas suivre la tradition pangermaniste. En général le contenu des prédicats est soit le produit de l'imagination du « locuteur », soit applicable à d'autres sujets. Mais dans tous les cas, on a résolument affaire à une opinion ou une croyance. Dans l'imagination, il faut inclure la métaphore. En poussant l'analyse, on ajoutera l'énoncé sémantiquement sursaturé: l'X national est l'Y d'un peuple = l'X d'un peuple est l'Y national. Synonymie invérifiable.

Je suis conscient que cette méthode d'appréhension et d'analyse des énoncés constitue un outil redoutable et qu'elle peut s'appliquer à d'autres discours que ceux que j'ai visés, ainsi: Johann Gottlieb Fichte (1762-1814) pense que la base de la pensée est la croyance au sens de sentiment absolu. Ce qui fait de la connaissance humaine un phénomène de foi. Mais ma démonstration, pour l'instant, s'arrête ici.

20.1.05

Quelle pensée?

Il semble en effet que, comme le pangermanisme, le racisme-antisémitisme du IIIe Reich ait eu ses « penseurs ». Selon l'Encyclopédie Universelle Larousse (2002) - EUL -, un penseur est une « personne qui a des pensées personnelles sur les problèmes généraux, sur les questions philosophiques ». Je me proposais d'abord de transcrire la liste que j'ai établie à partir de l'analyse des origines du nazisme que propose EUL. Mais comme j'ai une réserve à formuler au sujet de Thomas Mann et de Walther Rathenau comme « précurseurs » (même démocratiques) du régime hitlérien, j'ai préféré m'attaquer aux idées des idéologies. Sans Nietsche, on compte en tout vingt noms, en plus de celui d'Hitler, qui se répartissent en trois groupes, ou idéologies: nationalisme, antisémitisme, anticommunisme.

Naturellement, une appréciation défavorable est encore considérée comme un jugement (ce par quoi on est censé se faire une opinion), mais on admettra que sur les trois piliers du nazisme deux se présentent comme une hostilité. On ne peut guère y voir une idée, pas plus qu'un concept, et encore moins l'activité de la pensée dont le but est de faire apparaître le vrai, bien que la négation ne soit pas exclue de sa démarche.

Le pangermanisme est a priori légitime - mouvement visant à regrouper sous une même autorité politique les peuples d'origine germanique, comme la première définition du nationalisme en tant que mouvement politique d'individus qui prennent conscience de former une communauté national en raison des liens (langue, culture) qui les unissent et qui peuvent vouloir se doter d'un État souverain. C'est le nationalisme de Fichte, mais la doctrine, elle, se présente comme la théorie politique qui affirme la prédominance de l'intérêt national par rapport (1) aux intérêts des classes et des groupes qui constituent la nation ou par rapport (2) aux autres nations de la communauté internationale. Ces définitions sont tirées de l'EUL. Robert en voit une troisième qui fait le lien entre les deux premières et montre qu'aucune de ces thèses ne sont étanches. C'est une exaltation du sentiment national; (un) attachement passionné à la nation à laquelle on appartient, accompagné parfois de xénophobie et d'une volonté d'isolement. Spengler prône en effet le repli sur soi (pour échapper à la civilisation sclérosante).

On constate qu'il n'y a là aucune idée: X est bon, Y est mauvais. D'ailleurs ce qui est bon est supérieur (préférable) à ce qui est mauvais et le meilleur devrait dominer. Le pangermanisme et le nationalisme allemand deviennent par glissement une théorie raciale de la supériorité germanique. La croyance se propage sous forme de préjugé, les opinions s'entrevalident et bientôt la doctrine (vision de l'univers) guide, sous forme d'idéologie le comportement collectif. On déterre les chevaliers teutoniques et le dieu Odin.

S'agit-il de pensée ou de fantasmagories? Le lien entre le sang et le sol n'est pas un concept et la haine (hostilité) n'est pas un moteur de connaissances nouvelles. Nous sommes ici plus près de la cognition au sens physiologique (PR): « Processus par lequel un organisme acquiert la conscience des événements et objets de son environnement » que de la pensée à laquelle faisait allusion Pascal. À suivre.

18.1.05

Vide de sens

Pour le Larousse du XXe siècle (1932-1952), l'antisémitisme est un « mouvement d'opinion qui, dans certains pays, s'est élevé contre les juifs et tend à faire prendre contre eux des mesures d'exception ». Le terme est en réalité vide de sens. Sa désignation est erronée, impropre, comme le remarque Britannica, le qualifiant de misnomer. Je signale ici, en guise de confirmation, la définition de Littré (1872 - sept ans avant que le terme soit forgé par W. Marr) pour Sémite: « Nom de peuples asiatiques ou africains qu'on rattache, d'après la Bible, à Sem, comme à leur auteur. Les Sémites comprennent les peuples qui parlèrent ou qui parlent babylonien, chaldéen, phénicien, hébreu, samaritain, syriaque, arabe et éthiopien. » Britannica 2002, dans cet esprit, relève la double impropriété - les Arabes et les autres Sémites ne sont pas la cible de l'antisémitisme tel qu'entendu par la plupart, et l'emploi du terme pour désigner les préjugés, propos, déclarations ou actes antijuifs qui ont pour auteurs Arabes ou autres Sémites.

Quelqu'impropre qu'il soit, le terme opère sémantiquement le passage de l'opinion à l'acte. C'est d'ailleurs une difficulté cognitive (aporie) qu'implique la liberté d'opinion. Si l'on prend en effet au pied de la lettre la Déclaration des droits de l'Homme (cité par le Robert), l'antisémite a le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions. Ce qui explique, en partie, l'impunité actuelle de Le Pen. En fait, il semble qu'en France il n'existe pas de délit d'opinion. Néanmoins, le terme apparaît parfois lorsque journalistes ou professeurs ne suivent pas l'opinion dominante. On sanctionne alors leur liberté d'expression. Récemment, avec la prestation de certains artistes, on a même interprété la lutte contre l'antisémitisme comme liberticide (Maurice Gendre, legraindesable.com), comme d'autres l'ont assimilée au sionisme (!). Ce qui est liberticide, à mon humble avis, c'est la défense du droit d'injurier, d'inciter au mépris et à la haine, c'est-à-dire leur apologie.

On se souviendra que contrairement à l'idée qui a cours, une opinion n'est ni une notion ni un concept. Ce n'est qu'une croyance, correspondant à un énoncé Q qui peut être préfacé par je crois (que) / pense que / considère que / j'estime que. Généralement, le verbe opérateur (dit d'opinion) est absent. Le Robert tend à gonfler le sens du mot. Une opinion serait: (un) Point de vue, (une) position intellectuelle, (une) idée ou (un) ensemble des idées que l'on a dans un domaine déterminé. Cette définition calque les types d'opinion: philosophique, religieuse, politique. Les synonymes s'étendent, parallèlement, de la conviction au credo, en passant par la croyance, la doctrine, le système, la théorie, la thèse, la foi. On s'attendrait à y voir le dogme.

La présence ou l'usage du terme de théorie dans cette acception peut surprendre un profane frotté de science, mais le Robert (comme EUL) distingue bien « l'ensemble d'idées, de concepts abstraits, plus ou moins organisé (...) » de la « construction intellectuelle méthodique et organisée (...) ». Toutefois, l'emploi de théorie à propos du racisme invite à la confusion, en particulier si racisme devient le genre et antisémitisme l'espèce. Une théorie dans ce sens est soit une religion, soit une philosophie, soit encore une conception politique. Pour moi, toute idée échappant à la vérification ou refusant le statut d'hypothèse, appartient à une idéologie.

Curieusement, d'ailleurs, la croyance (il tient Q pour vrai; je crois aux fantômes est invérifiable) renvoie à l'opinion qui ne semble se distinguer du préjugé que parce qu'elle aurait fait l'objet d'un examen préalable. Mais, parmi nos idées, peut-on distinguer celles qui sont le résultat d'une analyse et non d'un jugement binaire (pour/contre, bon/mauvais, vrai/faux). Pour la pensée, à la prochaine.

16.1.05

Soixante ans plus tard

Les sottises de Le Pen et du petit prince ne sont que des symptômes. Comme toujours avant de me mettre au clavier (synonyme moderne de prendre la plume), je feuillette mes dictionnaires et encyclopédies, électroniquement ou à la main. Comme il est question de mémoire, je suis même allé voir dans mon Larousse du XXe siècle en six volumes, édition de 51-52 (copyright de 1932). Et j'ai mis à contribution Omnis 1977 (de Larousse, qui a fait pendant à Lexis, sur le modèle du Robert 1 et 2). Le vieux Littré (1872), lui, ne connaît pas « racisme ». Et race y veut dire famille (dans la durée) et, comme terme « de zoologie, Réunion d'individus appartenant à la même espèce, ayant une origine commune et des caractères semblables, transmissibles par voie de génération (...) En ce sens, il se dit des hommes. Les populations de race germanique. La race caucasienne (...) ».

En fait, le mot race devrait s'écrire systématiquement avec des marques de rejet, entre guillemets, comme le fait le Petit Larousse de 1996 (Bibliorom). L'encyclopédie Encarta (1999), rappelle en effet que « la science a réfuté le concept de race en mettant en évidence son caractère subjectif, qui se fonde sur des préjugés. Des anthropologues, des biologistes, des généticiens et des sociologues ont démontré que la notion de race était vide de sens dans la mesure où le genre humain est un et indivisible. » Pour Encarta, comme pour le Larousse du XXe s. (textuellement « la haine des juifs » (sans majuscule), les comportements de rejet ou d'agression envers les Juifs sont très anciens (ce qui n'est en aucun cas une légitimation), mais Encarta voit un changement dans le motif (d'abord religieux, puis économique) de cette hostilité avec l'avènement de la Révolution industrielle. Encarta signale par exemple qu'au Moyen Âge on accusait les Juifs « d’empoisonner les sources, de répandre la peste, de tuer les enfants chrétiens pour utiliser leur sang dans des cérémonies occultes, de profaner des hosties sacrées, etc. » Mais le tableau des griefs moderne que dresse le Larousse du XXe s. tient plus du réquisitoire que de l'information encyclopédique ou historique. Le malaise est encore net avec cette phrase: l'antisémitisme nazi s'est efforcé d'éliminer les Israélites (...).

Mais même la définition du racisme y est curieuse: « théorie qui a pour but de protéger la pureté de la race dans une nation et qui lui attribue une supériorité sur les autres ». Le Larousse du XXe s. ajoute que l'idéologie raciste a servi à justifier l'antisémitisme et l'eugénisme (...) et qu'elle « n'est pas défendable du point de vue scientifique ». Le rédacteur de l'article aurait pu préciser que du point de vue moral elle ne l'était pas non plus. En fait, il semble bien que l'attitude raciste tienne plutôt de la psychopathologie sociale et, comme le suggère Encarta, se fonde « sur des réactions de peur face à l'altérité et à l'incompréhension de l'inconnu ». Mais si une remarque déplacée peut s'excuser de cette façon, il n'en va pas de même pour la Shoah.

Alors que Britannica 2002 signale le caractère mythologique ou mystique de tout ce qui est relié à la « race », on trouve dans le Petit Robert, à racisme: « Théorie de la hiérarchie des races, qui conclut à la nécessité de préserver la race dite supérieure de tout croisement, et à son droit de dominer les autres. » On saluera l'impartialité du lexicographe, mais sa formulation n'est pas corrigée, comme il le croyait, par son exemple: Le racisme n'a aucune base scientifique. Lexis (1979), qui n'avait rien à se faire pardonner, était plus clair: « Le racisme est contraire aux idées d'humanité, de justice, de fraternité, d'égalité et de respect de la personne humaine. » À suivre.

14.1.05

Fadaises et billevesées

Il est sans doute malsain d'avoir des idées fixes, car avec le temps elles ont tendance à prendre toute la place. Un courant d'air ne fait pas de mal de temps en temps (sans nécessairement revenir à la perte d'énergie que représente le refroidissement éolien - métaphoriquement ou autrement). Si l'idée tourne, elle n'est pas absolument fixe, même si elle rappelle la girouette qui complète l'anémomètre. Non, rassurez-vous, je ne passerai pas le reste de mon existence à plancher sur le vent (faire de la planche à vent?) dont même les météorologues médisent.

Pour les balivernes d'aujourd'hui je me tournerai vers l'actualité (ce qui a fait l'actualité), non sans auparavant rappeler ce que les dictionnaires (Larousse 2002, Encyclopédie Universelle Larousse 2002, Petit Robert 2001) en disent: Propos, idées, croyance futiles et creux, souvent sans fondement ou erronés. La billevesée est une « parole vide de sens, idée creuse », tandis que la fadaise combine la platitude, le manque d'intérêt, la fadeur et l'insignifiance. Elle est choyée, car en plus le PR l'illustre illustrement: « Personne n'est exempt de dire des fadaises » (Montaigne). Il doit bien y avoir près de cinquante ans de différence entre les deux personnages qui par leurs paroles ou leurs actes retiennent mon attention ici.

Du prince Harry the Nazi, il n'y a guère plus à dire qu'il n'en a dit lui-même. Montesquieu se demandait comment on peut être persan, eh bien, avec ou sans intention parodique, on peut se demander comment en 2005 on peut être nazi ou plus simplement comment on peut être assez insensible pour ne pas se rendre compte que ces signes sont ceux d'une abomination. Les jeunes Britanniques invitent à la tolérance: Give him a break. Mais il mérite la même compassion qu'il éprouvait en enfilant ce brassard. Pour sa prochaine beuverie, je lui suggère le « pyjama » des hôtes d'Auschwitz, ce qui ferait preuve d'une égale imbécillité dans l'horreur.

De Jean-Marie Le Pen, on devait s'attendre, d'un jour à l'autre, à une autre provocation qui semble n'avoir d'autre objet que de faire parler de lui. Révisionniste et négationniste, il se réclame de la liberté de penser et de la liberté d'opinion. Naturellement, on ne disputera pas monsieur Le Pen sur la nature de ses opinions. Après tout, le racisme peut également se réclamer de cette même liberté, jusqu'à banaliser le mot. Mais en mon for intérieur, je crois que la liberté de pensée ne devrait être accordée qu'à ceux qui ont prouvé qu'ils pouvaient faire usage de la pensée. En attendant, cela ne les empêche pas, comme on voit, de dire âneries, contrevérités et atrocités.

13.1.05

Dissipation, déperdition: l'envers vaut-il l'endroit?

Revenons un instant sur mon dilemme: ce n'est pas parce que j'évoque des balivernes que j'ai licence d'en dire. En fait, je les produis à mon insu, car on s'expose à dire des bêtises quand on parle de ce qu'on ne comprend pas parfaitement. Mais y a-t-il vraiment moyen, sans choisir de se taire, de se garder de dire des âneries? Reculons encore d'un pas. Quantité de chaleur nécessaire pour élever la température d'une unité de masse de 1 degré. Ce qui se traduit, pour mes besoins, par: quantité de froid nécessaire pour abaisser la température d'une unité de masse de 1 degré. Or le froid est l'absence de chaleur, ou sa perte. Alors, la formulation suivante serait sans doute plus juste: Perte de chaleur nécessaire pour abaisser la température d'une unité de masse de 1 degré.

Dans le cas de l'être humain, on a vu que cette quantité d'énergie correspondait à 3 470 J/kgK (qu'il s'agisse d'un apport de froid ou d'une perte de chaleur). Quand le thermomètre baisse d'un degré, il ne perd que 133 ou 139 J/kg = 0,133 J/g. Pour amener l'autre moyenne à la même échelle, un gramme d'humain en baissant d'un degré perd 3,47 J/g. On comprendra que quelque pratique que soit le thermomètre (mercure ou bilame), il reste en deça du phénomène dont de légers météorologues ont fait une sensation.

Je dois cependant reconnaître un échec. Je n'ai pas les outils ou les connaissances scientifiques qui me permettraient d'exprimer la vitesse du vent en termes d'advection sous forme de Joules. Mais on peut estimer, à partir des tables du refroidissement éolien du SMC que si un refroidissement de -48 correspond à une température de -30°C par un vent de 40 km/h, le chiffre de 18 permet d'établir une perte d'énergie de 62,46 J/g. On se souviendra que même perpendiculaire à l'isotherme l'advection ne dissiperait que 2,39 J/g d'énergie du mercure.

Ce petit bricolage n'est destiné qu'à y voir un peu plus clair, car par grand vent, quand il neige, la visibilité est souvent nulle. [Corrections apportées aux valeurs humaines le 14-1-05.]

12.1.05

Point de saturation

En admettant que je ne m'égare pas en abordant la chaleur spécifique (ou massique), je suis toujours en train de patauger dans une matière étrangère. Il s'agit de thermodynamique ou de cinétique des gaz. En admettant que la perte de température soit strictement l'inverse de l'élévation de température, et que la différence entre la chaleur spécifique du mercure (133 J/kgK - on trouve aussi la valeur 139) et celle du corps humain (moyen), 3 470 J/kgK, soient comparables entre elles, je ne suis pas sûr de mener à bien ni le calcul ni le raisonnement mathématique qui devrait en découler. Rappelons l'eau: 4 190 J/kgK. Ayons en outre une pensée pieuse pour Siple et Passel et leurs 250 mg d'eau.

La sagesse voudrait que l'on s'arrête quand on n'avance plus. Sinon, c'est le piétinement qui nous guette. Ce qui me chagrine, c'est naturellement le fait qu'il faille penser à l'envers. Ce n'est pas toujours facile, même si l'on a une tendance naturelle à partir sur une tangente ou à penser latéralement (sans oublier le coq-à-l'âne). Pour le refroidissement spécifique, la quantité de chaleur qu'il faut pour élever la temperature d'une unité de masse de 1 K (le GDEL me signale que le kelvin - K et non °K - a perdu le symbole du degré °) ne peut pas se traduire (sous 0°C ou 273,16 K) par la quantité de froid qu'il faut pour abaisser la température d'une unité de masse de 1 K. N'avais-je pas trouvé une définition où élever et abaisser cohabitait? Il semble que non. La mesure de la température se fait sans égard à ce que l'on considère comme chaud ou froid. Disons qu'avec l'effet du vent en hiver, on parlera de température (et pourquoi pas, de chaleur) négative. En fait, il risque d'y avoir confusion (comme dans mon esprit en ce moment), car la «chaleur spécifique» ne dépend pas de la température (c'est l'inverse). Peu importe.

Il y a une autre disparité. Le thermomètre ne contient pas un kg mercure, mais plutôt quelque chose de l'ordre du gramme. Et le corps humain varie entre disons 45 et 100 kg. Je ne peux même pas affirmer que cette approche soit valide, puisque le mercure se dilate ou se contracte, ce qui fait entrer le changement de phase en ligne de compte, tandis que le corps humain ne change pas de phase (même s'il contient de l'eau). Tout s'inscrit dans une durée, et la réflexion n'y échappe pas, sauf exception. Une pause ne ferait pas de mal. Et une aspirine.

11.1.05

Refroidissement spécifique

Laissons le vent souffler. Comme les isothermes sont à court terme, Éole finira par faire fléchir le thermomètre. Mais c'est la nature même du mercure, du métal ou de l'alcool qui explique l'incapacité où se trouve le thermomètre de rendre compte de l'échange thermique par advection.

À force de se frotter à la physique, on ne devient pas physicien, mais on finit par faire certains rapprochements. On me répète depuis que je suis enfant que mon corps est principalement constitué d'eau. Or la chaleur spécifique de l'eau est très remarquable. 4 190 ( J/kgK = Joules par kilogramme Kelvin), si on la compare à celle du mercure: 139. Quelques coups de pagaie sur le Web, et l'on découvre la chaleur spécifique du corps humain: 3 470. Mais qu'en est-il de cette chaleur spécifique? Et la chaleur sensible ou encore la chaleur latente? Ici je relaie ce qu'on m'en dit: La chaleur sensible est la chaleur (énergie) dans l’air due à la température d'air. La chaleur latente est la chaleur (énergie) dans l’air due à l'humidité d'air. Plus exactement, le site syvum précise: la chaleur sensible est la chaleur acquise ou perdue par un corps à la suite d'un changement de température. La chaleur latente ou «cachée» est la chaleur acquise ou perdue par un corps au cours d'un changement d'état quand il n'a pas pour conséquence un changement de température.

J'ai déjà évoqué la chaleur spécifique ou capacité thermique d'un corps: elle se définit comme la quantité de chaleur nécessaire pour en augmenter la température d'un 1°C. L'unité SI de la capacité thermique est le Joule par kilogramme-Celsius (aujourd'hui Kelvin, 0 °C = 273,16 K). Si «un corps» semble ambigu, on y substituera «une unité de masse d'une substance». Autrement dit: capacité thermique par unité de masse. Le J/kgK s'explique par la quantité d'énergie thermique (Joules) permettant de porter un kilo d'une substance à une température supérieure d'un Kelvin.

Le Professeur Doris R. Kimbrough de l'Université du Colorado à Denver a déjà fait le rapprochement vers lequel je m'oriente. Je n'ai malheureusement pas pu lire son article (il date de 1998) car le site exige un abonnement (Chimie, ce qui ne m'emballe pas outre mesure). Je lui prête donc des intentions. Mais son titre «Heat Capacity, Body Temperature, and Hypothermia» (la capacité thermique, la température du corps humain et l'hypothermie) est assez révélateur.

Le refroidissement spécifique sera-t-il simplement l'inverse de la chaleur spécifique? Mais alors, la convection (par la tête), l'évaporation (par la peau), la conduction (par les pieds ou les mains ou le postérieur)? (Je passe sous silence le rayonnement infra-rouge.) Sans compter l'effet du vent. Mais peut-on encore parler d'énergie quand il s'agit de sa déperdition? En tout cas en ce qui concerne le corps qui la perd. Parlera-t-on de refroidissement relatif? Même si l'expression «force du vent» ne désigne pas son travail menant à la dissipation de chaleur, peut-être peut-on adapter sa vitesse...

Dans l'état actuel de ma réflexion, je serais tenté de proposer, au vu de ce que j'ai dit ou rapporté ci-dessus, que le thermomètre est «plus sensible» au changement de température en raison du peu d'énergie qu'il lui faut pour enregistrer l'augmentation ou la perte d'un degré. Les paradoxes invitent à la réflexion.

10.1.05

Le vent souffle où il veut

Mais pas dans les bureaux du service météorologique canadien; je leur ai demandé, si le vent était un des facteurs de changement de température, pourquoi le thermomètre ne tenait pas compte du refroidissement qu'il apportait. Je suis persuadé qu'il tient compte d'une advection réchauffante. Figurez-vous qu'ils m'ont répondu, mais sans faire d'effort de réflexion. Textuellement: «Le refroidissement éolien décrit une sensation: la façon dont nous nous sentons sous l'effet de refroidissement combiné de la température et du vent. Cette sensation ne peut se mesurer avec un instrument; les scientifiques ont donc mis au point une formule mathématique qui relie la température de l'air et la vitesse du vent à la sensation de froid ressentie sur la peau.» À croire qu'on me prend pour une cloche (le vent les agite parfois). Je suis peut-être sonné ou fêlé, mais pas cloche, non. Quoi qu'en pense mon ami latiniste: selon lui mon acharnement tient de la monomanie. Pourtant vous remarquerez que le smc ne parle que d'une dimension du vent: sa vitesse. Mais en météo, on tend à le réduire à sa direction et à sa vitesse. Pourtant l'advection qui le caractérise ne transporte pas des cigarettes de contrebande.

Le vent souffle sur le thermomètre, sinon la température ne changerait que par rayonnement solaire, direct ou indirect. Or, comme le signale Zebulon1er que je cite (il s'inspire de Météo-France), «Les caractéristiques d'un abri météo: Il ne doit pas modifier la température de l'air, tout en permettant à celui ci de pénétrer facilement par les orifices de ventilation. Ces ouvertures doivent être larges et dégagées, abritées des rayonnements parasites (sol, mur, arbre). Un système de double paroi va minimiser la différence de température entre les parois et l'air libre. L'abri doit avoir une inertie thermique aussi faible que possible et doit être peint en blanc à l'intérieur comme à l'extérieur. Sa forme ne doit pas freiner le passage de l'air dans des conditions ventées. En montagne il est bien difficile à cause du givrage et de la neige d'élaborer un abri idéal. La température est mesurée à 1,50m du sol et sur un sol gazonné ou représentatif de la région (sable, neige). Il est largement éloigné de tout obstacle et ne doit jamais se trouver à l'ombre.»

L'effet d'advection est optimal quand le vent est perpendiculaire à l'isotherme, mais il existe aussi lorsqu'il est tangent. L'advection n'est nulle que si le vent est parallèle. Le thermomètre est tranquille, il appartient, qu'il le veuille ou non, à une isotherme (surface ou ligne), mais le promeneur aventureux semble condammné à se voir souffler en plein nez un vent perpendiculaire, même s'il échappe à l'isotherme du météorologue et se replie sur son isothermie. Bon vent.

6.1.05

Progrès très lents en météo

On trouve ainsi des phrases du genre de : «L'effet du vent sur notre perception du froid.» Au lieu de l'effet du vent sur la température. Heureusement, dans un forum, John Connelan rappelle que ce n'est pas parce que nous percevons le refroidissement dû au vent qu'il existe - c'est un phénomène indépendant de l'homme qui frappe autant les objets inanimés qui produisent leur propre chaleur. L'homme, comme l'animal, a le privilège de souffrir d'hypothermie s'il est sceptique en ce qui concerne l'effet du vent par temps froid. À ce sujet, il semble que les marins aient une meilleure résistance au refroidissement éolien.

Nous sommes loin (je n'étais pas né) de l'expérience de Siple et Passel qui, dans l'Antarctique, cherchaient à savoir combien de temps il faudrait pour geler 250 g d'eau. C'est à Siple qu'on attribue le fameux windchill. Les paramètres: température de l'échantillon, température extérieure, vitesse du vent. Imaginons 37°C, -20°C, 30 km/h. On note que les tableaux d'engelures ne font pas état de la température du sujet, mais d'un chiffre ambigu, ni température, ni vitesse: -33. Mais les premières engelures apparaissent après 30 min. Je me suis servi du tableau de Météo Canada, qui comporte une note: «2. Le refroidissement éolien n'affecte pas les objets et ne fait pas baisser la température réelle (actual, en angl.) Il décrit uniquement comment un humain se sentirait dans ce vent à la température ambiante.» (La traduction est de moi.) Je persiste: comment la perte de doigts ou d'oreilles peut-elle être assimilée à une sensation. C'est vrai qu'on dit: je ne sens plus mon nez (!).

La causalité est une structure cognitive incontournable et comporte certains avantages. Ici même, on peut remonter la chaîne causale jusqu'au rayonnement solaire (énergie lumineuse), auquel succède la pression. Je m'inspire surtout de l'article de G. Turbelin et le l'introduction de EU pour les vents et courants-jets. L'air réchauffé près de l'équateur circule vers les pôles, s'y refroidit, et retourne à son point de départ (alertes-météo.com). Selon Zebulon1er, le vent ne cherche qu'à rétablir une égalité de pression. Donc en bref: rayonnement - pression - vent.

Ici on entre dans le mécanisme propre au vent: l'advection est l'une de ses propriétés; il transporte notamment la température, mais aussi l'humidité et la vorticité. On tient compte de la force du vent et de l'angle du vent relativement aux isolignes de la variable en question (pour nous, la température). L'advection la plus forte se produit quand les vents sont perpendiculaires (à 90°) par rapport aux isolignes (ligne d'égale valeur). L'advection est nulle lorsque les vents sont parallèles aux isolignes. On se souviendra que l'advection de température décrit le changement de température causé par le mouvement de l'air dû au vent (Guide en ligne de l'Université de l'Illinois). La distance relative entre deux isothermes indique un gradient de température. On se souviendra que ces lignes ne sont pas fixes; elles sont portées sur les cartes par les prévisionnistes en fonction de leurs observations (cf. Encyclopedia.com - Columbia).

On tombe pourtant avec une certaine régularité sur des affirmations troublantes, comme celle du site ens-Lyon, dans le «bilan radiatif»: «La convection concerne exclusivement les fluides (gaz ou liquides) puisqu'elle prend sa source dans un transport macroscopique de matière.» Et pourtant, celle-ci nous concerne dans la déperdition de chaleur (par l'air...), comme elle s'applique aux parois... Comme le remarque Nina A. Zaitseva, la convection est généralement réservée aux mouvements verticaux et l'advection rend compte des déplacements horizontaux. Résumons: Rayonnement - Pression - Vent - Advection.

5.1.05

Quelques repères et beaucoup d'interrogations

Il existe de nombreux sites qui vous renseignent sur l'atmosphère et ses sciences. J'ai déjà cité celui de l'Université de l'Illinois et des gouvernements canadien et américain. Il faut encore signaler, outre l'intéressant Zebulon1er et le petit Christian, le site de Météo-France qui comporte notamment un imposant glossaire à niveaux de technicité. En cas de doute sur ce que je raconte, je vous invite à les consulter. Je commence à entreprendre une récapitulation des matériaux que j'ai accumulés. Elle durera le temps qu'il faut, avec les redites inévitables et les retours sur soi. Gide privilégiait les seconds mouvements. J'en ai fait un mode de vie. Ce qui assure des progès à rebours. Un pas en avant et deux pas en arrière. Cela me fait un peu d'exercice.

Le monde de la météorologie est trompeur: avec son côté quotidien et ses prévisions parfois à faux elle donne l'impression d'une discipline qui nécessite une bonne dose d'humour ou de philosophie, mais d'autre part ses liens avec la thermodynamique, la physique, son appareil de calculs et de formules, lois et autres nombres la rendent sinon inaccessible, au moins redoutable. Une autre image me vient à l'esprit: la progression sur une pente glacée, sans piolet ni crampons.

Le refroidissement éolien ou facteur vent (windchill), on l'a vu selon la plupart des sources, n'a d'effet sur un objet inanimé que si cet objet est chaud. Mais cet aspect de la question se complique, sans invoquer le niveau moléculaire, en raison de la chaleur spécifique. Il s'agit de la quantité de chaleur nécessaire à augmenter d'une unité de température une unité de masse d'une substance (Glenn Elert, Physics Hypertextbook - sur le net). L'unité SI de la capacité thermique spécifique est le joule par kilogramme kelvin, la quantité d'énergie calorique (mesurée en joules) qu'il faut pour faire monter la température d'un kelvin un kilo de la substance (traduit de Wikipedia). L'eau a une chaleur spécifique très élevée: 4186 j/kgK, tandis que le mercure n'a que 139 j/kgK (à température et pression normales).

Néanmoins, on nous dit qu'un ventilateur ne refroidit pas du tout la pièce. Il ne ferait que créer un «refroidissement éolien». Quand les prévisionnistes parlent du facteur vent, ils parlent en fait de la façon dont le vent augmente la déperdition de chaleur (thermolyse) due à la convection, selon howstuffworks, qui continue en disant que le ventilateur facilite l'évaporation de la peau. Plus il y a évaporation, plus vous vous sentirez frais. Le refroidissement éolien est ainsi résumé à l'effet qu'a l'air en mouvement en vous faisant croire qu'il fait plus froid que ne l'indique le thermomètre.

Un fait important est évacué: pourquoi la température baisse-t-elle au départ? Parce qu'il fait plus froid, me direz-vous, mais pourquoi fait-il plus froid? Parce qu'il vente, pardi. (Ou plutôt parce que le vent a déplacé une masse d'air froid.) Mais la température qu'affiche le thermomètre, contrairement à ce que je pensais d'abord, subit les effets de la convection.

On notera enfin, pour terminer, que le Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail distingue l'évaporation de la convection; il décrit celle-ci ainsi: « La convection est la perte de chaleur au profit de l'air ambiant lorsque l'air entre en contact avec la surface du corps. La vitesse de déperdition de chaleur par contact dermique avec l'air froid dépend de la vitesse de l'air et de la différence de température entre la peau et l'air ambiant. À une température ambiante donnée, la perte de chaleur augmente avec la vitesse du vent. L'effet du vent n'augmente toutefois pas à des vitesses supérieures à 64 km/h ou 50 mi/h, étant donné que l'air n'est pas en contact avec le corps assez longtemps pour que celui-ci lui transfère une quantité supplémentaire de chaleur. » http://www.cchst.ca/reponsessst/phys_agents/cold_general.html

Si la déperdition thermique existe bien (et se mesure en W/m2), pourquoi en parle-t-on comme d'une sensation?

3.1.05

Un enchevêtrement de questions

Après une pause due à une baisse de niveau d'énergie, causée par l'énormité de la tâche qui semble m'attendre, mais aussi par les échos quotidiens du désastre planétaire, j'ai décidé sinon d'avancer, d'au moins faire état du désordre mental qui guette un profane. En effet, quelle que soit notre formation et quelque poussée qu'elle soit, nous ne pouvons guère embrasser une autre discipline avec assurance. Le propre de la science, pour celui qui n'y vit pas quotidiennement, c'est de donner aux mots d'apparence ordinaire des sens inattendus. Mais ce n'est là qu'un mur terminologique qu'il ne faut toutefois pas minimiser car chez les scientifiques s'installe une sémiologie référentielle: les choses y ont des noms. Si pour le profane le mot est opaque, il ne lui reste que la syntaxe, généralement très sèche. Le deuxième obstacle (qui frappe aussi assez souvent les disciples des sciences humaines), c'est l'appareil mathématique. Même en météorologie et en climatologie, on se trouve très vite confronté à la thermodynamique, pour ne citer que celle-là. L'expérience est très perceptible si l'on consulte le site de Météo France, dont le glossaire, excellent, se présente sous trois niveaux de technicité: curieux, initié, expert. J'ai consulté l'initié pour adiabatique, mais je me suis vite rabattu sur la version pour curieux.

Il est clair que même si je voulais m'initier à la climatologie, je n'ai pas les outils mathématiques permettant de m'y frayer un chemin. La dernière fois que j'ai dépassé le niveau de l'arithmétique élémentaire, c'était lors de mon doctorat de troisième cycle, dans la lecture d'un volume destiné aux linguistes. Par contre, comme je m'intéressais à l'épistémologie des théories des signes (et de la sémantique), je me suis graduellement initié à la logique et à la théorie de ensembles, pour même me mettre à programmer en Prolog, pour dégager les caractères automatisables du sens. J'ai abandonné tout cela lorsque le circuit des conférences m'a été interdit. Cette porte s'est fermée il y a dix ans.

Revenons aux questions qui me tarabustent pour l'instant: les isolignes (isobares, isothermes) dont il a été question dans la livraison précédente sont-elles dotées d'une certaine permanence? D'après le développement du Grand Dictionnaire Encyclopédique Larousse, ils sont le produit d'observations, et donc évoluent. Pour ceux que cela intéresse, il y a même des «individus isobariques», dont l'anticyclone et la dépression. Le GDEL précise: Dans les régions tempérées et polaires, le vent suit pratiquement les isobares. Les cartes isobariques sont donc en même temps des cartes de lignes de flux. Restent les isolignes de température. GDEL: Courbe qui joint les points où une température moyenne est identique pour une période donnée. Toujours selon ma source, les climatologistes (sic) utilisent surtout les isothermes réduites (températures de l'air réduites au niveau de la mer). La correction est de 0,56°C par 100 m d'altitude, applicable aux températures vraies. Parenthèse: vrai, réel, moyen ont-ils encore le sens qu'on leur connaît? Un dernier paragraphe, emprunté au glossaire de Météo France, donne une bonne mesure de la «complexité ressentie».

Quant à la direction et à la vitesse du vent sur une surface isobare , elles sont à leur tour en corrélation étroite avec le tracé des lignes isohypses , au point que l'on peut déduire de ce tracé une bonne représentation du champ de vent sur une telle surface à travers l'approximation du vent géostrophique ; cette représentation, toutefois, s'altère de plus en plus à mesure que l'on se rapproche de la surface terrestre, cela en raison d'une influence croissante du frottement sur le mouvement de l'air, qui s'exerce tout particulièrement au sein de la couche limite planétaire. Une ligne isohypse est une isoligne réunissant à un instant donné, sur une surface autre qu'une surface d' altitude géopotentielle constante, les points de cette surface dont l'altitude géopotentielle est égale à une valeur donnée. Les lignes isohypses sont généralement tracées sur les surfaces isobares des niveaux de pression atmosphérique standards, dont elles révèlent ainsi la topographie.

2.1.05

Du vent, de la pression et une notion nouvelle

Une notion nouvelle pour moi, mais pas pour les météorologues ou planétologues et autres physiciens, sans oublier les latinistes. Il s'agit de l'advection, déplacement d'une masse d'air dans le sens horizontal, selon le Petit Larousse. J'y suis arrivé non pas en disséquant la convection (et pourtant l'étymologie ne m'est pas étrangère), mais bien grâce à l'excellent guide météorologique de l'université de l'Illinois, qui m'a été indiqué par Dan, le météorologue du Canal 19 chez nos voisins du sud (wildwildweather.com). Je me suis en fait beaucoup promené, de site en site, du sérieux comme alertes-météo au lamentable comme crieur.com. Si j'avais voulu savoir qui produisait du vent, je ne serais pas allé plus loin.

Dès le début de ma quête sceptique et curieuse à la fois, j'avais eu le sentiment qu'il manquait certains paramètres dans le rapport température-vent. L'un d'eux est la pression, mais aussi la rotation de la Terre (force dite de Coriolis). G. Turbelin, auteur d'une thèse sur le vent (ironie à part), explique très bien cette mécanique. On notera d'emblée que la température (mais pas le thermomètre) se trouve à l'origine du vent, mais aussi la pression assurant le déplacement des masses d'air constituant le vent, de la haute pression vers la basse pression. Le frottement ou friction n'intervient pas ici même, pour mon propos, car il constitue en fait l'obligé du vent au niveau du sol dans la couche limite atmosphérique.

Bon: le vent a pour origine un déséquilibre entre masses d'air à haute pression (plus chaudes) et masses d'air à pression inférieure. La haute pression s'explique par le fait que "les régions équatoriales reçoivent plus d'énergie lumineuse, sous forme de rayonnement solaire, que celles situées près des pôles. L'air réchauffé près de l'équateur circule vers les pôles, s'y refroidit, et retourne à son point de départ." (cf. alertes-météo). La même source évoque la structure verticale de l'atmosphère qui est surtout chauffée par le bas, là où le rayonnement solaire est absorbé. De plus, la couche inférieure, qui va de la surface à une dizaine de kilomètres d'altitude, est le siège d'un brassage de masses d'air permanent lié d'une part aux inégalités de ce chauffage, d'autre part à la force d'Archimède qui permet la convection. Cette région est donc appelée troposphère, du mot grec tropos qui signifie tourbillon. La température y décroît avec l'altitude, de 5 à 10°C par kilomètre jusqu'à un niveau qui est appelé la tropopause: littéralement, c'est le niveau où cessent les tourbillons. L'altitude de ce niveau dépend grosso modo - de l'intensité du chauffage de cette "marmite", donc de la latitude et de la saison. A l'équateur, la tropopause s'élève à 16 ou 17 km, et sa température est très basse (jusqu'a -90°C); aux pôles, au contraire, elle ne s’élève guère au-dessus de 8 kilomètres. Cité in extenso de www.alertes-meteo.com à propos de l'effet de serre.

Ces mouvements de convection assurent un passage vers la notion d'advection. Qui fait du vent produit par l'inégalité de températures un facteur même du changement de température. Dans le guide de l'Université de l'Illinois, on trouve textuellement: L'advection de température se réfère au changement de température causé par le mouvement de l'air dû au vent. On reconnaît deux advections: la "froide" et la "chaude" qui entraînent respectivement (et logiquement) une baisse et une hausse de la température.

Deux facteurs gouvernent l'évaluation de l'advection, la force du vent et l'angle du vent relativement aux lignes d'égale valeur (isolignes) de la variable objet de l'advection. La plus forte advection se produit quand les vents sont orientés perpendiculairement (à 90°) relativement aux isothermes. Aucune advection n'a lieu si les vents sont parallèles aux isothermes. L'advection "froide" modifie l'isobare vers le bas, puisque l'air plus froid est plus dense et occupe moins de place que l'air plus chaud. L'incurvation de l'isobare crée une zone localisée de basse pression, modifiant ainsi le gradient de pression. Celui-ci est horizontal et calculé en millibars, tandis que le gradient de température est vertical et s'exprime en °C par 100 m. Après ce parcours du combattant, on commence à soupçonner que le refroidissement éolien n'est pas une fumisterie. À plus!

1.1.05

Des thermomètres et autres babioles

En cette nuit de nouvel an endeuillée par le raz de marée de l'Océan Indien, il peut sembler irrespectueux de songer à autre chose qu'à cette catastrophe et à son cortège de malheurs, mais à défaut de prier ou de désespérer, il importe de maintenir un semblant de préoccupations plus ou moins ordinaires. J'ai donc finalement amené mon copain à sinon m'approuver, au moins à admettre qu'il y avait anguille sous roche. Morte de froid, l'anguille. Ce qui le révolte c'est que les gens de la météo expriment le refroidissement éolien sous forme de degré. Environnement Canada a bien essayé de préciser que le facteur éolien prenait une forme analogue à celle des degrés, mais qu'elle ne devait pas être entendue comme telle, ni s'écrire -20°C, mais bien -20. La confusion demeure, même si l'on rappelle qu'il s'agit seulement d'une valeur équivalente. C'est donner un sens trouble à « équivalence » (relayé par le National Weather Service américain). Comme j'évoquais le fait qu'il s'agissait finalement d'un calcul de temps, il a proposé qu'on adopte ce mode d'expression. Mais Environnement Canada explique son choix par un sondage mené auprès de la population canadienne. La chose ne serait pas aussi ramassée: à -X°C par un vent de Y km/h il faudra z min pour le la peau exposée gèle. On notera que de nombreux sites correspondant à la recherche (par Google), en français comme en anglais, parlent de sensation ou de perception, comme si effectivement nous pouvions servir de thermomètre. J'ajoute toutefois qu'Environnement Canada propose aussi un tableau du refroissement dû au vent où figurent les minutes précédant l'engelure.À mon thermoscope s'ajoutent de nombreux autres instruments: les thermomètres enregistreurs, et le mercure n'est pas le seul liquide... Au fait, même s'il pouvait rendre compte de l'effet du vent, il rendrait l'âme à -38,8°C, température assez fréquente par les grands froids de janvier ou de février (au Canada). Car notre mercure congèle... conséquence du refroidissement éolien? En fait, plus gros est votre dictionnaire, plus nombreux sont vos thermomètres, et si vous allez à l'encyclopédie, c'est la joie. À pression de vapeur, à bilame, à sonde thermocouple, à résistance de platine, différentiel, et enfin, thermomètres à gaz... hydrogène, hélium, azote. Si j'en crois le Grand Dictionnaire Encyclopédique Larousse, ce n'est pas le genre d'instrument qui se peut se révéler pratique dans la cuisine. Il faut procéder en deux fois à la mesure et ensuite appliquer la formule T = 273,16 K x P/P3 où P3 est la T3 point triple de l'eau (égale à 273,16 Kelvin) et P la température à mesurer. L'appareil consiste en un réservoir métallique et un manomètre à mercure. Il est à la base de la thermométrie, et a donné des températures aisément reproductibles. Je ne crois pas qu'on s'en soit servi à l'extérieur par grand froid et grand vent. On notera que ces instruments de mesure parfois peu précis sont tous étanches. Il n'y en aucun cas communication avec l'extérieur. Et comme je l'ai signalé, ils semblent également imperméables à l'échange thermique propre à la convection. Tandis que l'homme s'évapore, comme s'il était liquide. Avant donc de conclure que j'ai froid plutôt que de dire qu'il fait froid, il faudra encore réexaminer ces affirmations selon laquelle le refroidissement est imaginaire et invérifiable. Mon copain avançait qu'un thermomètre qui donnerait la lecture du refroidissement serait peu fiable. Je lui laisse la responsabilité de cette idée. Il est curieux, donc, que personne ne songe à déplacer la déficience. Personne n'ose suggérer que le thermomètre serait imparfait. On me dit: s'il marque -5°C c'est que l'air est à cette température, malgré le vent. Comme si le vent était une anomalie négligeable. Si le thermomètre que vous tenez par la glace baissée de votre voiture n'enregistre pas de changement, soyez sûrs que le ventilateur du radiateur refroidit (avec du vent) le moteur de la voiture. Bon vent!