3.1.05

Un enchevêtrement de questions

Après une pause due à une baisse de niveau d'énergie, causée par l'énormité de la tâche qui semble m'attendre, mais aussi par les échos quotidiens du désastre planétaire, j'ai décidé sinon d'avancer, d'au moins faire état du désordre mental qui guette un profane. En effet, quelle que soit notre formation et quelque poussée qu'elle soit, nous ne pouvons guère embrasser une autre discipline avec assurance. Le propre de la science, pour celui qui n'y vit pas quotidiennement, c'est de donner aux mots d'apparence ordinaire des sens inattendus. Mais ce n'est là qu'un mur terminologique qu'il ne faut toutefois pas minimiser car chez les scientifiques s'installe une sémiologie référentielle: les choses y ont des noms. Si pour le profane le mot est opaque, il ne lui reste que la syntaxe, généralement très sèche. Le deuxième obstacle (qui frappe aussi assez souvent les disciples des sciences humaines), c'est l'appareil mathématique. Même en météorologie et en climatologie, on se trouve très vite confronté à la thermodynamique, pour ne citer que celle-là. L'expérience est très perceptible si l'on consulte le site de Météo France, dont le glossaire, excellent, se présente sous trois niveaux de technicité: curieux, initié, expert. J'ai consulté l'initié pour adiabatique, mais je me suis vite rabattu sur la version pour curieux.

Il est clair que même si je voulais m'initier à la climatologie, je n'ai pas les outils mathématiques permettant de m'y frayer un chemin. La dernière fois que j'ai dépassé le niveau de l'arithmétique élémentaire, c'était lors de mon doctorat de troisième cycle, dans la lecture d'un volume destiné aux linguistes. Par contre, comme je m'intéressais à l'épistémologie des théories des signes (et de la sémantique), je me suis graduellement initié à la logique et à la théorie de ensembles, pour même me mettre à programmer en Prolog, pour dégager les caractères automatisables du sens. J'ai abandonné tout cela lorsque le circuit des conférences m'a été interdit. Cette porte s'est fermée il y a dix ans.

Revenons aux questions qui me tarabustent pour l'instant: les isolignes (isobares, isothermes) dont il a été question dans la livraison précédente sont-elles dotées d'une certaine permanence? D'après le développement du Grand Dictionnaire Encyclopédique Larousse, ils sont le produit d'observations, et donc évoluent. Pour ceux que cela intéresse, il y a même des «individus isobariques», dont l'anticyclone et la dépression. Le GDEL précise: Dans les régions tempérées et polaires, le vent suit pratiquement les isobares. Les cartes isobariques sont donc en même temps des cartes de lignes de flux. Restent les isolignes de température. GDEL: Courbe qui joint les points où une température moyenne est identique pour une période donnée. Toujours selon ma source, les climatologistes (sic) utilisent surtout les isothermes réduites (températures de l'air réduites au niveau de la mer). La correction est de 0,56°C par 100 m d'altitude, applicable aux températures vraies. Parenthèse: vrai, réel, moyen ont-ils encore le sens qu'on leur connaît? Un dernier paragraphe, emprunté au glossaire de Météo France, donne une bonne mesure de la «complexité ressentie».

Quant à la direction et à la vitesse du vent sur une surface isobare , elles sont à leur tour en corrélation étroite avec le tracé des lignes isohypses , au point que l'on peut déduire de ce tracé une bonne représentation du champ de vent sur une telle surface à travers l'approximation du vent géostrophique ; cette représentation, toutefois, s'altère de plus en plus à mesure que l'on se rapproche de la surface terrestre, cela en raison d'une influence croissante du frottement sur le mouvement de l'air, qui s'exerce tout particulièrement au sein de la couche limite planétaire. Une ligne isohypse est une isoligne réunissant à un instant donné, sur une surface autre qu'une surface d' altitude géopotentielle constante, les points de cette surface dont l'altitude géopotentielle est égale à une valeur donnée. Les lignes isohypses sont généralement tracées sur les surfaces isobares des niveaux de pression atmosphérique standards, dont elles révèlent ainsi la topographie.