Soixante ans plus tard
Les sottises de Le Pen et du petit prince ne sont que des symptômes. Comme toujours avant de me mettre au clavier (synonyme moderne de prendre la plume), je feuillette mes dictionnaires et encyclopédies, électroniquement ou à la main. Comme il est question de mémoire, je suis même allé voir dans mon Larousse du XXe siècle en six volumes, édition de 51-52 (copyright de 1932). Et j'ai mis à contribution Omnis 1977 (de Larousse, qui a fait pendant à Lexis, sur le modèle du Robert 1 et 2). Le vieux Littré (1872), lui, ne connaît pas « racisme ». Et race y veut dire famille (dans la durée) et, comme terme « de zoologie, Réunion d'individus appartenant à la même espèce, ayant une origine commune et des caractères semblables, transmissibles par voie de génération (...) En ce sens, il se dit des hommes. Les populations de race germanique. La race caucasienne (...) ».
En fait, le mot race devrait s'écrire systématiquement avec des marques de rejet, entre guillemets, comme le fait le Petit Larousse de 1996 (Bibliorom). L'encyclopédie Encarta (1999), rappelle en effet que « la science a réfuté le concept de race en mettant en évidence son caractère subjectif, qui se fonde sur des préjugés. Des anthropologues, des biologistes, des généticiens et des sociologues ont démontré que la notion de race était vide de sens dans la mesure où le genre humain est un et indivisible. » Pour Encarta, comme pour le Larousse du XXe s. (textuellement « la haine des juifs » (sans majuscule), les comportements de rejet ou d'agression envers les Juifs sont très anciens (ce qui n'est en aucun cas une légitimation), mais Encarta voit un changement dans le motif (d'abord religieux, puis économique) de cette hostilité avec l'avènement de la Révolution industrielle. Encarta signale par exemple qu'au Moyen Âge on accusait les Juifs « d’empoisonner les sources, de répandre la peste, de tuer les enfants chrétiens pour utiliser leur sang dans des cérémonies occultes, de profaner des hosties sacrées, etc. » Mais le tableau des griefs moderne que dresse le Larousse du XXe s. tient plus du réquisitoire que de l'information encyclopédique ou historique. Le malaise est encore net avec cette phrase: l'antisémitisme nazi s'est efforcé d'éliminer les Israélites (...).
Mais même la définition du racisme y est curieuse: « théorie qui a pour but de protéger la pureté de la race dans une nation et qui lui attribue une supériorité sur les autres ». Le Larousse du XXe s. ajoute que l'idéologie raciste a servi à justifier l'antisémitisme et l'eugénisme (...) et qu'elle « n'est pas défendable du point de vue scientifique ». Le rédacteur de l'article aurait pu préciser que du point de vue moral elle ne l'était pas non plus. En fait, il semble bien que l'attitude raciste tienne plutôt de la psychopathologie sociale et, comme le suggère Encarta, se fonde « sur des réactions de peur face à l'altérité et à l'incompréhension de l'inconnu ». Mais si une remarque déplacée peut s'excuser de cette façon, il n'en va pas de même pour la Shoah.
Alors que Britannica 2002 signale le caractère mythologique ou mystique de tout ce qui est relié à la « race », on trouve dans le Petit Robert, à racisme: « Théorie de la hiérarchie des races, qui conclut à la nécessité de préserver la race dite supérieure de tout croisement, et à son droit de dominer les autres. » On saluera l'impartialité du lexicographe, mais sa formulation n'est pas corrigée, comme il le croyait, par son exemple: Le racisme n'a aucune base scientifique. Lexis (1979), qui n'avait rien à se faire pardonner, était plus clair: « Le racisme est contraire aux idées d'humanité, de justice, de fraternité, d'égalité et de respect de la personne humaine. » À suivre.
En fait, le mot race devrait s'écrire systématiquement avec des marques de rejet, entre guillemets, comme le fait le Petit Larousse de 1996 (Bibliorom). L'encyclopédie Encarta (1999), rappelle en effet que « la science a réfuté le concept de race en mettant en évidence son caractère subjectif, qui se fonde sur des préjugés. Des anthropologues, des biologistes, des généticiens et des sociologues ont démontré que la notion de race était vide de sens dans la mesure où le genre humain est un et indivisible. » Pour Encarta, comme pour le Larousse du XXe s. (textuellement « la haine des juifs » (sans majuscule), les comportements de rejet ou d'agression envers les Juifs sont très anciens (ce qui n'est en aucun cas une légitimation), mais Encarta voit un changement dans le motif (d'abord religieux, puis économique) de cette hostilité avec l'avènement de la Révolution industrielle. Encarta signale par exemple qu'au Moyen Âge on accusait les Juifs « d’empoisonner les sources, de répandre la peste, de tuer les enfants chrétiens pour utiliser leur sang dans des cérémonies occultes, de profaner des hosties sacrées, etc. » Mais le tableau des griefs moderne que dresse le Larousse du XXe s. tient plus du réquisitoire que de l'information encyclopédique ou historique. Le malaise est encore net avec cette phrase: l'antisémitisme nazi s'est efforcé d'éliminer les Israélites (...).
Mais même la définition du racisme y est curieuse: « théorie qui a pour but de protéger la pureté de la race dans une nation et qui lui attribue une supériorité sur les autres ». Le Larousse du XXe s. ajoute que l'idéologie raciste a servi à justifier l'antisémitisme et l'eugénisme (...) et qu'elle « n'est pas défendable du point de vue scientifique ». Le rédacteur de l'article aurait pu préciser que du point de vue moral elle ne l'était pas non plus. En fait, il semble bien que l'attitude raciste tienne plutôt de la psychopathologie sociale et, comme le suggère Encarta, se fonde « sur des réactions de peur face à l'altérité et à l'incompréhension de l'inconnu ». Mais si une remarque déplacée peut s'excuser de cette façon, il n'en va pas de même pour la Shoah.
Alors que Britannica 2002 signale le caractère mythologique ou mystique de tout ce qui est relié à la « race », on trouve dans le Petit Robert, à racisme: « Théorie de la hiérarchie des races, qui conclut à la nécessité de préserver la race dite supérieure de tout croisement, et à son droit de dominer les autres. » On saluera l'impartialité du lexicographe, mais sa formulation n'est pas corrigée, comme il le croyait, par son exemple: Le racisme n'a aucune base scientifique. Lexis (1979), qui n'avait rien à se faire pardonner, était plus clair: « Le racisme est contraire aux idées d'humanité, de justice, de fraternité, d'égalité et de respect de la personne humaine. » À suivre.

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