16.2.08

L'effet Sarkho

Le site Nouvelobs.com rapporte les propos du porte-parole de l'UMP (moi je préfère le PMU), que je recite pour situer mon propos.

"C'est la méthode des procès staliniens. Ce qui ne m'étonne pas d'ailleurs, venant du journal Marianne, qui a titré il y a quelques mois 'Nicolas Sarkozy est-il fou ?'" (Yves Jego)

L'émission « À vous de juger » a également donné deux beaux exemples de l'effet Sarkho (oui, je sais, mais le H est une précaution), deux thuriféraires de Sa Majesté, dont la belle R. qui fabrique des diplômes dans son CV, ont étonné tout le monde en réussissant à penser à l'envers de façon synchrone. Comme Yves Jego. Comme la ravissante R. Y., qui, avant de parler de charognards, auraient dû se souvenir que les charognards s'attaquent aux charognes.

Pourquoi à l'envers? Pour la même raison que la belle C. B. parlait de presse collaborationniste (qu'elle a certainement connue dans une vie antérieure) et le premier ministre François Paillasson parle de chasse au président de la république.

Tous ces gens-là n'ont pas suffisamment d'activité cérébrale pour s'apercevoir que le Pouvoir ne peut pas se poser en victime, même dans une démocratie où l'élu se prend effectivement pour l'élu, au sens absolu.

Sarkho, après avoir contre-pensé l'avenir de la télévision française va, après avoir enfilé son cache-poussière d'instituteur, traumatiser au moins une génération de gamins et gamines français et immigrés. Il pense non seulement à l'envers, mais à côté. Le devoir de mémoire n'est pas un devoir d'écolier. Et il se trompe de pays. Le roi-instit fait parent pauvre en regard du roi-philosophe de Voltaire.

Le roi Sarkho a déjà du mal à distinguer le mémoire de la mémoire, maintenant, après les racailles (néologisme sarkhozien pour faire dans le genre du Général et de sa chienlit - mais raté, là aussi), il ne distingue pas devoir de devoir. Bon, je sais, il n'est pas vraiment Français (combien faut-il de générations, déjà?), mais pourquoi tient-il à donner des leçons à tout le monde? Quand il ne cherche pas, comme un chiffonnier, à s'empoigner avec le premier gréviste venu. Un roi chicanier. Décidément Sarko (oups, j'ai oublié le H) a toutes les qualités du tyran, pardon, vu la taille, du tyranneau.

Bel exemple pour les petits français invités à revivre la Shoah. C'est littéralement de la cruauté mentale de sa part.

Il serait peut-être temps que des gens plus sérieux que moi lui expliquent que les résultats d'une élection ne constituent pas un blanc-seing.

Pour en revenir à la pensée alenversiste, elle consiste à doter celui qui vous adresse une critique, à le doter, dis-je, le temps d'une polémique, du pouvoir que l'on détient soi-même en réalité. Si c'était une simple stratégie, ce serait un moindre mal, mais il semble que cela remplace toute autre forme d'activité cérébrale. L'effet Sarkho est généralisé chez ses thuriféraires.

Pour mémoire, les collabos étaient du côté du Pouvoir, le Président de la République française est le pouvoir en France, les procès staliniens n'étaient pas dirigés contre Staline, le roi Sarkho n'est pas un cadavre en décomposition, et les chasses aux sorcières ont pour victimes des innocents sans défense.

À la défense de Marianne, que cite Jego, j'avais moi-même, pendant la campagne, je crois, constaté que le titre « Sarkozy dément » pouvait prêter à confusion.

Ce ne serait pas la première fois qu'un roi devient fou. Ivresse du pouvoir, abus de substances illicites, paranoïa dont le Petit Robert nous signale aimablement les caractéristiques « (orgueil démesuré, méfiance, susceptibilité excessive, fausseté du jugement avec tendance aux interprétations) engendrant un délire et des réactions d'agressivité ».

Français, comme disait Sade, encore un effort!

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