10.1.05

Le vent souffle où il veut

Mais pas dans les bureaux du service météorologique canadien; je leur ai demandé, si le vent était un des facteurs de changement de température, pourquoi le thermomètre ne tenait pas compte du refroidissement qu'il apportait. Je suis persuadé qu'il tient compte d'une advection réchauffante. Figurez-vous qu'ils m'ont répondu, mais sans faire d'effort de réflexion. Textuellement: «Le refroidissement éolien décrit une sensation: la façon dont nous nous sentons sous l'effet de refroidissement combiné de la température et du vent. Cette sensation ne peut se mesurer avec un instrument; les scientifiques ont donc mis au point une formule mathématique qui relie la température de l'air et la vitesse du vent à la sensation de froid ressentie sur la peau.» À croire qu'on me prend pour une cloche (le vent les agite parfois). Je suis peut-être sonné ou fêlé, mais pas cloche, non. Quoi qu'en pense mon ami latiniste: selon lui mon acharnement tient de la monomanie. Pourtant vous remarquerez que le smc ne parle que d'une dimension du vent: sa vitesse. Mais en météo, on tend à le réduire à sa direction et à sa vitesse. Pourtant l'advection qui le caractérise ne transporte pas des cigarettes de contrebande.

Le vent souffle sur le thermomètre, sinon la température ne changerait que par rayonnement solaire, direct ou indirect. Or, comme le signale Zebulon1er que je cite (il s'inspire de Météo-France), «Les caractéristiques d'un abri météo: Il ne doit pas modifier la température de l'air, tout en permettant à celui ci de pénétrer facilement par les orifices de ventilation. Ces ouvertures doivent être larges et dégagées, abritées des rayonnements parasites (sol, mur, arbre). Un système de double paroi va minimiser la différence de température entre les parois et l'air libre. L'abri doit avoir une inertie thermique aussi faible que possible et doit être peint en blanc à l'intérieur comme à l'extérieur. Sa forme ne doit pas freiner le passage de l'air dans des conditions ventées. En montagne il est bien difficile à cause du givrage et de la neige d'élaborer un abri idéal. La température est mesurée à 1,50m du sol et sur un sol gazonné ou représentatif de la région (sable, neige). Il est largement éloigné de tout obstacle et ne doit jamais se trouver à l'ombre.»

L'effet d'advection est optimal quand le vent est perpendiculaire à l'isotherme, mais il existe aussi lorsqu'il est tangent. L'advection n'est nulle que si le vent est parallèle. Le thermomètre est tranquille, il appartient, qu'il le veuille ou non, à une isotherme (surface ou ligne), mais le promeneur aventureux semble condammné à se voir souffler en plein nez un vent perpendiculaire, même s'il échappe à l'isotherme du météorologue et se replie sur son isothermie. Bon vent.