10.3.05

Relations 4.3.7.4

4.3.7.4 Ni 'achoppement' ni 'anicroche' ne sont définissables autrement que dans un rapport avec 'obstacle', 'difficulté' ou 'ennui', qui sont alors eux-mêmes dans un rapport d'équivalence, compte tenu des aléas dictionnairiques.

achoppement PR anicroche PR obstacle PR difficulté PR
Obstacle contre lequel on bute, difficulté qu'on rencontre. Petite difficulté qui accroche, petit obstacle qui arrête. Ce qui s'oppose à l'action, à l'obtention d'un résultat. chose difficile

Ennui ≝(Lexis) chose, événement qui contrarie le cours normal de l’existence

4.3.7.5 Comparaison de termes exprimant des sentiments.
répugnance aversion exécrer exécration horreur
aversion pour qqn-qqch répugnance extrême avoir en exécration sentiment d’horreur extrême violente impression de répulsion causée par qqch d’affreux
antipathie horreur avoir en horreur objet de ce sentiment violente impression d’effroi causée par qqch d’affreux
répulsion


caractère horrible d’une action


avoir de l’aversion
chose pour laquelle on éprouve de la répugnance à cause de sa laideur




chose pour laquelle on éprouve de la répugnance à cause de sa saleté

Descripteurs repris : répugnance ∩aversion exécrer ; répugnance ∩aversion horreur ; aversion ∩horreur exécrer ∩horreur exécration ; aversion ∩répugnance horreur
Interdéfinis du tableau ci-dessus : aversion ⋈ répugnance ; [aversion / exécrer \ exécration] ⋈ horreur ; exécrer ⋈ exécration (circularité).

REM Le Gdel cerne les définitions circulaires comme les définitions se présentant telle que la première renvoie à la seconde et la seconde à la première. C'est aussi la caractéristique des membres d'une classe, des éléments d'un même domaine.

4.3.7.6 Interdéfinis issus (←) des définitions :
antipathie (←répugnance) répulsion
(←répugnance)
affreux
(←horreur)
effroi (←horreur)
hostilité instinctive à l’égard de qqn/qqch vive répugnance qui provoque peur/dégoût/
douleur
grande frayeur
aversion aversion horrible épouvante
dégoût dégoût atroce terreur


qui cause un vif désagrément

Descripteurs repris (intersection) d’une définition à l’autre : antipathie ∩aversion répulsion ; affreux ∩dégoût antipathie ∩dégoût répulsion.

Pour bien faire, il faudrait continuer avec « hostilité, dégoût, peur, frayeur, épouvante, terreur… » On commence à voir en quoi consiste la véritable structuration du lexique ou des systèmes lexicaux. Naturellement, on n’exclut pas la structuration reflétant le réel (métonymique), par où les termes désignant les parties ou les contiguïtés d’un tout sont interdéfinis, comme l’habitation, les chemins de fer, l’avion, les broyeurs, la centrale solaire, etc. (ou toute iconographie analytique d’un dictionnaire ou d’une encyclopédie).

4.3.7.7 Le tableau qui suit ne fait intervenir que les définitions pertinentes du Larousse de Poche (1954), dont on note le désordre :

temps époque période circonstance instant phase
durée limité \ moment
\ occasion \ époque
point fixe dans l’histoire \ date espace de temps \ division \ phase
un des faits particuliers d’un événement \ conjoncture moment très court changements successifs
date durée moment conjoncture occasion intervalle
temps précis d’un événement espace de temps \ temps en général temps fort court \ occasion, circonstance concours de circonstances \ occasion circonstance de temps distance entre les temps

cf. événement ≝ tout ce qui arrive dans le monde ; incident remarquable. PL11
PR ≝ ce qui arrive et qui a quelque importance pour l'homme.

La circularité est diluée parmi des corrélateurs apparentés. Ce « renvoi » est cependant le témoin d’une solidarité, d’une interdépendance. Le psychologue Gaston Viaud (1946) signale l'interdépendance dans le domaine conceptuel, c'est-à-dire la nécessité où l'on est de recourir à d'autres concepts pour expliciter le sens d'un concept, ce qui rattache la paraphrase à l'interdéfinition et à la circularité : « Un concept n'existe jamais isolément dans notre esprit, puisque, pour le penser, on est obligé de faire appel à d'autres concepts et qu'il n'existe, en somme, que par les relations qu'il a avec ces derniers. »

4.3.7.8 Tableau permettant de distinguer théoriquement les variétés d'interdéfinition :
INTERDÉFINITION forte faible
stricte signes-éléments de sens isomorphes réciproques A⋈b∥B⋈a
+reprise de verrouillage
ex. arbre-branche reprise (analytique) non formelle du signe (paroi-cavité [au lieu de grotte]) +reprise de verrouillage
relative signes-éléments de sens A≝n∥B⋈a ⋁ (ou) B≝n∥A⋈b
ex. ville-citadin
reprise sémantique (avec ou sans analyse)
ex. vrai-vérité

REM 1 L’interdéfinition relative comporte une formule un peu difficile, que je vais essayer d’éclaircir. Deux termes contigus A et B ne manifestent qu’une reprise (intersection) orientée (a⋂B ou B⋂a), avec un définisseur neutre (≝n).

REM 2 Il s’agit d’une hypothèse et une précaution théorique qui, jusqu’ici, semble se bien porter. Toutefois, le sémanticien est toujours prisonnier des faits qu’il recueille. Comme dans ma démarche, je m’interdis le recours intempestif à mon idiolecte ou à mon sentiment linguistique (aussi dangereux que la contrainte grammaticale, la grammaire de chacun étant ce qu’elle est, c'est-à-dire ultra-rigoriste, même dans les fautes), mes exemples m’imposent leurs limites.


4.3.8 L’interdéfinition s’appuie sur l’intersection et permet de l’introduire. Pour reprendre un exemple de l’avant-dernier tableau, ‘conjoncture’ et ‘occasion’ sont en interdéfinition, partiellement par reprise de {circonstance} :
conjoncture ⋂circonstanceoccasion

Dans la théorie des ensembles, l’intersection est la partie commune à des ensembles M et N, qui se note M ⋂ N (et se lit M inter N), et qui comprend les éléments qui appartiennent à la fois à M et à N. Sa définition formelle est : A inter B égale x tel que x appartient à A et x appartient à B. A ⋂ B = x ∈ A & x ∈ B. La relation d'intersection est fondatrice et permet de définir toutes les autres relations. L'intersection est une relation généralisable qui s'appuie sur la compréhension au sens d'intension (complémentaire de l'extension).