26.2.08

La sarkolangue 2 - La sarkosite

J'ai déjà signalé son goût, malsain comme le reste chez lui, pour Louis-Ferdinand Céline, célèbre guide de châteaux divers, mais s'en prendre au premier venu, parce qu'il refuse de serrer la paluche qu'on lui tendait impérativement, sinon impérieusement, faut le faire. En effet, on oublie dans toute cette histoire que Sarko, fier recordman, comptait serrer toutes les mains des visiteurs du Salon, en deux heures, discours et photo op avec vache bien encornée compris. Dans la foulée, au pas de charge, l'insulte fuse, et on poursuit son chemin, tambour battant... Mais, Monsieur le Président, c'est un électeur que vous avez insulté. Juste avant les Municipales. Je propose que sur le marbre de la tombe de Sarko on grave

« Casse-toi, alors, pauvre con. »

Nicolas Sarkozy, Président de la République française et chanoine honoraire de la basilique Saint-Jean de Latran à Rome.

Je propose aussi que parmi les symboles de la République française figure la photo du visiteur du salon, avec pour légende, « pauvre con », et que ce portrait soit accroché près du buste de Marianne, et ce, dans toutes les écoles primaires de France et de Navarre.

La sarkosite

Glucksmann semble en être atteint. Il en présentait les signes l'autre jour quand il trouvait qu'en Sarko les Français avaient enfin un président à leur pointure, et non une reproduction de la monarchie de l'Ancien Régime. Bien entendu, Sarko en est victime depuis longtemps (pas de l'Ancien Régime, mais de la sarkosite). Trouble psychique qui implique dissociation, inversion des repères du réel et du conceptuel, agressivité, grandiosité.

Il en donne encore l'exemple quand il dit (je parle de Sarko) qu'il a sans doute les défauts de ses qualités*. Mais comment peut-il se trouver des qualités ? Il offre vingt criminels (jugés) à la vindicte populaire pour laquelle justice est synonyme de vengeance. Selon Raffarin, il serait viril. Le critère de virilité, quand on est atteint de sarkosite, c'est naturellement la vulgarité.

Inversion des repères chez Hortefeux. Au Salon de l'Agriculture, il y aurait eu une "conversation privée" (avec petits gâteaux secs et tasses de thé, sans doute. À l'en croire, le visiteur à lunettes (grave atteinte à la sûreté de l'État) aurait tenté de s'essuyer les pieds sur la carpette que représentait Sarkozy (je me borne à traduire sa métaphore). Point du tout, c'est Sarko qui cherchait à s'essuyer la main.

La porte-parole de l'UMP souffre aussi de sarkosite. En refusant la rétroactivité de la loi (la France a déjà eu des lois scélérates), le PS serait du côté des assassins. Manichéisme digne de Sarko lui-même, quand il explique que la morale laïque n'existe pas sans la morale religieuse. Et la religion, comme on le sait, a toujours été garante des valeurs morales. Confusion logique du genre et de l'espèce.

*Une phrase qui a été insérée par l'Elysée après relecture. Selon Le Parisien, il n'a pas exprimé de regret lors de l'entretien. 26.02 à 18h19

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24.2.08

L'effet Sarko 2 - la mémoire devoir ou obsession - la sarkolangue

Le porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, accuse l'opposition d'être "dans une hystérie" et d'utiliser "les mots comme des bombes qui ont uniquement pour objectif de détruire", alors que le chef de l'Etat invective ceux qui ne lui serrent pas la main. La morale au primaire ou la morale primaire ? Quand on pense à l'envers, il est difficile de s'imaginer ce que peut être l'endroit.

Sarko-le-Nabot est tellement agité qu'il est difficile à suivre. Ses méfaits et gestes occuperaient un scribe à plein temps. Il mérite l'expression de son écrivain préféré, Céline, agité du bocal. Il a en outre avec lui, beaucoup plus de choses en commun qu'avec de Gaulle, notamment le culte d'une certaine vulgarité.

Il a cependant failli disparaître dans la presse au Salon de l'agriculture, ce qui ne serait jamais arrivé à ce désormais historié Général, dont la grandeur ne s'arrêtait pas à son nez (on se souviendra du Mégalonose, dû à Michel Déon).

Seul point commun avec Sarko - la mégalomanie, et peut-être une conception roide du pouvoir (comme une trique). Histoire de Constitution aussi. L'un l'a refaite, l'autre (le nôtre) cherche à la contourner... à moins qu'il ne la connaisse tout simplement pas. Il s'énerve beaucoup, me semble-t-il, pour quelque vingt condamnés qui seraient l'objet de l'impossible rétroactivité qu'il cherche. Il a en outre une manière parfaitement sereine de réclamer une justice rétroactive : les criminels récidivistes seraient des monstres irrécupérables.

Vous avez été condamnés par la justice, et maintenant, vous êtes condamnés par le président de la république (pas de majuscule dans le cas de Sarko le nabot).

On savait depuis quelques jours qu'un/une des conseillers de l'Élysée était scientologue ou affilié/ée, mais il semble en outre que Xarcos (copie conforme de son patron Sarko) prenne conseil auprès d'un envoyé de la Corée du Nord, spécialiste de l'image des chefs d'État et de l'éducation (encadrement) des enfants, et qui aurait ses petites entrées au Palais.

L'hyperprésident est plus qu'un président, c'est un roi. À vous de décider de quoi. On le croyait américanisé, mais il y a autre chose. Bush junior, pas plus que Reagan, n'avait de fascination pour l'Histoire (sauf dans le cas de Reagan, celle de Hollywood). Cette obsession de ce qui s'est passé il y a soixante ans a quelque chose de freudien.

Chez Sarko, c'est aussi curieux que la langue qu'il parle. Encore devant les animaux, auxquels il n'a pas serré la patte, aujourd'hui, il a employé son verbe favori, au seul temps et à la seule personne qu'il connaisse.

Je veux... suivi de que, bien sûr. Et quand il ne le prononce pas, il le sous-entend. Qu'on arrête, dit-il, de... (le paradigme des choses qui lui déplaisent est un ensemble ouvert).

Curieux, disais-je, mais pas seulement par ses tics. Curieux, car il fabrique des mots. Historial avait disparu de la langue vivante comme adjectif (il était peu usité en 1918). Qu'à cela ne tienne, on en fait un nom, du jour au lendemain. Mieux que de dire une racaille plutôt que la racaille.

Un journaliste de RFI s'étonnait de l'apparition de fondamentaux comme nom. Mais n'oublions pas que Sarko a d'abord appris à singer les Américains. Chez eux, fundamentals est la traduction de fondement, foundation (suivi de garment) pouvant évoquer autre chose... qu'on n'enseignerait sans doute pas au primaire. Les fondamentaux de Sarko et Xarcos font double emploi dans tous les sens du terme, lexicalement et du point de vue de l'éducation. Sans doute se souvenait-il de la petite phrase de Céline qui est plus directe que l'allusion anglo-saxonne : « elle en éprouvait un mal affreux au fondement » (Céline), gracieuseté du Petit Robert.

Je suggère à ces deux tristes rigolos (pas Céline), d'avancer la rentrée scolaire prochaine et de faire faire la classe sur la Shoah par des survivants de la déportation. Ou mieux peut-être par d'anciens nazis. Traumatisons tous azimuts.

Quant aux classes spéciales sur la République, Sarko devrait s'en charger lui-même, puisqu'il connaît si bien la Constitution.

Français, dirait derechef Sade, encore un effort !

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16.2.08

L'effet Sarkho

Le site Nouvelobs.com rapporte les propos du porte-parole de l'UMP (moi je préfère le PMU), que je recite pour situer mon propos.

"C'est la méthode des procès staliniens. Ce qui ne m'étonne pas d'ailleurs, venant du journal Marianne, qui a titré il y a quelques mois 'Nicolas Sarkozy est-il fou ?'" (Yves Jego)

L'émission « À vous de juger » a également donné deux beaux exemples de l'effet Sarkho (oui, je sais, mais le H est une précaution), deux thuriféraires de Sa Majesté, dont la belle R. qui fabrique des diplômes dans son CV, ont étonné tout le monde en réussissant à penser à l'envers de façon synchrone. Comme Yves Jego. Comme la ravissante R. Y., qui, avant de parler de charognards, auraient dû se souvenir que les charognards s'attaquent aux charognes.

Pourquoi à l'envers? Pour la même raison que la belle C. B. parlait de presse collaborationniste (qu'elle a certainement connue dans une vie antérieure) et le premier ministre François Paillasson parle de chasse au président de la république.

Tous ces gens-là n'ont pas suffisamment d'activité cérébrale pour s'apercevoir que le Pouvoir ne peut pas se poser en victime, même dans une démocratie où l'élu se prend effectivement pour l'élu, au sens absolu.

Sarkho, après avoir contre-pensé l'avenir de la télévision française va, après avoir enfilé son cache-poussière d'instituteur, traumatiser au moins une génération de gamins et gamines français et immigrés. Il pense non seulement à l'envers, mais à côté. Le devoir de mémoire n'est pas un devoir d'écolier. Et il se trompe de pays. Le roi-instit fait parent pauvre en regard du roi-philosophe de Voltaire.

Le roi Sarkho a déjà du mal à distinguer le mémoire de la mémoire, maintenant, après les racailles (néologisme sarkhozien pour faire dans le genre du Général et de sa chienlit - mais raté, là aussi), il ne distingue pas devoir de devoir. Bon, je sais, il n'est pas vraiment Français (combien faut-il de générations, déjà?), mais pourquoi tient-il à donner des leçons à tout le monde? Quand il ne cherche pas, comme un chiffonnier, à s'empoigner avec le premier gréviste venu. Un roi chicanier. Décidément Sarko (oups, j'ai oublié le H) a toutes les qualités du tyran, pardon, vu la taille, du tyranneau.

Bel exemple pour les petits français invités à revivre la Shoah. C'est littéralement de la cruauté mentale de sa part.

Il serait peut-être temps que des gens plus sérieux que moi lui expliquent que les résultats d'une élection ne constituent pas un blanc-seing.

Pour en revenir à la pensée alenversiste, elle consiste à doter celui qui vous adresse une critique, à le doter, dis-je, le temps d'une polémique, du pouvoir que l'on détient soi-même en réalité. Si c'était une simple stratégie, ce serait un moindre mal, mais il semble que cela remplace toute autre forme d'activité cérébrale. L'effet Sarkho est généralisé chez ses thuriféraires.

Pour mémoire, les collabos étaient du côté du Pouvoir, le Président de la République française est le pouvoir en France, les procès staliniens n'étaient pas dirigés contre Staline, le roi Sarkho n'est pas un cadavre en décomposition, et les chasses aux sorcières ont pour victimes des innocents sans défense.

À la défense de Marianne, que cite Jego, j'avais moi-même, pendant la campagne, je crois, constaté que le titre « Sarkozy dément » pouvait prêter à confusion.

Ce ne serait pas la première fois qu'un roi devient fou. Ivresse du pouvoir, abus de substances illicites, paranoïa dont le Petit Robert nous signale aimablement les caractéristiques « (orgueil démesuré, méfiance, susceptibilité excessive, fausseté du jugement avec tendance aux interprétations) engendrant un délire et des réactions d'agressivité ».

Français, comme disait Sade, encore un effort!

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19.8.07

La Chine m'inquiète

C'était le titre d'une série de pastiches réalisée par Jean-Louis Curtis il doit y avoir près de trente ans, sinon plus (Prix de l'Académie, je crois).

Aujourd'hui on peut y substituer « la Chine nous empoisonne ». D'abord les chiens et les chats, puis les enfants. C'était un coup d'essai? Et si on annulait les Olympiques, dont le sous-titre est probablement « Propagation éclair de la grippe aviaire* à l'ensemble du globe ».

Si en tant que schnauzer, je suis un chien qui ne bave pas, imaginez dans quelle estime je tiens les Fils du Ciel de Pékin qui crachent partout et à tout propos. Une chaîne de télévision a minuté un sujet. 26 fois en 60 secondes.

De quoi rire jaune.

*version humaine

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29.4.07

Sarkozy, l'homme qui parle à l'envers

Le self appointed « candidat du peuple français » a un peu de mal avec la langue du peuple en question ; j'ai signalé ailleurs ses fautes, l'une célèbre, cause indirecte d'émeutes (racaille au pluriel, par confusion avec canaille), et l'autre moins, où il essayait de se faire passer pour un intellectuel auprès de Guillaume Durand (on comprend d'ailleurs son admiration pour Louis-Fredinand Céline, dont il confondait la et le mémoire). La dernière, c'est de dire que Ségolène Royal et François Bayrou « bavassaient » dans un hôtel parisien. Prenez un dico. Vous verrez ce que je veux dire.

C'est surtout l'homme de l'antiphrase, dans la campagne. Trois exemples.

1) "Faire des procès de Moscou comme ceux auxquels on assiste depuis quelques heures, ce n'est pas de la rénovation de la vie politique"

Non seulement il parle à l'envers, mais il pense de même. C'est lui qui était ministre de l'intérieur, il y a quelques semaines. C'est lui l'homme de l'appareil. Quant à la rénovation, la sienne tient du ravalement. Comment peut-on être gaulliste cinquante ans après ? J'apprends aujourd'hui qu'il veut faire oublier mai 68 ; qu'en sait-il, sauf pour s'en servir comme chiffon rouge ?

2) "Il y a aujourd'hui des gens (...) qui n'arrivent pas à accepter que les Français ne les aient pas désignés (...), qui sont tellement convaincus qu'ils ne peuvent être promis qu'à un destin exceptionnel, que leur défaite ne peut être que le fruit d'une odieuse manipulation"

Comprenez: je suis promis à un destin exceptionnel ; je suis désigné. Moi, l'ex-patron des Renseignements généraux, je suis au-dessus des manipulations.

3) "Je ne laisserai personne voler aux Français le deuxième tour de l'élection présidentielle. Je ne laisserai personne confisquer le débat pour lequel les Français se sont prononcés massivement dimanche dernier"

Comprenez: c'est à moi qu'on veut voler le deuxième tour ; je suis une victime. L'antiphrase s'accompagne d'hyperbole, si les Français se sont prononcés massivement (85 %), ce n'est pas pour lui seul. Un avantage de moins de dix pour cent peut difficilement être qualifié de massif, même si au deuxième tour il se révèle déterminant.

Je suis un shapeshifter (protéiforme), devrait-il dire, comme on le voit en ET (vous savez, la grosse tête) sur une photo publiée par le Monde, en train d'entonner la Marseillaise.

Il va, dit-il, à la rencontre du peuple, mais il ne lui dit pas : travaillez , je vous augmenterai, le candidat des patrons, non, il dit aux ouvriers en face de lui, travaillez plus, vous gagnerez plus. Logique implacable du patronat. Na. La « valeur travail » n'a pas, à droite, la même valeur que pour celui qu'on envoie au charbon.

Si je n'étais pas profondément allergique à ce genre de cabot hargneux, je m'attarderais sur sa technique de répartie, qui consiste à substituer à ce qu'il cite, ce qu'il faut penser de ce qui a été dit. Schéma classique de la polémique, qui tend à être, même dans le cas d'une femme, ad hominem, sur un ton aboyeur. X, c'est Y.

5.3.07

Enterrée la Légion d'Honneur

Avec Papon, et le souvenir que l'État français n'est pas la République.

L'État français est et restera pour les siècles à venir le Régime de Vichy (c'est une cure qu'on ne souhaite à aucun peuple). Fr2 diffuse régulièrement des propos où apparaît l'expression. Personne n'a de mémoire alors? Amnésiques de tous bords, unissez-vous!

Je comprends qu'on en fasse un devoir (de la mémoire, s'entend). Vous me recopierez cent fois Jacques Chirac n'est pas le président de l'État français. Peut-être Sarkozy le sera-t-il?

Faut-il y voir une communautarisation* des esprits? Peut-être, mais pourquoi Jack Lang a-t-il utilisé cette mention qui était en tête de tous les documents produits par le régime du Maréchal?

Sarkozy a beaucoup parlé du travail. En se pointant au Mont-Saint-Michel, il a choisi sa patrie. Va-t-il ajouter la famille? Travail-Famille-Patrie. Enterré, Pétain?


*Pas facile d'être communautarophobe, hein?

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28.2.07

Nicolas Sarkozy dément

C'est Le Monde qui le dit. On savait qu'il battait la campagne, mais, décidément, c'est l'homme d'une époque déboussolée.

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