Modélisation
3.8 Modélisation du sens ≍
« qu’est-ce qu’il dit ? » c'est-à-dire « (j’entends/je lis) X ». Aux formes perçues (reconnues dans un stock de formes de la langue ou conjecturées à partir de celuici) est attribué un sens en fonction des parcours du lexique intériorisé (sens qui peut changer à mesure que progressent les opérations). Le stockage est temporaire, selon les capacités individuelles. Il permet l’anticipation des opérations suivantes dans la même phase.
3.8.1 Modélisation de la phase référentielle ℝ
« de quoi parle-t-il ? » c'est-à-dire « (il est question de) Y ». On peut adopter la définition de la « situation » que donne Prieto : ensemble des faits connus par le récepteur au moment de « l’acte sémique », mais il faut prévoir une distinction entre la situation de l’énonciation (hic et nunc) et celle(s) de l’énoncé (les faits rapportés, qui peuvent être ceux d’un livre), ainsi qu’avec la situation propre du récepteur. La situation est labile, « élastique » et déformable. L’encyclopédie est constituée de faits vécus autant que de connaissances générales et spécialisées (informations diverses, culture livresque, métier/profession, actualité). Les deux sources font l’objet de parcours pour former graduellement un modèle mixte, partiellement linguistique, qui se modifie à mesure qu’évolue l’échange, l’audition, le visionnement ou la lecture. On ne perdra pas de vue l’importance de la télévision et du film.
3.8.2 Modélisation de la signification ∞
« que veut-il dire ? » c'est-à-dire « (je crois que) Z à partir d’X & Y ». Les croyances sont décrites ici comme distinctes de l’encyclopédie et analysées en trois catégories selon la modalité qui les caractérise : « je » crois que (axiologie) ; « on » dit (doxologie) ; « nous » pensons que (idéologie).
3.8.3 On comparera les précédents micromodèles à un modèle plus ancien qui inspirait ma réflexion, désigné comme modèle sémiocognitif de reconnaissance ; le modèle se lit de bas en haut et de gauche à droite :
Macromodèle sémiocognitif — phases
3.9 Le processus de traitement cognitif de l’information acoustique/graphique se distingue de la perception proprement dite, domaine des neurosciences, indépendamment de théories qui postulent des éléments de perception déjà significatifs. Les deux contraintes majeures sont le discours et la situation (tant matérielle que culturelle) ; elles encadrent les trois phases de traitement de la sémiotisation. Celles-ci se divisent en trois dispositifs relativement autonomes : la sémantisation d’une forme, la référenciation du produit de la phase 1 et la « signification » du produit de la phase 2, ces deux dernières phases formant le processus de sémiotisation, dont la nature n’est plus strictement linguistique. Si les opérations des processus sont homogènes, leurs objets et leurs signes, ainsi que leurs « bases de données », ne le sont pas. La différence entre les trois phases tient à la nature des signes manipulés et des bases de faits (de connaissances) sollicitées. On estime que l'étanchéité n'est nulle part garantie. Le modèle permet de prévoir, ainsi, les erreurs d'aiguillage et les anomalies, c'est-à-dire qu'il peut les « engendrer » (et même les « prédire »), comme une interprétation d’ ‘opiler’ à partir de ‘désopiler’, {faire pleurer}.
3.9.1 Si l’on excepte les opérations liées à la perception en ce qui concerne les formes, qui comportent également une comparaison à un paradigme connu, il ne s’agit pas d’analyse comme telle (pratiquée sur la forme, elle ne livrerait pas le sens), du moins dans un premier temps (une décomposition morphologique est possible a posteriori). C’est dans le sémantisme du mot reconnu comme forme connue que se fait une comparaison-sélection en fonction des conditions qui font elles-mêmes l’objet d’un parcours. On suppose que le sens retenu (ou un de ses éléments de sens) sera le plus plausible dans les conditions existantes. Dans le cas d’une conversation en situation, cette dernière peut faire l’objet du parcours ou, dans le cas d’un récit, la mémoire que l’on a des personnes ou des faits rapportés. Dans le cadre d’une opération, le mot comme signe n’existe qu’à l’état de corrélation provisoire, sur laquelle on peut revenir et qui est ensuite, théoriquement, traitée au niveau supérieur. Il n’est pas inutile de signaler que le modèle sémiocognitif ne présume pas de la quasi simultanéité (réelle ou apparente, compte tenu de la vitesse) des opérations et ni de leur parallélisme possible : il ne s’agit pas de psychologie expérimentale. Il s’agit, le plus méthodiquement possible, de décrire ce qui se passe, abstraction faite de la vitesse et du déroulement « spatial » des opérations.
REM Le cinéma et la télévision fournissent le plus souvent leur propre situation (perçue visuellement) ; on peut imaginer qu’il y a là une contrainte de surcharge d’autant plus forte sur les opérations sémantiques. — Une source déjà ancienne en esthétique signale que le «jugement» se déroule en une fraction de seconde.
3.9.2 Modèle global
Ici le tableau se lit de haut en bas, de gauche à droite. ℝ note la référence ou le référent ; ∞ la signification. ⇕ indique un parcours de classe ou le balayage de la situation. Les crochets angulaires encadrent un mot/syntagme ; les accolades un sens.
| lexique intériorisé ⇕ | stockage ⇒ | |
| ‘formes’ | ‘_’ ∁ ⊢ {_} | sens ⇒ |
| mémoire de travail |
« qu’est-ce qu’il dit ? » c'est-à-dire « (j’entends/je lis) X ». Aux formes perçues (reconnues dans un stock de formes de la langue ou conjecturées à partir de celuici) est attribué un sens en fonction des parcours du lexique intériorisé (sens qui peut changer à mesure que progressent les opérations). Le stockage est temporaire, selon les capacités individuelles. Il permet l’anticipation des opérations suivantes dans la même phase.
3.8.1 Modélisation de la phase référentielle ℝ
| situation ⇕ | processeur de stockage ⇓ | |
| sens ⇒ | {_}∁ ⊢ ℝ | référentiel ⇒ |
| encyclopédie ⇕ | mémoire de travail (anticipation) |
« de quoi parle-t-il ? » c'est-à-dire « (il est question de) Y ». On peut adopter la définition de la « situation » que donne Prieto : ensemble des faits connus par le récepteur au moment de « l’acte sémique », mais il faut prévoir une distinction entre la situation de l’énonciation (hic et nunc) et celle(s) de l’énoncé (les faits rapportés, qui peuvent être ceux d’un livre), ainsi qu’avec la situation propre du récepteur. La situation est labile, « élastique » et déformable. L’encyclopédie est constituée de faits vécus autant que de connaissances générales et spécialisées (informations diverses, culture livresque, métier/profession, actualité). Les deux sources font l’objet de parcours pour former graduellement un modèle mixte, partiellement linguistique, qui se modifie à mesure qu’évolue l’échange, l’audition, le visionnement ou la lecture. On ne perdra pas de vue l’importance de la télévision et du film.
3.8.2 Modélisation de la signification ∞
| croyances ⇓ | stockage ⇓ | |
| référentiel ℝ | ℝ ∁ ⊢ ∞ | signification ⇒ |
| jugement ⇑ | anticipation mémoire de travail |
« que veut-il dire ? » c'est-à-dire « (je crois que) Z à partir d’X & Y ». Les croyances sont décrites ici comme distinctes de l’encyclopédie et analysées en trois catégories selon la modalité qui les caractérise : « je » crois que (axiologie) ; « on » dit (doxologie) ; « nous » pensons que (idéologie).
3.8.3 On comparera les précédents micromodèles à un modèle plus ancien qui inspirait ma réflexion, désigné comme modèle sémiocognitif de reconnaissance ; le modèle se lit de bas en haut et de gauche à droite :
Macromodèle sémiocognitif — phases
| perception | procès sémiocognitif | produit |
| synthèse | signification | |
| idéologique | idéel | |
| axiologique | axiel | |
| doxologique | doxiel | |
| 3 phase d’interprétation |
| modélisation | référentiel | |
| entrée : situation | coordonnées / savoir | |
| 2 phase de référence | ||
| entrée : signal acoustique ou graphique | sens | signe |
| forme | ||
| 1 phase sémantique |
3.9 Le processus de traitement cognitif de l’information acoustique/graphique se distingue de la perception proprement dite, domaine des neurosciences, indépendamment de théories qui postulent des éléments de perception déjà significatifs. Les deux contraintes majeures sont le discours et la situation (tant matérielle que culturelle) ; elles encadrent les trois phases de traitement de la sémiotisation. Celles-ci se divisent en trois dispositifs relativement autonomes : la sémantisation d’une forme, la référenciation du produit de la phase 1 et la « signification » du produit de la phase 2, ces deux dernières phases formant le processus de sémiotisation, dont la nature n’est plus strictement linguistique. Si les opérations des processus sont homogènes, leurs objets et leurs signes, ainsi que leurs « bases de données », ne le sont pas. La différence entre les trois phases tient à la nature des signes manipulés et des bases de faits (de connaissances) sollicitées. On estime que l'étanchéité n'est nulle part garantie. Le modèle permet de prévoir, ainsi, les erreurs d'aiguillage et les anomalies, c'est-à-dire qu'il peut les « engendrer » (et même les « prédire »), comme une interprétation d’ ‘opiler’ à partir de ‘désopiler’, {faire pleurer}.
3.9.1 Si l’on excepte les opérations liées à la perception en ce qui concerne les formes, qui comportent également une comparaison à un paradigme connu, il ne s’agit pas d’analyse comme telle (pratiquée sur la forme, elle ne livrerait pas le sens), du moins dans un premier temps (une décomposition morphologique est possible a posteriori). C’est dans le sémantisme du mot reconnu comme forme connue que se fait une comparaison-sélection en fonction des conditions qui font elles-mêmes l’objet d’un parcours. On suppose que le sens retenu (ou un de ses éléments de sens) sera le plus plausible dans les conditions existantes. Dans le cas d’une conversation en situation, cette dernière peut faire l’objet du parcours ou, dans le cas d’un récit, la mémoire que l’on a des personnes ou des faits rapportés. Dans le cadre d’une opération, le mot comme signe n’existe qu’à l’état de corrélation provisoire, sur laquelle on peut revenir et qui est ensuite, théoriquement, traitée au niveau supérieur. Il n’est pas inutile de signaler que le modèle sémiocognitif ne présume pas de la quasi simultanéité (réelle ou apparente, compte tenu de la vitesse) des opérations et ni de leur parallélisme possible : il ne s’agit pas de psychologie expérimentale. Il s’agit, le plus méthodiquement possible, de décrire ce qui se passe, abstraction faite de la vitesse et du déroulement « spatial » des opérations.
REM Le cinéma et la télévision fournissent le plus souvent leur propre situation (perçue visuellement) ; on peut imaginer qu’il y a là une contrainte de surcharge d’autant plus forte sur les opérations sémantiques. — Une source déjà ancienne en esthétique signale que le «jugement» se déroule en une fraction de seconde.
3.9.2 Modèle global
| Phase 1 | lexique ⇕ | ||
| ‘formes’ | ‘_’ ∁ ⊢ {_} | sens ⇒ | stockage ⇓ |
| mémoire de travail (anticipation) | |||
| Phase 2 | situation ⇕ | ||
| sens ⇒ | {_}∁ ⊢ ℝ | référentiel ⇒ | ⇓ processeur de stockage |
| encyclopédie ⇕ | mémoire de travail (anticipation) |
| Phase 3 | croyances ⇕ | ||
| référentiel ⇒ | ℝ ∁ ⊢ ∞ | signification ⇒ | stockage ⇓ |
| jugement ⇕ | (mémoire de travail) anticipation |
Ici le tableau se lit de haut en bas, de gauche à droite. ℝ note la référence ou le référent ; ∞ la signification. ⇕ indique un parcours de classe ou le balayage de la situation. Les crochets angulaires encadrent un mot/syntagme ; les accolades un sens.

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