24.10.06

Croire ou savoir (1)

[36e]

On considère donc les trois livraisons précédentes comme préparatoires, même si celle-ci reste une première mise en place du cadre d'analyse ou d'examen.

Comme je l'avais proposé, l'énoncé-test est le suivant:

le langage repose sur une structure innée

Techniquement, il s'agit d'une hypothèse, mais comme elle restera à tout jamais «improuvée», elle appartient au domaine des croyances.

Le schéma d'analyse est celui-ci:

[qqn/qqch+verbe+que [énoncé]]

Énoncé, ici même, représente grammaticalement une phrase indépendante à l'origine qui perd ce statut en cours de route: grammaticalement, toujours, on la subordonne à un type d'acte cognitif que représente le verbe. On verra que le sens de l'énoncé peut rendre invalide tel ou tel candidat au statut d'opérateur épistémique ou doxique. Les modalités aléthiques: faux, impossible, contestable, contingent sont ici secondaires et découlent de l'application du type d'opérateur.

Le nom de l'agent n'est pas déterminant, sauf à citer un énoncé dont il a indiscutablement la paternité (cf. L'enfer, c'est les autres). L'énoncé «Qui terre a, guerre a» n'a plus ce privilège, semble-t-il.

Note pratique: comme il m'est impossible d'utiliser de grandes accolades, je me bornerai à rappeler l'énoncé à intervalles réguliers, mais on considère que chaque opérateur d'introduction est suivi du même énoncé, sauf indication contraire. Rappel: il s'agit d'un premier écrémage. L'agent non humain devrait être assimilé à l'agent humain. Cf. les résultats nous apprennent que...

[Abel affirme que [le langage repose sur une structure innée]]
Bertrand accepte que
Charles accorde que
Didier admet que
*Élie admire que
*Fabien adore que
*Georg affectionne que
*Héloïse aime que
**Iris ambitionne que
Jules annonce que [le langage repose sur une structure innée]
Karl s'aperçoit que
Luc apprécie que
Marie apprend que
(*) Nicole approuve que
Oscar assure que
Paul s'assure que
(*) Quentin attend que
Raoul s'attend à ce que [le langage repose sur une structure innée]
*Susan autorise que
(*) Tina avertit que
(*) Ursule avise que
(*) Véro avoue que
William certifie que [le langage repose sur une structure innée]
*Xavier commande que
Yves comprend que
(*) Zénon compte que
Arthur conçoit que
Bernard conclut que
**Cunégonde condamne que
(*) Daniel confesse que [le langage repose sur une structure innée]
Ernest conjecture que
(*) Françoise consent (à ce) que
Grégoire considère que
Hermann conteste que
Irving constate que [le langage repose sur une structure innée]
(*) Justin convainc (ses auditeurs) que
(*) Kevin craint que
**Lucie critique que
Maryse croit que
Nicolas déclare que
Ovide découvre que
Pierre décrète que
Quincy déduit (de ce qui précède) que
*Roger défend que
(*) Sue dément que [le langage repose sur une structure innée]
(*) Thérèse déplore que
(*) U déteste que
(*) Viviane désire que
Xénon devine que
Yvon dit que
**Zazie dissuade que
Arnold doute que [le langage repose sur une structure innée]
Brigitte se doute que
*Christian empêche que
(*) Désiré endure que
Évariste enseigne que
(*) Fabienne entend que
Gulliver espère que [le langage repose sur une structure innée]
Hector estime que
Isabelle s'étonne que
(*) Jiji exige que
**Kasper s'explique que
Monique explique que
*Nora se félicite que
*Olivier se figure que

Il s'agit ci-dessus de la moitié de l'ensemble des verbes réunis. Avant de trier la deuxième moitié, je ferai un premier point sur les résultats et sur ce qu'on peut en attendre.

À suivre.

*Je m'en tiens à la liste donnée précédemment, avec quelques adjonctions. L'astérisque aura ici une fonction analogue à celle qu'il a dans la grammaire générative, c'est-à-dire qu'il indique ici un énoncé global [op+[É]] mal formé sémantiquement.

(*) La parenthèse signale une incertitude à régler dans un examen ultérieur.

**Caput et Caput (Dictionnaire des verbes français, Larousse, 1969) ne lui reconnaissent pas la construction V+que; donc doublement mal formé.

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