9.4.06

Acte de présence

Je néglige un peu ce blog, mais il ne faut pas s'en étonner, car c'est celui qui a le moins de visites, dans la mesure où je puis en juger. Parce qu'il est en français, parce qu'il est illisible ? Inintéressant ? Cette dernière question est la plus redoutable.

Néanmoins, je fréquente davantage balivernes-ici

J'y ai ouvert une nouvelle section, consacrée aux carnets, maintenant anciens, d'un jeune écrivain qui ne l'est plus, doublement. Plus écrivain, plus jeune. À cette époque je ne vivais qu'en fonction de l'écriture. Quand je n'écrivais pas, je réunissais des matériaux pour écrire. Et quand je ne le faisais pas, j'écrivais sur le fait d'écrire.

Deux citations me sont tombées sous les yeux récemment ; elles devaient s'intégrer au roman que je projetais sur les Célèbes, ou inspirer un personnage dudit roman qui n'a jamais pris forme, malgré un plan détaillé. Parfum d'aventure, sur fond d'espionnage et de terrorisme.

« S'il le faut je ferai fusiller la moitié de l'Espagne. » Franco.

En effet, il ne manquait pas de franchise. L'autre est plus perverse, car elle pourrait séduire:

« La guerre est la forme la plus élémentaire de l'amour pour la vie. » Goebbels.

Il y a aussi une note à l'envers de la page, assez curieuse, car elle ouvre un guillemet mais ne le referme pas. Comme cela remonte à plus de trente ans, je n'ai aucune idée de l'origine du texte, dont je suis peut-être l'auteur, après tout, même si rétrospectivement je trouve ma pensée de ces temps-là plutôt balbutiante (restons aimables).

Les révoltés permanents qui, tout en étant contre , manquent de buts personnels parce que leur contradiction a besoin de l'impératif d'autrui ; livrés à eux-mêmes ils seraient mal à l'aise et inertes.

Pas loin, même feuille, on trouve cette autre note:

capable de réfléchir pendant une demi-heure à une question ennuyeuse.

Chose certaine, je n'en serais pas capable aujourd'hui. Mais l'ennui comme l'intérêt sont des notions délicates à cerner.