Croire ou savoir 25
Bref retour sur «l'a- ou la temporalité» des idées ou des croyances: de quelle sorte de présent s'agit-il dans le verbe opérateur? Présent historique ou permanent? Je le dirais plutôt indéfini, ou comme l'abbé Girard*1, relatif. Mais non pas relatif au moment où l'on parle, mais relatif à la nature de la proposition si faussement nommée dans ce cas-là, la complétive.
On peut même suggérer que le temps de l'opérateur dépend également du degré d'adhésion où l'on est par rapport à la proposition. Ainsi 15) est indécidable (on pourrait avoir «écrivait», «a écrit»), mais dans 15') p me semble plutôt faux, donc 15") me semble justifié:
15) Descartes écrit que p
15') Platon pense que la vraie vie est la mort
15") Platon pensait que la vraie vie est la mort
Quand il s'agit d'un objet inanimé, comme un dictionnaire, le présent ne pose pas de problème, même si Omnis date d'il y a 29 ans:
16) Omnis indique que l'expérience est la relation qu'entretient le sujet de la connaissance avec la réalité
Dans le cas de 17), ce serait plutôt le présent permanent ou immuable:
17) la physique montre que l'on n'observe scientifiquement que ce que les concepts permettent d'observer
Mais si l'on date l'opinion ou l'idée, l'opérateur se met à l'imparfait ou encore au passé composé, l'accompli. La datation peut être implicite, par le choix du temps.
18) Les marxistes pensaient [ont pensé] que l'idéalisme c'est [était] la philosophie bourgeoise
Soit:
19) Omnis considère que la dictature du prolétariat est un concept
et:
19') On a considéré que la dictature du prolétariat était un concept
L'application de la concordance modifie la portée de la proposition. Était s'entend naturellement comme «n'est plus». Les règles de base sont relativement simples, comme le rappelle le LXX*2, pour croire (et ses assimilés): se construit avec le subjonctif lorsque la phrase est négative ou interrogative.
19") Omnis considère-t-il que la dictature du prolétariat soit un concept?
19'") Omnis ne considère pas la dictature du prolétariat soit un concept
20) je ne crois pas qu'on puisse substituer stature à posture
21) croyez-vous qu'on puisse considérer debout et redressé comme synonymes en parlant de la station de la marmotte?
Autrement, c'est l'indicatif et les grammairiens privilégient un exemple au futur, sans doute parce qu'il leur permet d'introduire la règle suivante: si le premier verbe est au passé, le second prend le conditionnel.
22) l'ontologisme du matérialisme pose que la matière constituera tout l'être de la réalité*3
22') l'ontologisme du matérialisme posait que la matière constituerait tout l'être de la réalité
Sauf exceptions, comme la «manière vive de s'exprimer» que signale LXX ou quand la négation «ne détruit pas le sens de la certitude dans la pensée», l'indicatif est de mise:
23) croyez-vous que l'inconscient est structuré comme un langage?
24) pouvez-vous croire que toutes les sciences sont conjecturales?*4
Selon le Gdel, c'est Kant qui offre la première analyse conceptuelle de la notion de croyance. Il fait entrer trois termes: deux points de vue et l'idée d'assentiment qui est envisagée donc, subjectivement et objectivement tour à tour. Je ne m'attendais pas à trouver dans le dictionnaire un exposé détaillé de ce qui fait «la suffisance» ou son manque dans l'assentiment*5. Mais c'est la matière du jugement. Lorsque l'assentiment n'est suffisant qu'au point de vue subjectif et qu'il est tenu pour insuffisant au point de vue objectif, on l'appelle croyance.
Le Gdel cite ensuite la Critique du jugement, où la manière de penser morale (la croyance) est opposée à l'acte et à la connaissance théorique. Manière de penser morale de la raison dans l'assentiment à ce qui est inaccessible à la connaissance théorique. Dans son système, donc, la substitution de savoir à croire n'est pas possible, puisqu'il s'agirait d'un objet différent (p),
25) je sais que le dauphin a de grandes qualités psychiques
L'idée d'assentiment convient peut-être à la définition de la croyance, mais en échange le savoir est-il un acte? Le Gdel oppose à Kant Nietzsche*6 pour qui c'est plus qu'un acte dans les deux cas, qui y voit manifestation de la volonté. Il me semble par sa manière de nommer la question plutôt que de l'analyser un précurseur de Bachelard. Volonté (cela va de soi) et affirmation seraient toujours présentes. On n'est naturellement pas obligé de le suivre:
«La croyance est le fait primitif, même dans toute impression des sens: la toute première activité intellectuelle est une sorte d'affirmation. Dès l'origine, on "tient pour vrai".»
Pour Spinoza, le savoir est une connaissance claire et distincte, d'après le Gdel, toujours. Comme ici en 26):
26) je sais qu'on reconnaît les otaries à l'existence d'un pavillon auditif*
Kant devient moins clair, qui veut abolir le savoir pour ménager une place à la croyance. «Je n'ai jamais le droit d'avoir une opinion sans avoir au moins quelque savoir.» Je crains qu'il ne tombe dans le panneau qu'il a ménagé. Chez Hegel, on retrouve le vertige familier au phénoménologique: le savoir est un parcours, de la «certitude sensible» à la science, savoir absolu, forme systématique où la philosophie «pourra déposer son nom d'amour du savoir pour être savoir effectif.»
Renan est plus rassurant, même s'il est, selon les apparences, positiviste: «il viendra un jour où l'humanité ne croira plus, mais elle saura (...). Dans l'Avenir de la science, cité par le Gdel.
Je trouve à ces messieurs (et je n'ai pas encore parlé de Foucault)*8 un lyrisme indubitable, même à ce drôle de corps qu'est Kant. Ménager une place au savoir dans la croyance, c'est chercher à réhabiliter l'erreur ou la foi. Pour moi, sans vouloir absolument me conformer aux idées des logiciens qui ont abordé la question, les deux états de conscience peuvent être admis comme des attitudes.
Leur lien avec la perception n'est pas le même, le savoir la corrigeant si elle s'écarte de ce qui est reconnu comme validé. Tout est là, je crois (ah!). Le savoir se vérifie. L'édition des Vrais principes de la langue française de l'abbé Girard, la première édition de Sensine. S'il ne se vérifie pas absolument, les présomptions peuvent l'emporter, par recoupements. L'opinion se réforme ou s'inscruste davantage, pour devenir lyrique à mon tour.
L'opinion s'oppose à elle-même; le savoir, s'il est possible sur la question que pose l'opinion, la remplace.
Il se succède à lui-même chronologiquement, à mesure que les découvertes, les observations et les théories se confirment. Mais on n'imaginera pas un monde sans opinion. Pour me montrer plus aimable avec Kant, j'irais jusqu'à suggérer que l'état habituel des connaissances (je proposerai ultérieurement de ne parler que d'information - comme au journal télévisé) est celui de l'opinion, ou pour faire des statistiques à la Charlie Brown (clin d'oeil à Peanuts): 90 % de nos informations (prises en vrac) sont préfixables doxastiquement et non épistémiquement.
Neuf énoncés sur dix (p) recevraient donc la forme A) de préférence à la forme B):
A) p -T-> aΓp (-T-> Γ --> Δ) -T-> aΔp
B) p -T-> aΓp (-T-> Γ --> Ε)-T-> aEp
où a est l'agent d'énonciation, Γ l'opérateur gnostique, est le complexe préfixal de l'énoncé, et p l'énoncé; et où Γ --> Δ, se lit gamma implique delta et Γ --> E se lit gamma implique epsilonn. Gamma: opérateur gnostique; delta: opérateur doxastique; epsilonn: opérateur épistémique. -T-> indique une transformation, comme en C):
C) les catégories sont distinctes des concepts scientifiques
-T[=Γ]->
j'imagine que les catégories sont distinctes des concepts scientifiques
-T[=Δ]->
je crois que les catégories sont distinctes des concepts scientifiques
-T[=E]->
je sais que les catégories sont distinctes des concepts scientifiques
À suivre.
*1 Greimas m'avait accusé de ressusciter Brunot en raison de l'édition que j'utilisais. Ni historique ni permanent ni pittoresque, ni la GLFC ni le Bon usage de Grevisse* ne font état de cette apparente convention de citation. Girard (il s'agit de l'abbé, célèbre [anti-]synonymiste et, partant, sémanticien avant l'heure) est cité par un auteur (H. Yvon, 1951) que cite Grevisse qui date de 1747 les Vrais principes de langue française, mais le LXX indique 1717. Sur l'emploi des temps, on peut consulter le très pédagogique Emploi des temps en français ou le mécanisme du verbe d'Henri Sensine. 1926. Paris: Payot [1963]. Voir la note sur tso. Sensine emploie la notion d'absolu, ce qui le situe probablement au XIXe siècle, suivant Girard dans cet usage. Le roman qu'il cite, Diamant noir de Jean Aicard date de 1895.
*Grevisse, Maurice. 1936. Le Bon usage. Gembloux: Duculot [1959, 7e édition].
*2 LXX. Larousse du XXe siècle en six volumes. 1928-1933. Paris : Larousse [1951].
*3 Modification du temps d'origine pour éviter les énoncés du type: il viendra.
*4 Adaptées du LXX.
*5 J'ai eu la Critique de la Raison pure entre les mains étant adolescent et j'ai préféré Camus et Gide.
*6 Dire qu'il est un des quelques philosophes que j'ai lus. Cela explique pourquoi j'ai mis tant de temps à me remettre de mon contact avec la philosophie.
*7 Des phoques, sans aucun doute.
*8 Qui se livre à un catalogue d'acceptions diverses. Next post. Prochaine livraison.
On peut même suggérer que le temps de l'opérateur dépend également du degré d'adhésion où l'on est par rapport à la proposition. Ainsi 15) est indécidable (on pourrait avoir «écrivait», «a écrit»), mais dans 15') p me semble plutôt faux, donc 15") me semble justifié:
15) Descartes écrit que p
15') Platon pense que la vraie vie est la mort
15") Platon pensait que la vraie vie est la mort
Quand il s'agit d'un objet inanimé, comme un dictionnaire, le présent ne pose pas de problème, même si Omnis date d'il y a 29 ans:
16) Omnis indique que l'expérience est la relation qu'entretient le sujet de la connaissance avec la réalité
Dans le cas de 17), ce serait plutôt le présent permanent ou immuable:
17) la physique montre que l'on n'observe scientifiquement que ce que les concepts permettent d'observer
Mais si l'on date l'opinion ou l'idée, l'opérateur se met à l'imparfait ou encore au passé composé, l'accompli. La datation peut être implicite, par le choix du temps.
18) Les marxistes pensaient [ont pensé] que l'idéalisme c'est [était] la philosophie bourgeoise
Soit:
19) Omnis considère que la dictature du prolétariat est un concept
et:
19') On a considéré que la dictature du prolétariat était un concept
L'application de la concordance modifie la portée de la proposition. Était s'entend naturellement comme «n'est plus». Les règles de base sont relativement simples, comme le rappelle le LXX*2, pour croire (et ses assimilés): se construit avec le subjonctif lorsque la phrase est négative ou interrogative.
19") Omnis considère-t-il que la dictature du prolétariat soit un concept?
19'") Omnis ne considère pas la dictature du prolétariat soit un concept
20) je ne crois pas qu'on puisse substituer stature à posture
21) croyez-vous qu'on puisse considérer debout et redressé comme synonymes en parlant de la station de la marmotte?
Autrement, c'est l'indicatif et les grammairiens privilégient un exemple au futur, sans doute parce qu'il leur permet d'introduire la règle suivante: si le premier verbe est au passé, le second prend le conditionnel.
22) l'ontologisme du matérialisme pose que la matière constituera tout l'être de la réalité*3
22') l'ontologisme du matérialisme posait que la matière constituerait tout l'être de la réalité
Sauf exceptions, comme la «manière vive de s'exprimer» que signale LXX ou quand la négation «ne détruit pas le sens de la certitude dans la pensée», l'indicatif est de mise:
23) croyez-vous que l'inconscient est structuré comme un langage?
24) pouvez-vous croire que toutes les sciences sont conjecturales?*4
Selon le Gdel, c'est Kant qui offre la première analyse conceptuelle de la notion de croyance. Il fait entrer trois termes: deux points de vue et l'idée d'assentiment qui est envisagée donc, subjectivement et objectivement tour à tour. Je ne m'attendais pas à trouver dans le dictionnaire un exposé détaillé de ce qui fait «la suffisance» ou son manque dans l'assentiment*5. Mais c'est la matière du jugement. Lorsque l'assentiment n'est suffisant qu'au point de vue subjectif et qu'il est tenu pour insuffisant au point de vue objectif, on l'appelle croyance.
Le Gdel cite ensuite la Critique du jugement, où la manière de penser morale (la croyance) est opposée à l'acte et à la connaissance théorique. Manière de penser morale de la raison dans l'assentiment à ce qui est inaccessible à la connaissance théorique. Dans son système, donc, la substitution de savoir à croire n'est pas possible, puisqu'il s'agirait d'un objet différent (p),
25) je sais que le dauphin a de grandes qualités psychiques
L'idée d'assentiment convient peut-être à la définition de la croyance, mais en échange le savoir est-il un acte? Le Gdel oppose à Kant Nietzsche*6 pour qui c'est plus qu'un acte dans les deux cas, qui y voit manifestation de la volonté. Il me semble par sa manière de nommer la question plutôt que de l'analyser un précurseur de Bachelard. Volonté (cela va de soi) et affirmation seraient toujours présentes. On n'est naturellement pas obligé de le suivre:
«La croyance est le fait primitif, même dans toute impression des sens: la toute première activité intellectuelle est une sorte d'affirmation. Dès l'origine, on "tient pour vrai".»
Pour Spinoza, le savoir est une connaissance claire et distincte, d'après le Gdel, toujours. Comme ici en 26):
26) je sais qu'on reconnaît les otaries à l'existence d'un pavillon auditif*
Kant devient moins clair, qui veut abolir le savoir pour ménager une place à la croyance. «Je n'ai jamais le droit d'avoir une opinion sans avoir au moins quelque savoir.» Je crains qu'il ne tombe dans le panneau qu'il a ménagé. Chez Hegel, on retrouve le vertige familier au phénoménologique: le savoir est un parcours, de la «certitude sensible» à la science, savoir absolu, forme systématique où la philosophie «pourra déposer son nom d'amour du savoir pour être savoir effectif.»
Renan est plus rassurant, même s'il est, selon les apparences, positiviste: «il viendra un jour où l'humanité ne croira plus, mais elle saura (...). Dans l'Avenir de la science, cité par le Gdel.
Je trouve à ces messieurs (et je n'ai pas encore parlé de Foucault)*8 un lyrisme indubitable, même à ce drôle de corps qu'est Kant. Ménager une place au savoir dans la croyance, c'est chercher à réhabiliter l'erreur ou la foi. Pour moi, sans vouloir absolument me conformer aux idées des logiciens qui ont abordé la question, les deux états de conscience peuvent être admis comme des attitudes.
Leur lien avec la perception n'est pas le même, le savoir la corrigeant si elle s'écarte de ce qui est reconnu comme validé. Tout est là, je crois (ah!). Le savoir se vérifie. L'édition des Vrais principes de la langue française de l'abbé Girard, la première édition de Sensine. S'il ne se vérifie pas absolument, les présomptions peuvent l'emporter, par recoupements. L'opinion se réforme ou s'inscruste davantage, pour devenir lyrique à mon tour.
L'opinion s'oppose à elle-même; le savoir, s'il est possible sur la question que pose l'opinion, la remplace.
Il se succède à lui-même chronologiquement, à mesure que les découvertes, les observations et les théories se confirment. Mais on n'imaginera pas un monde sans opinion. Pour me montrer plus aimable avec Kant, j'irais jusqu'à suggérer que l'état habituel des connaissances (je proposerai ultérieurement de ne parler que d'information - comme au journal télévisé) est celui de l'opinion, ou pour faire des statistiques à la Charlie Brown (clin d'oeil à Peanuts): 90 % de nos informations (prises en vrac) sont préfixables doxastiquement et non épistémiquement.
Neuf énoncés sur dix (p) recevraient donc la forme A) de préférence à la forme B):
A) p -T-> aΓp (-T-> Γ --> Δ) -T-> aΔp
B) p -T-> aΓp (-T-> Γ --> Ε)-T-> aEp
où a est l'agent d'énonciation, Γ l'opérateur gnostique, est le complexe préfixal de l'énoncé, et p l'énoncé; et où Γ --> Δ, se lit gamma implique delta et Γ --> E se lit gamma implique epsilonn. Gamma: opérateur gnostique; delta: opérateur doxastique; epsilonn: opérateur épistémique. -T-> indique une transformation, comme en C):
C) les catégories sont distinctes des concepts scientifiques
-T[=Γ]->
j'imagine que les catégories sont distinctes des concepts scientifiques
-T[=Δ]->
je crois que les catégories sont distinctes des concepts scientifiques
-T[=E]->
je sais que les catégories sont distinctes des concepts scientifiques
À suivre.
*1 Greimas m'avait accusé de ressusciter Brunot en raison de l'édition que j'utilisais. Ni historique ni permanent ni pittoresque, ni la GLFC ni le Bon usage de Grevisse* ne font état de cette apparente convention de citation. Girard (il s'agit de l'abbé, célèbre [anti-]synonymiste et, partant, sémanticien avant l'heure) est cité par un auteur (H. Yvon, 1951) que cite Grevisse qui date de 1747 les Vrais principes de langue française, mais le LXX indique 1717. Sur l'emploi des temps, on peut consulter le très pédagogique Emploi des temps en français ou le mécanisme du verbe d'Henri Sensine. 1926. Paris: Payot [1963]. Voir la note sur tso. Sensine emploie la notion d'absolu, ce qui le situe probablement au XIXe siècle, suivant Girard dans cet usage. Le roman qu'il cite, Diamant noir de Jean Aicard date de 1895.
*Grevisse, Maurice. 1936. Le Bon usage. Gembloux: Duculot [1959, 7e édition].
*2 LXX. Larousse du XXe siècle en six volumes. 1928-1933. Paris : Larousse [1951].
*3 Modification du temps d'origine pour éviter les énoncés du type: il viendra.
*4 Adaptées du LXX.
*5 J'ai eu la Critique de la Raison pure entre les mains étant adolescent et j'ai préféré Camus et Gide.
*6 Dire qu'il est un des quelques philosophes que j'ai lus. Cela explique pourquoi j'ai mis tant de temps à me remettre de mon contact avec la philosophie.
*7 Des phoques, sans aucun doute.
*8 Qui se livre à un catalogue d'acceptions diverses. Next post. Prochaine livraison.
Libellés : abbé Girard, doxastique, grammaire, opérateur, temporalité, temps, énoncé, épistémique

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