« Un renoncement infantilisant »
Il y a là, ce me semble, comme une inquiétude inconsciente. Aussi curieux que l'énoncé «il est Dieu» m'ait semblé, figurez-vous que je suis tombé dessus dans un blog (de croyant, cela va de soi):
«Judaïsme et Islam sont deux religions où Dieu n'a qu'une seule nature, il est Dieu et il impossible de le cerner, de le cadrer ou de comprendre réellement ses desseins.» Amaury Watremez, dans son blog sur Haut-et-fort.
Mais c'était pour continuer:
«Le point le plus important de la Foi catholique porte donc sur l'affirmation des deux natures du Christ.» Ce duophysisme on ne le trouve même pas dans le Larousse du XXe siècle de 1931, à «monophysisme». Le Robert (Kleine) ne cite monophysisme qu'à monophysite. Il y a fort à parier que même le concile de Chalcédoine en 451 ne l'emploie pas, car ce serait donner prise au concept qui le nie.
Homme-dieu, donc. L'Antiquité procédait souvent à la divinisation de certains hommes. Ce qui autorise effectivement à dire «il est Dieu» sans états d'âme.
Moi je n'en ai pas non plus, faute d'âme. Autre non-chose à laquelle je ne crois pas, ou plutôt qui n'existe pas. D'ailleurs, il faut être religieux, ce que je ne suis pas. Il faut admettre que pour une chose qui n'existe pas, elle a fait couler beaucoup d'encre, avec l'autre idée, celle d'une divinité, qui, elle, préfère le sang à l'encre, et continue d'en réclamer.
Finalement, je ne consacrerai pas de livraison à Benoît Ratzinger: il n'a pas besoin de moi, «infidèle» et «impie». Pourtant Manuel II Paléologue, lui, mérite un détour. Il connaissait bien la «soumission», qui a réussi à le soumettre. Il avait réussi à faire admettre à son interlocuteur perse que la conception de la divinité de la soumission faisait de celle-ci un agnosticisme. Ce qui rend la divinité inutile. comme sa notion.Un mot aimable sur Mona Chollet (il importe de bien lire si l'on veut commencer à comprendre, malgré les obstacles). Elle écrit, avec lucidité: «Mon insatisfaction devant l'état des choses ne me poussera jamais à abdiquer ma capacité de jugement pour suivre les préceptes d'un texte sacré - ou plutôt de ceux qui se chargeraient de l'interpréter pour moi, et qui se retrouveraient ainsi investis d'un pouvoir exorbitant.» C'est à elle que je m'emprunte mon titre.
Idem: «On peut formuler les mêmes critiques et avoir pourtant des revendications opposées.» Personnellement, je n'ai pas vraiment de revendications, mais il suffit de substituer «idées» à «revendications». D'ailleurs je ne la suis pas en tout: le matérialisme dont elle parle (celui dénoncé par Tariq Ramadan) ne m'indispose que la mesure où la pensée y perd. Je me fiche de la spiritualité (mon corpus de musique sacrée me suffit). Je ne condamne pas non plus l'individualisme, que je revendiquerais, si je devais absolument revendiquer quelque chose.
S'en prenant à Fourest, Chollet a tort cependant de laver Tévanian de tout soupçon, lui qui écrit: «L’éducation nationale doit prendre ses responsabilités. Les associations antiracistes doivent prendre les leurs. Chaque acteur du système médiatique doit s’interroger sur la complaisance dont ce système a fait preuve jusqu’à présent à l’égard de l’islamophobie, qu’elle soit militante ou histrionique.» Ledit philosophe est en fait un violent accusateur public. Caroline Fourest n'avait donc pas tort de le voir en islamisateur de la France.
Ce philosophe n'a pas l'air de comprendre que la pseudo-islamophobie ne peut en aucun cas être comparée à l'antisémitisme, qui vise des hommes et non une religion. Avant de réclamer des lois condamnant le refus de la soumission, il serait plus juste, mais un peu tard, de faire une loi contre la «christianophobie». Vlan.
Il semble que Caroline Fourest ait évoqué elle-même un «regain de racisme antimusulman» dans le livre que tente de démolir Chollet qui constate à son tour que «le racisme anti-musulmans est aujourd'hui virulent».
Comme je ne suis pas sur place, il m'est difficile de vérifier, mais je ne crois pas à «la nécessité de tenir un discours suffisamment juste et nuancé pour ne pas y contribuer». Il s'agit, je le rappelle, d'une religion qui réclame de chacun la soumission. Et non d'un peuple déterminé qui serait l'objet d'une entreprise systématique.
Tévanian cite une sortie précédente (2001) de Redeker. Et cela suffit à rendre ce dernier systématique. Je veux dire «raciste». Décidément, n'en déplaise à Mona Chollet, il y a islamisation graduelle de l'Europe (et qu'on ne vienne pas me dire que je suis de droite). À moins que je sois schizo. Il y a même islamisation du lexique, par le biais du Petit Robert, millésime 2007. Rey a reculé devant les critiques dont «mise en valeur» était l'objet (article colonialisme). Et je rappelle la drôle de phrase-exemple:
«L'islamophobie est alimentée par un amalgame avec l'islamisme intégriste.»
Un amalgame de quoi? avec «l'islamisme intégriste»... de «l'islamisme fondamentaliste»?
À suivre. Schnauzer.
NB Je rappelle que les emplois de «racisme» dont il est question sont «abusifs», cf. le PR qui cite un racisme anti petits garçons! Préférable à la pédophilie, non?
Libellés : croyance, lexique, religion, soumission

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