Herméneutique*
C'est un peu par plaisanterie que j'ai choisi ce titre. En 1979, j'aurais écrit: décodage. Mais pour décoder, il faut connaître le code, et, en premier lieu, qu'il y en ait un. Interpellé, je reproduis les deux premiers alinéas:
«Les sionistes sont très bien placés, en effet, pour savoir que ce qui relève de la diffamation raciale ou de la "simple critique" d'une religion ou d'une idéologie.
Ainsi, l'idée qu'on puisse souhaiter la disparition de l'État d'Israel (pas des juifs, de l'ÉTAT d'Israel [sic**]) c'est de l'antisémitisme. EST-CE QUE C'EST CLAIR?»
J'ai respecté la casse, mais l'italique est de moi. Le texte complet se trouve ici. Je me demandais à qui s'adressait le commentateur. Je ne suis pas sioniste, et comme je ne crois pas que le terme sémantiste (qu'a forgé Michel Bréal) soit en usage, je ne vois pas de quel -iste je puis m'affubler, à moins que zutiste me convienne. Je ne suis ni pro- ni anti- sioniste.
Puis je me suis aperçu que le texte qui se trouvait au-dessus du commentaire était emprunté à BHL. C'est donc à lui que s'adressait la tirade. Mais non, puisque l'auteur tire une leçon de sa prémisse, qu'il me hurle à la face (les majuscules pour une phrase entière équivalent au cri).
Il perd de vue que le Petit Robert siège à ma gauche. Je sais ce qu'est l'antisémitisme puisque en plus d'en connaître la définition, j'en ai été l'objet, sur un mode mineur, toutefois; et en outre j'ai consacré plusieurs livraisons à la discussion du négationnisme, ici. Il poursuit, sur sa lancée:
«Par contre, dire que puisque le Coran est violent, et puisque les musulmans lisent le Coran, ils sont forcément violents,»
Je n'ai pas écrit que la récitation était violente. Ensuite, on ne lit pas une récitation, on l'apprend par coeur. Le dernier terme de son propos n'est pas une déduction valide, il me semble (manque d'uniformité des prédicats). Pas de transitivité. Ce n'est pas parce que je lis des polars que je deviens criminel ni d'ailleurs policier ou détective (encore moins auteur de polars). Courage, voici la suite:
«ce n'est pas du tout de la diffamation raciale (c'est S. qui souligne) qui vise un groupe humain dans sa totalité : c'est seulement une "simple critique" (qui suggère tout de même, si on pousse la logique, plus ou moins de se débarraser (sic) des musulmans (expulsion) à moins qu'ils fassent leur autocritique publique, collective et individuelle, pour des crimes dont ils sont ontologiquement responsables)»
Il était mal engagé et le voilà qui déraille: le Petit Robert 2007 ne connaît de «diffamation raciale», l'adjectif ne s'appliquant pas au substantif en question. De quelle critique parle-t-il? De ce que j'ai dit? Je n'ai atteint à l'honneur de personne, pas plus que je n'ai visé la réputation de quiconque.
Abdelwhab Meddeb (dont j'avais estropié le prénom, mes excuses, j'y ai remédié) est présenté par les médias comme un érudit, et moi je dis qu'il n'est pas gentil, en ironisant. Le ridicule n'est pas une atteinte à la personne. C'est tout.
Je ne fais de critique religieuse que dans la mesure où c'est une croyance. Je n'ai pas de «cause». Je ne suis pas un érudit, moi, je suis un besogneux. Il n'y a pas de «logique à pousser», parce qu'il n'y a pas de logique, point. Y a-t-il appel à expulsion dans ce que j'ai écrit? Expulsion d'où? Y a-t-il un médecin dans la salle?
Et je n'ai jamais invité qui que ce soit à faire son autocritique (mot que j'abhorre): il fait du copié/coller sauvage ou quoi? Et qu'est-ce que c'est que cet «ontologiquement», une arme de destruction massive? C'est quoi une responsabilité ontologique? Une tare? Pourquoi pas «axiologiquement» ou «métaphysiquement» responsable? Qui a parlé de crimes? Lesquels?
J'épargne à ceux qui ont le courage de lire ceci le paragraphe suivant qui relate une histoire de menaces de mort qui n'a strictement rien à voir avec le prix du porc. Après la longue excursion dans les faits divers, le voilà qui revêt la toge.
«Le problème est le suivant : Il existe une loi qui garantit la liberté d'expression, et une tolérance à l'égard de l'offense (c'est S. qui souligne). La liberté d'expression demeure encadrée par la loi (ordre public, incitation à la haine, diffamation raciale, négationnisme, etc.).»
Je ne sais pas si le législateur a effectivement parlé de «diffamation raciale». Je signale les articles de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen:
«Article 10 - Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi. Article 11 - La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.»
Le site Aqolad détaille les limites à la liberté d'expression dans les lois françaises.
Je confesse n'avoir pas tout de suite compris mon premier soulignement en rouge, mais cela est dû à mes habitudes d'Occidental: la conjonction et «marque la liaison entre deux mots ou deux propositions de même fonction, en indiquant une addition, la simultanéité, une opposition ou une comparaison». (Petit Larousse). Le PR fait valoir le «même rôle» et indique en plus «un rapprochement». Dans ma terminologie, une compatibilité de sens.
Il fallait lire: il existe une tolérance à l'égard de l'offense [qui est faite aux croyants]. On le voit en continuant:
«La législation est en fait plus restrictive que les journalistes ne le croient ou font semblant de le croire et en fait, ils la respectent au gré du vent, selon le côté où ils penchent et parfois en sachant très bien qui leur tapera sur les doigts et quand. Point à la ligne.
Il n'y a donc pas, pour l'instant, dans la législation de DROIT à l'offense, malgré ce que certains affirment ou réclament.»
Incompréhensible «point à la ligne». Sa prose devient métaphorique. Il ne doit pourtant pas y avoir beacoup de vent dans les salles de rédaction. Qui tapera sur les doigt? Nico? (Pardon: Sarko?) Qu'est-ce que c'est que cette mentalité punitive? C'est justement au vu et au su de telles croyances qu'il devient urgent d'affirmer le droit à la liberté de penser.
Si ma pensée vous offense, diable! Je n'y puis que couic.
«Et il y a effectivement devoir de réserve pour les fonctionnaires, et pour les enseignants, sur ce terrain, on ne peut pas tout de même pas demander l'impossible. Aucun prof ne pourrait dire ce que dit Redeker, pas même au sujet des chrétiens. Par contre, ils peuvent parler des multiples conquêtes effectuées au nom du Christ-Dieu, ce qui est bien différent.»
Je n'ai pas enseigné en France, et de toute manière, j'étais au niveau universitaire, donc mon témoignage ne vaut rien. Je ne sais pas si ce devoir existe ou non. Que veut-il dire par «demander l'impossible»? Bâillonner les profs? Ça va peut-être pour la gymnastique...
Effectivement, mon cher, aucun prof ne peut dire ce qu'a dit Redeker [de la soumission] au sujet des chrétiens; il serait obligé d'inventer. Quant aux Croisades, il ne doit pas y avoir beaucoup d'admirateurs.
«Ensuite, on pourrait poser la question de l'Ancien Testament, texte extrèmement (sic) violent, rempli de récits de conquètes (sic) et d'atrocités, dont s'inspirent effectivement les intégristes juifs.»
Moi je me suis inspiré de la bible pour écrire un roman, sur la belle Judith, décapitant Holopherne. Seriez-vous un descendant d'Holopherne? C'est là que le bât blesse. Foin de comparatisme. L'ancien testament est en effet plein de récits. La récitation, non, quelques anecdotes sans plus, sur la rivalité avec son oncle. On ne peut pas en tirer un roman, pas plus qu'une bd.
Quant aux «intégristes juifs», si vous êtes aussi bien renseigné sur eux que sur les sionistes, je vous fais confiance (sic).
«Mais là, y a pas polémique. Celui qui se hasarderait à spéculer sur un tel sujet serait liquidé médiatiquement. Pourtant ce sujet est discuté de façon courante en Israel (sic).»
Je trouve qu'on liquide beaucoup sur le web. On est obligé de vous croire sur parole (sic). Y êtes-vous allé? Depuis que j'ai quatre chiens je ne sors plus beaucoup.
«Alors, de deux choses l'une : on élimine toutes ces lois restrictives, et on a une liberté d'expression totale (et on en finit avec les manipulations d'où qu'elles viennent et les groupes de pression) ou on s'arrange avec le cadre établi.»
Comme si les manipulations, comme vous dites, et les groupes de pression n'existaient pas parallèlement, et même relativement, aux lois. Très noble ce «on». Moi, que ce soit l'un ou l'autre, je n'ai rien à redouter ni à me reprocher. On m'a déjà dit: «pour un athée tu es très honnête». Naturellement, je me suis marré. La morale humaine est plus exigeante que celle des dogmes.
«Redeker pourrait effectivement être condamné, pour son papier : cela dépend uniquement de la pression de l'opinion publique et du juge.»
Je souhaite au contraire que votre vœu reste pieux. Pas mal venant d'un impie.
«Si Rodinson était vivant, il pourrait peut-être aussi attaquer Redeker pour avoir tronqué son texte et lui attribuer une démarche qui est à l'opposé exact de la sienne. Censure pas censure ?»
Avec des si, n'est-ce pas, on construit des syllogismes ou des civières. Précision: le texte de Maxime Rodinson sur l'avertisseur fait sept colonnes dans Universalis, dans un caractère que j'estime à vue de nez un corps 8, sur des pages de 20x29 cm. Alors, s'il vous plaît ne dites pas «tronqué», dites «dénaturé», si vous voulez censurer à tout prix ce que vous ne connaissez pas.
«Une démarche qui est à l'opposé exact», tiens, curieuse construction qui rappelle notre érudit. Relisez Redeker si vous l'avez lu et dites-moi s'il y a là la moindre démarche. Vous connaissez si bien la démarche de Maxime Rodinson? ou bien vous bornez-vous à répéter ce que vous avez lu chez quelqu'un qui n'avait pas davantage d'information. Quelle peut bien être la démarche d'un universitaire qui rédige une biographie, dites-moi? Sinon de respecter la chronologie des événements tels qu'ils nous sont connus, en l'analysant, ce qu'il a fait avec beaucoup de soin, je puis en témoigner.
Alors, ne venez pas me fourrer une autre tartine de ce genre en guise de commentaire. Censure? demandez-vous. Oui. Comme je suis responsable, d'après Haut-et-fort, des commentaires qui me sont laissés, je suis en mesure de vous censurer. Sinon, je suis contre. Je suis aussi contre les gens qui s'offensent pour un oui ou pour un non.
Schnauzer. Grrr... À suivre...
*Système d'interprétation d'une séquence de signes complexes. Petit Robert 2007.
**Tous les sic sont de moi, et il y en a deux qui sont ironiques. Il n'y a malheureusement pas de prix pour ceux qui les trouvent.
«Les sionistes sont très bien placés, en effet, pour savoir que ce qui relève de la diffamation raciale ou de la "simple critique" d'une religion ou d'une idéologie.
Ainsi, l'idée qu'on puisse souhaiter la disparition de l'État d'Israel (pas des juifs, de l'ÉTAT d'Israel [sic**]) c'est de l'antisémitisme. EST-CE QUE C'EST CLAIR?»
J'ai respecté la casse, mais l'italique est de moi. Le texte complet se trouve ici. Je me demandais à qui s'adressait le commentateur. Je ne suis pas sioniste, et comme je ne crois pas que le terme sémantiste (qu'a forgé Michel Bréal) soit en usage, je ne vois pas de quel -iste je puis m'affubler, à moins que zutiste me convienne. Je ne suis ni pro- ni anti- sioniste.
Puis je me suis aperçu que le texte qui se trouvait au-dessus du commentaire était emprunté à BHL. C'est donc à lui que s'adressait la tirade. Mais non, puisque l'auteur tire une leçon de sa prémisse, qu'il me hurle à la face (les majuscules pour une phrase entière équivalent au cri).
Il perd de vue que le Petit Robert siège à ma gauche. Je sais ce qu'est l'antisémitisme puisque en plus d'en connaître la définition, j'en ai été l'objet, sur un mode mineur, toutefois; et en outre j'ai consacré plusieurs livraisons à la discussion du négationnisme, ici. Il poursuit, sur sa lancée:
«Par contre, dire que puisque le Coran est violent, et puisque les musulmans lisent le Coran, ils sont forcément violents,»
Je n'ai pas écrit que la récitation était violente. Ensuite, on ne lit pas une récitation, on l'apprend par coeur. Le dernier terme de son propos n'est pas une déduction valide, il me semble (manque d'uniformité des prédicats). Pas de transitivité. Ce n'est pas parce que je lis des polars que je deviens criminel ni d'ailleurs policier ou détective (encore moins auteur de polars). Courage, voici la suite:
«ce n'est pas du tout de la diffamation raciale (c'est S. qui souligne) qui vise un groupe humain dans sa totalité : c'est seulement une "simple critique" (qui suggère tout de même, si on pousse la logique, plus ou moins de se débarraser (sic) des musulmans (expulsion) à moins qu'ils fassent leur autocritique publique, collective et individuelle, pour des crimes dont ils sont ontologiquement responsables)»
Il était mal engagé et le voilà qui déraille: le Petit Robert 2007 ne connaît de «diffamation raciale», l'adjectif ne s'appliquant pas au substantif en question. De quelle critique parle-t-il? De ce que j'ai dit? Je n'ai atteint à l'honneur de personne, pas plus que je n'ai visé la réputation de quiconque.
Abdelwhab Meddeb (dont j'avais estropié le prénom, mes excuses, j'y ai remédié) est présenté par les médias comme un érudit, et moi je dis qu'il n'est pas gentil, en ironisant. Le ridicule n'est pas une atteinte à la personne. C'est tout.
Je ne fais de critique religieuse que dans la mesure où c'est une croyance. Je n'ai pas de «cause». Je ne suis pas un érudit, moi, je suis un besogneux. Il n'y a pas de «logique à pousser», parce qu'il n'y a pas de logique, point. Y a-t-il appel à expulsion dans ce que j'ai écrit? Expulsion d'où? Y a-t-il un médecin dans la salle?
Et je n'ai jamais invité qui que ce soit à faire son autocritique (mot que j'abhorre): il fait du copié/coller sauvage ou quoi? Et qu'est-ce que c'est que cet «ontologiquement», une arme de destruction massive? C'est quoi une responsabilité ontologique? Une tare? Pourquoi pas «axiologiquement» ou «métaphysiquement» responsable? Qui a parlé de crimes? Lesquels?
J'épargne à ceux qui ont le courage de lire ceci le paragraphe suivant qui relate une histoire de menaces de mort qui n'a strictement rien à voir avec le prix du porc. Après la longue excursion dans les faits divers, le voilà qui revêt la toge.
«Le problème est le suivant : Il existe une loi qui garantit la liberté d'expression, et une tolérance à l'égard de l'offense (c'est S. qui souligne). La liberté d'expression demeure encadrée par la loi (ordre public, incitation à la haine, diffamation raciale, négationnisme, etc.).»
Je ne sais pas si le législateur a effectivement parlé de «diffamation raciale». Je signale les articles de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen:
«Article 10 - Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, mêmes religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la loi. Article 11 - La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.»
Le site Aqolad détaille les limites à la liberté d'expression dans les lois françaises.
Je confesse n'avoir pas tout de suite compris mon premier soulignement en rouge, mais cela est dû à mes habitudes d'Occidental: la conjonction et «marque la liaison entre deux mots ou deux propositions de même fonction, en indiquant une addition, la simultanéité, une opposition ou une comparaison». (Petit Larousse). Le PR fait valoir le «même rôle» et indique en plus «un rapprochement». Dans ma terminologie, une compatibilité de sens.
Il fallait lire: il existe une tolérance à l'égard de l'offense [qui est faite aux croyants]. On le voit en continuant:
«La législation est en fait plus restrictive que les journalistes ne le croient ou font semblant de le croire et en fait, ils la respectent au gré du vent, selon le côté où ils penchent et parfois en sachant très bien qui leur tapera sur les doigts et quand. Point à la ligne.
Il n'y a donc pas, pour l'instant, dans la législation de DROIT à l'offense, malgré ce que certains affirment ou réclament.»
Incompréhensible «point à la ligne». Sa prose devient métaphorique. Il ne doit pourtant pas y avoir beacoup de vent dans les salles de rédaction. Qui tapera sur les doigt? Nico? (Pardon: Sarko?) Qu'est-ce que c'est que cette mentalité punitive? C'est justement au vu et au su de telles croyances qu'il devient urgent d'affirmer le droit à la liberté de penser.
Si ma pensée vous offense, diable! Je n'y puis que couic.
«Et il y a effectivement devoir de réserve pour les fonctionnaires, et pour les enseignants, sur ce terrain, on ne peut pas tout de même pas demander l'impossible. Aucun prof ne pourrait dire ce que dit Redeker, pas même au sujet des chrétiens. Par contre, ils peuvent parler des multiples conquêtes effectuées au nom du Christ-Dieu, ce qui est bien différent.»
Je n'ai pas enseigné en France, et de toute manière, j'étais au niveau universitaire, donc mon témoignage ne vaut rien. Je ne sais pas si ce devoir existe ou non. Que veut-il dire par «demander l'impossible»? Bâillonner les profs? Ça va peut-être pour la gymnastique...
Effectivement, mon cher, aucun prof ne peut dire ce qu'a dit Redeker [de la soumission] au sujet des chrétiens; il serait obligé d'inventer. Quant aux Croisades, il ne doit pas y avoir beaucoup d'admirateurs.
«Ensuite, on pourrait poser la question de l'Ancien Testament, texte extrèmement (sic) violent, rempli de récits de conquètes (sic) et d'atrocités, dont s'inspirent effectivement les intégristes juifs.»
Moi je me suis inspiré de la bible pour écrire un roman, sur la belle Judith, décapitant Holopherne. Seriez-vous un descendant d'Holopherne? C'est là que le bât blesse. Foin de comparatisme. L'ancien testament est en effet plein de récits. La récitation, non, quelques anecdotes sans plus, sur la rivalité avec son oncle. On ne peut pas en tirer un roman, pas plus qu'une bd.
Quant aux «intégristes juifs», si vous êtes aussi bien renseigné sur eux que sur les sionistes, je vous fais confiance (sic).
«Mais là, y a pas polémique. Celui qui se hasarderait à spéculer sur un tel sujet serait liquidé médiatiquement. Pourtant ce sujet est discuté de façon courante en Israel (sic).»
Je trouve qu'on liquide beaucoup sur le web. On est obligé de vous croire sur parole (sic). Y êtes-vous allé? Depuis que j'ai quatre chiens je ne sors plus beaucoup.
«Alors, de deux choses l'une : on élimine toutes ces lois restrictives, et on a une liberté d'expression totale (et on en finit avec les manipulations d'où qu'elles viennent et les groupes de pression) ou on s'arrange avec le cadre établi.»
Comme si les manipulations, comme vous dites, et les groupes de pression n'existaient pas parallèlement, et même relativement, aux lois. Très noble ce «on». Moi, que ce soit l'un ou l'autre, je n'ai rien à redouter ni à me reprocher. On m'a déjà dit: «pour un athée tu es très honnête». Naturellement, je me suis marré. La morale humaine est plus exigeante que celle des dogmes.
«Redeker pourrait effectivement être condamné, pour son papier : cela dépend uniquement de la pression de l'opinion publique et du juge.»
Je souhaite au contraire que votre vœu reste pieux. Pas mal venant d'un impie.
«Si Rodinson était vivant, il pourrait peut-être aussi attaquer Redeker pour avoir tronqué son texte et lui attribuer une démarche qui est à l'opposé exact de la sienne. Censure pas censure ?»
Avec des si, n'est-ce pas, on construit des syllogismes ou des civières. Précision: le texte de Maxime Rodinson sur l'avertisseur fait sept colonnes dans Universalis, dans un caractère que j'estime à vue de nez un corps 8, sur des pages de 20x29 cm. Alors, s'il vous plaît ne dites pas «tronqué», dites «dénaturé», si vous voulez censurer à tout prix ce que vous ne connaissez pas.
«Une démarche qui est à l'opposé exact», tiens, curieuse construction qui rappelle notre érudit. Relisez Redeker si vous l'avez lu et dites-moi s'il y a là la moindre démarche. Vous connaissez si bien la démarche de Maxime Rodinson? ou bien vous bornez-vous à répéter ce que vous avez lu chez quelqu'un qui n'avait pas davantage d'information. Quelle peut bien être la démarche d'un universitaire qui rédige une biographie, dites-moi? Sinon de respecter la chronologie des événements tels qu'ils nous sont connus, en l'analysant, ce qu'il a fait avec beaucoup de soin, je puis en témoigner.
Alors, ne venez pas me fourrer une autre tartine de ce genre en guise de commentaire. Censure? demandez-vous. Oui. Comme je suis responsable, d'après Haut-et-fort, des commentaires qui me sont laissés, je suis en mesure de vous censurer. Sinon, je suis contre. Je suis aussi contre les gens qui s'offensent pour un oui ou pour un non.
Schnauzer. Grrr... À suivre...
*Système d'interprétation d'une séquence de signes complexes. Petit Robert 2007.
**Tous les sic sont de moi, et il y en a deux qui sont ironiques. Il n'y a malheureusement pas de prix pour ceux qui les trouvent.

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