Des bouées qui se sauvent: l'Affaire Redeker
Eh oui, je me remets à parler de ce philosophe sinon encore lynché, du moins lâché. L'article du Monde «Soutiens mesurés» est clair à ce propos. Seul Claude Lanzmann ne tance pas l'auteur de la tribune figaresque. Parenthèse: tout le monde semble oublier ce que représente Figaro dans la culture occidentale. Mais c'est normal: il n'est ni musulman ni politiquement correct.
Je cite donc l'alinéa du Monde, rapportant les paroles de Lanzmann: «Claude Lanzmann, directeur de la revue Les Temps modernes, dont Robert Redeker est membre du comité de rédaction, considère que "ces réactions sont la démonstration même que ce que Robert Redeker a écrit n'est pas faux". "Il y a une grande peur aujourd'hui, poursuit-il. On va jusqu'à interdire un opéra à Berlin (Idomeneo, de Mozart). C'est comme si les juifs demandaient que l'on retire du Marchand de Venise, de Shakespeare, les scènes où il est question de la livre de chair (réclamée par l'usurier juif Shylock)." En son nom et en celui de sa revue, le directeur des Temps modernes a signé, vendredi 29 septembre, une pétition de soutien à Robert Redeker.»
Gilles de Robien avait déjà il y a 48 heures lâché du lest en se montrant «solidaire», mais il faut croire qu'il y a plusieurs sortes de solidarités, dont celle de la langue de bois (qui sert accessoirement à rosser le mauvais sujet). "En signant une tribune libre, cet enseignant a impliqué l'éducation nationale. Un fonctionnaire doit se montrer prudent, modéré, avisé en toutes circonstances" (Le Monde.fr du 29).
Robert Redeker a raison de s'étonner de l'intervention de ce ministre : "Si ce principe de modération s'était appliqué, il n'y aurait pas eu de vie intellectuelle en France, dans la mesure où beaucoup de penseurs étaient des fonctionnaires. En outre, le rôle du politique n'est pas de dire ce qu'on doit penser, mais de protéger la liberté d'expression" (Le Monde.fr).
Après le ministre, c'est le maire de la ville où se trouve le lycée qui reproche à Redeker de les avoir «impliqués», comme si le fait de dire que j'écris d'Amérique du Nord impliquait quiconque. Le chef d'établissement précise:
«Même ceux qui partagent ses opinions ont trouvé qu'il avait abusé en ajoutant le nom du lycée à sa signature.» Les deux principales fédérations de l'éducation nationale, la FSU et l'UNSA-Education, selon Le Monde, défendent "la liberté d'expression"... «Quoi que chacun puisse penser du contenu de cette tribune...» (FSU).
Mais les vraies bouées de sauvetage qui l'enfoncent, ce sont la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), comme si la prétendue absence de rigueur intellectuelle ou les idées senties comme nauséabandes autorisaient la condamnation à mort. Le Mrap est particulièrement moralisateur et donneur de leçon: «toute forme de violence en appelle, hélas, d'autres en retour, parfois plus extrémistes encore.» Bravo: on justifie maintenant les menaces de mort (et pourquoi pas la mise en saucisses) par la vilenie du personnage. Pourquoi ne pas encourager ceux qui se sentent visés à tirer les premiers et à se faire justice?
Le meilleur moyen de soutenir Redeker (abstraction faite de son faible pour Rome, où je ne le suivrai pas, même si tous les chemins...) c'est de montrer qu'il n'a pas tort. Pas tout à fait.
Comme je l'ai signalé, mon Petit Robert électronique m'a lâché, mais ce matin j'ai fait l'acquisition du «millésime 2007». Quand Redeker parle d'islamisation des esprits, on pourrait croire qu'il exagère, mais il faut admettre que l'article du Petit Robert consacré à islamophobie a de quoi surprendre. Je cite (pas de copier-coller cette fois, alors je recopie religieusement - zut): «Forme particulière de racisme dirigé contre l'islam et les musulmans, qui se manifeste en France par des actes de malveillance et une discrimination ethnique contre les immigrés maghrébins. L'islamophobie est alimentée par un amalgame avec l'islamisme intégriste.»
Relisez la tribune de Redeker: il n'est pas islamophobe au sens de cette définition. En outre, quand il signale les horaires de piscines ou le voile et le string, il a raison de parler d'islamisation, au sens du Petit Robert 2007: «rendre conforme aux règles de l'islam».
Mon nouveau jouet permet aussi de revenir sur la distinction que les bien-pensants font entre islam et islamisme, mais une chose à la fois.
À suivre
Je cite donc l'alinéa du Monde, rapportant les paroles de Lanzmann: «Claude Lanzmann, directeur de la revue Les Temps modernes, dont Robert Redeker est membre du comité de rédaction, considère que "ces réactions sont la démonstration même que ce que Robert Redeker a écrit n'est pas faux". "Il y a une grande peur aujourd'hui, poursuit-il. On va jusqu'à interdire un opéra à Berlin (Idomeneo, de Mozart). C'est comme si les juifs demandaient que l'on retire du Marchand de Venise, de Shakespeare, les scènes où il est question de la livre de chair (réclamée par l'usurier juif Shylock)." En son nom et en celui de sa revue, le directeur des Temps modernes a signé, vendredi 29 septembre, une pétition de soutien à Robert Redeker.»
Gilles de Robien avait déjà il y a 48 heures lâché du lest en se montrant «solidaire», mais il faut croire qu'il y a plusieurs sortes de solidarités, dont celle de la langue de bois (qui sert accessoirement à rosser le mauvais sujet). "En signant une tribune libre, cet enseignant a impliqué l'éducation nationale. Un fonctionnaire doit se montrer prudent, modéré, avisé en toutes circonstances" (Le Monde.fr du 29).
Robert Redeker a raison de s'étonner de l'intervention de ce ministre : "Si ce principe de modération s'était appliqué, il n'y aurait pas eu de vie intellectuelle en France, dans la mesure où beaucoup de penseurs étaient des fonctionnaires. En outre, le rôle du politique n'est pas de dire ce qu'on doit penser, mais de protéger la liberté d'expression" (Le Monde.fr).
Après le ministre, c'est le maire de la ville où se trouve le lycée qui reproche à Redeker de les avoir «impliqués», comme si le fait de dire que j'écris d'Amérique du Nord impliquait quiconque. Le chef d'établissement précise:
«Même ceux qui partagent ses opinions ont trouvé qu'il avait abusé en ajoutant le nom du lycée à sa signature.» Les deux principales fédérations de l'éducation nationale, la FSU et l'UNSA-Education, selon Le Monde, défendent "la liberté d'expression"... «Quoi que chacun puisse penser du contenu de cette tribune...» (FSU).
Mais les vraies bouées de sauvetage qui l'enfoncent, ce sont la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) et le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP), comme si la prétendue absence de rigueur intellectuelle ou les idées senties comme nauséabandes autorisaient la condamnation à mort. Le Mrap est particulièrement moralisateur et donneur de leçon: «toute forme de violence en appelle, hélas, d'autres en retour, parfois plus extrémistes encore.» Bravo: on justifie maintenant les menaces de mort (et pourquoi pas la mise en saucisses) par la vilenie du personnage. Pourquoi ne pas encourager ceux qui se sentent visés à tirer les premiers et à se faire justice?
Le meilleur moyen de soutenir Redeker (abstraction faite de son faible pour Rome, où je ne le suivrai pas, même si tous les chemins...) c'est de montrer qu'il n'a pas tort. Pas tout à fait.
Comme je l'ai signalé, mon Petit Robert électronique m'a lâché, mais ce matin j'ai fait l'acquisition du «millésime 2007». Quand Redeker parle d'islamisation des esprits, on pourrait croire qu'il exagère, mais il faut admettre que l'article du Petit Robert consacré à islamophobie a de quoi surprendre. Je cite (pas de copier-coller cette fois, alors je recopie religieusement - zut): «Forme particulière de racisme dirigé contre l'islam et les musulmans, qui se manifeste en France par des actes de malveillance et une discrimination ethnique contre les immigrés maghrébins. L'islamophobie est alimentée par un amalgame avec l'islamisme intégriste.»
Relisez la tribune de Redeker: il n'est pas islamophobe au sens de cette définition. En outre, quand il signale les horaires de piscines ou le voile et le string, il a raison de parler d'islamisation, au sens du Petit Robert 2007: «rendre conforme aux règles de l'islam».
Mon nouveau jouet permet aussi de revenir sur la distinction que les bien-pensants font entre islam et islamisme, mais une chose à la fois.
À suivre

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