Croire ou savoir 8 [5]*
Le Groupe IV, c'est-à-dire les verbes opérateurs qui feront l'objet d'un nouvel examen, a été publié en entier (réunissant les deux parties, que j'ai traitées séparément dans ce blog) sur le site de la tso, ici.
Je la reprends dans cette livraison, pour plus de facilité:
Abélard affirme que, comprend que, conçoit que, conclut que, accepte que, accorde que, constate que, admet que, annonce que, s'aperçoit que, croit que, déclare que, doute que, se doute que, enseigne que, espère que, estime que, s'étonne que, explique que, découvre que, décrète que, déduit (de ce qui précède) que, apprécie que, devine que, dit que, apprend que, assure que, s'assure que, s'attend à ce que, conjecture que, considère que, conteste que, certifie que, imagine que, infère que, informe (X) que, montre que, note que, observe que, pense que, postule que, (humain/non-humain) présuppose que, (h/non-h) prévoit que, proclame que, propose que, prouve que, rappelle que, reconnaît que, (l'hypothèse) requiert que, sait que, songe que, soupçonne que, soutient que, se souvient que, suppose que, trouve que, voit que, (h/non-h) veut que, démontre que [la loi de Lavoisier est une loi absolue]**
On ajoutera un énonce+que. Mais on peut d'emblée soustraire requiert+que, à cause de la concordance; ce verbe implique en effet le subjonctif, comme la dernière citation du GML 1936, sur les systèmes de coordonnées, avec l'opérateur il est naturel+que.
X affirme que [la loi de Lavoisier est une loi absolue]
X comprend que [la loi de Lavoisier est une loi absolue]
X conçoit que [la loi de Lavoisier est une loi absolue]
On doit retrancher comprendre+que, à cause de l'ambiguïté ou de l'incertitude qu'apporterait le pronom je, entre autres:
je comprends que la loi de Lavoisier soit [est?] une loi absolue.
La même observation s'étend à concevoir+que:
je conçois que la loi de Lavoisier soit [est?] une loi absolue.
On observe également qu'avec la négation, le subjonctif semble obligatoire:
je ne comprends pas que la loi de Lavoisier soit [est?] une loi absolue.
En ce qui concerne l'affirmation (la notion même de verbe déclaratif), on note qu'elle n'a pas d'incidence. Ce ne serait pas le cas du contre-exemple:
Anselme affirme que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.
On comparera à:
Comment Anselme peut-il affirmer que tout soit pour le mieux...?
Poursuivons:
A. Guillemonat (dans le GML) conclut que les systèmes de coordonnées sont équivalents pour l'énoncé des lois de la nature.
Bill accepte que les systèmes de coordonnées soient équivalents pour l'énoncé des lois de la nature.
Albert accorde que les systèmes de coordonnées sont/soient équivalents pour l'énoncé des lois de la nature.
cf. n'accorde pas que = soient
Paul constate que les systèmes de coordonnées sont équivalents pour l'énoncé des lois de la nature.
On retranchera donc accepte+que et accorde+que. Nouvelle série:
B admet que [la loi de Lavoisier est/soit une loi absolue]
cf. n'admet pas que = soit
C annonce que [la loi de Lavoisier est une loi absolue]
D s'aperçoit que [la loi de Lavoisier est une loi absolue]
E croit que [la loi de Lavoisier est une loi absolue]
cf. ne croit pas que = soit
Ici on retranche admettre+que, croire+que. Il ressort des matériaux triés jusqu'à présent que si l'on applique les deux critères de la concordance et de la négation de la principale (du verbe opérateur), on restreint très nettement le champ d'application de la notion de verbe épistémique.
Soit encore:
X déclare que [dans toute transformation chimique, la masse totale des corps qui prennent naissance est égale à la masse totale des corps qui disparaissent]
X doute que [...soit ...]
cf. ne doute pas que [...soit ...]
X se doute que [...est ...]
X énonce que [...est ...]
X enseigne que [...est ...]
X espère que [...sera (?)...]
cf. n'espère pas que [...soit ...]
La future classe des opérateurs doxiques accueille encore douter+que et espérer+que. Je rappelle que pour la corroboration je m'appuie en premier lieu sur l'excellent ouvrage de J. Caput et J.-P. Caput sur les constructions verbales (Dictionnaire des verbes français) et en second, sur Le Petit Robert 2007.
À suivre.
*Correspond à la numérotation continue à partir de Croire 1, que je reprends avant de m'égarer complètement.
**«Dans toute transformation chimique, la masse totale des corps qui prennent naissance est égale à la masse totale des corps qui disparaissent.» «...il est possible que la loi de Lavoisier ne soit vraie qu'associée à la loi de conservation de l'énergie.» «...Pour toutes les transformations que nous pouvons réaliser.» Cf. «Le principe de conversation de la masse reste valable tant qu'il n'y a pas de variation d'énergie. (...) il est naturel que tous les systèmes (de coordonnées) soient équivalents pour l'énoncé des lois de la nature». Tous ces énoncés sont tirés du Grand Mémento Larousse (1936), tome II, pp. 503, 448 & 449, éd. 1941.
Je la reprends dans cette livraison, pour plus de facilité:
Abélard affirme que, comprend que, conçoit que, conclut que, accepte que, accorde que, constate que, admet que, annonce que, s'aperçoit que, croit que, déclare que, doute que, se doute que, enseigne que, espère que, estime que, s'étonne que, explique que, découvre que, décrète que, déduit (de ce qui précède) que, apprécie que, devine que, dit que, apprend que, assure que, s'assure que, s'attend à ce que, conjecture que, considère que, conteste que, certifie que, imagine que, infère que, informe (X) que, montre que, note que, observe que, pense que, postule que, (humain/non-humain) présuppose que, (h/non-h) prévoit que, proclame que, propose que, prouve que, rappelle que, reconnaît que, (l'hypothèse) requiert que, sait que, songe que, soupçonne que, soutient que, se souvient que, suppose que, trouve que, voit que, (h/non-h) veut que, démontre que [la loi de Lavoisier est une loi absolue]**
On ajoutera un énonce+que. Mais on peut d'emblée soustraire requiert+que, à cause de la concordance; ce verbe implique en effet le subjonctif, comme la dernière citation du GML 1936, sur les systèmes de coordonnées, avec l'opérateur il est naturel+que.
X affirme que [la loi de Lavoisier est une loi absolue]
X comprend que [la loi de Lavoisier est une loi absolue]
X conçoit que [la loi de Lavoisier est une loi absolue]
On doit retrancher comprendre+que, à cause de l'ambiguïté ou de l'incertitude qu'apporterait le pronom je, entre autres:
je comprends que la loi de Lavoisier soit [est?] une loi absolue.
La même observation s'étend à concevoir+que:
je conçois que la loi de Lavoisier soit [est?] une loi absolue.
On observe également qu'avec la négation, le subjonctif semble obligatoire:
je ne comprends pas que la loi de Lavoisier soit [est?] une loi absolue.
En ce qui concerne l'affirmation (la notion même de verbe déclaratif), on note qu'elle n'a pas d'incidence. Ce ne serait pas le cas du contre-exemple:
Anselme affirme que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes.
On comparera à:
Comment Anselme peut-il affirmer que tout soit pour le mieux...?
Poursuivons:
A. Guillemonat (dans le GML) conclut que les systèmes de coordonnées sont équivalents pour l'énoncé des lois de la nature.
Bill accepte que les systèmes de coordonnées soient équivalents pour l'énoncé des lois de la nature.
Albert accorde que les systèmes de coordonnées sont/soient équivalents pour l'énoncé des lois de la nature.
cf. n'accorde pas que = soient
Paul constate que les systèmes de coordonnées sont équivalents pour l'énoncé des lois de la nature.
On retranchera donc accepte+que et accorde+que. Nouvelle série:
B admet que [la loi de Lavoisier est/soit une loi absolue]
cf. n'admet pas que = soit
C annonce que [la loi de Lavoisier est une loi absolue]
D s'aperçoit que [la loi de Lavoisier est une loi absolue]
E croit que [la loi de Lavoisier est une loi absolue]
cf. ne croit pas que = soit
Ici on retranche admettre+que, croire+que. Il ressort des matériaux triés jusqu'à présent que si l'on applique les deux critères de la concordance et de la négation de la principale (du verbe opérateur), on restreint très nettement le champ d'application de la notion de verbe épistémique.
Soit encore:
X déclare que [dans toute transformation chimique, la masse totale des corps qui prennent naissance est égale à la masse totale des corps qui disparaissent]
X doute que [...soit ...]
cf. ne doute pas que [...soit ...]
X se doute que [...est ...]
X énonce que [...est ...]
X enseigne que [...est ...]
X espère que [...sera (?)...]
cf. n'espère pas que [...soit ...]
La future classe des opérateurs doxiques accueille encore douter+que et espérer+que. Je rappelle que pour la corroboration je m'appuie en premier lieu sur l'excellent ouvrage de J. Caput et J.-P. Caput sur les constructions verbales (Dictionnaire des verbes français) et en second, sur Le Petit Robert 2007.
À suivre.
*Correspond à la numérotation continue à partir de Croire 1, que je reprends avant de m'égarer complètement.
**«Dans toute transformation chimique, la masse totale des corps qui prennent naissance est égale à la masse totale des corps qui disparaissent.» «...il est possible que la loi de Lavoisier ne soit vraie qu'associée à la loi de conservation de l'énergie.» «...Pour toutes les transformations que nous pouvons réaliser.» Cf. «Le principe de conversation de la masse reste valable tant qu'il n'y a pas de variation d'énergie. (...) il est naturel que tous les systèmes (de coordonnées) soient équivalents pour l'énoncé des lois de la nature». Tous ces énoncés sont tirés du Grand Mémento Larousse (1936), tome II, pp. 503, 448 & 449, éd. 1941.

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