Nouvelle rubrique: Il a osé
Après un trop long silence, je vais essayer de reprendre le fil (métaphore erronée). On fait désormais dans le sans-fil. De toute façon, c'est ce qui se perd le mieux (le fil).
Cette rubrique deviendra avec le temps l'unique plongeoir dans l'éther du net (sternutatoire) - répercuté sur Haut et Fort. Il y sera question de gens qui osent et d'autres qui n'osent pas. C'est-à-dire, qui reculent, comme la jolie directrice du Deutsche Oper de Berlin. Pourtant, nouvelle mise en scène ou non (elle a déjà été montée en 2003, l'oeuvre, s'entend), Mozart était franc-maçon, ce qui en fait au moins un insoumis du point de vue religieux. Un esprit critique, un esprit libre.
Je ne suis pas grand amateur de Mozart, mais ce n'est pas lui qui est en cause: ce qui m'éloigne de lui, ce n'est pas sa musique, mais les mozartiens. En fait, j'aime bien les compositions qu'il a consacrées à la religion, justement. Mais c'est un travers de certains athées, d'aimer la musique sacrée.
Je ne dis pas que Mozart était athée, car je n'en sais rien, mais il semble avoir été coopté par les Francs-Maçons et Idoménée, dit-on, écorche toutes les religions. Je ne connais que celui de Campra (je parle de l'opéra).
En musique, je suis ce qu'on appelle un baroqueux, avec des infidélités avant 1600 et après 1750. En ce moment j'enregistre Paulus de Mendelssohn sous format .wav avec Audacity (libre et gratuit), à partir de cassettes faites il y a un siècle (vers 1990), d'un enregistrement de Frühbeck de Burgos.
Après, je passe à Zelenka (Jan Dismas), dont j'ai la "messe de la Circoncision" (sur cassette, également, les CD ayant été tous mis sous format .wma).
Récemment (il mérite une livraison dans la rubrique il a osé), un individu rencontré dans un parc où je promenais mes quatre schnauzers m'a interpellé (au sens moderne) sur quatre chefs, au cours d'une étrange conversation. Je reconnais que s'il n'avait pas été accompagné d'une femme clairement plus intelligente que lui, je n'aurais pas cherché à désamorcer les pièges qu'il me tendait.
Naturellement, la première agression verbale a eu pour objet mes chiens. Pourquoi des schnauzers, pourquoi quatre. Ensuite, j'étais trop blanc à son goût (disons pâle, sinon il y a des esprits mal tournés qui penseront au racisme): comme s'il n'avait jamais entendu parlé des dangers de l'exposition au soleil. La longueur de mes manches ne lui plaisait pas non plus.
Pour ne pas être en reste, il m'a aussi demandé (ce qui arrive immanquablement aux gens comme moi qui ont gardé de leur origine européenne, une prononciation qui diffère de celle qui a cours ici), il m'a donc aussi demandé d'où je venais. Il a probablement asséné cette question directement après l'interpellation relative aux chiens, mais l'affaire remonte à plus d'un mois. Naturellement, j'aurais pu péter les plombs, mais je lui ai rétorqué: et vous?
Comme il insistait, je lui ai d'abord expliqué de quelle planète j'étais, puis, voyant que j'avais à mon tour réussi à le déstabiliser, je lui ai dit que je venais de la petite ville voisine, puis, enfin, j'ai confessé avoir des liens avec Tintin. Cela lui a redonné des forces. Pourquoi avais-je encore mon accent (comme si lui n'en avait pas)? En effet, cinquante ans après, ils se livrent tous à cette devinette: pourquoi ne parle-t-il pas comme nous?
Je m'en expliquerai un jour, si l'envie m'en prend. Sans doute par désir de nourrir son animadversion, je lui ai expliqué que j'étais snob (en plus!), puisque j'avais des "goûts particuliers" en musique. Ceci dit, il m'a rendu service, ce monsieur, qui, finalement, après deux heures de duel verbal, semblait agité d'un léger tremblement. J'aurais pu le rassurer, s'il en avait parlé, mais je n'ai pas l'habitude d'aborder la vie privée des autres dans une conversation qui restera sans suite.
En effet, l'hyperthyroïdie (maladie de Basedow) a fait sa réapparition. Et je n'en suis qu'à la première quinzaine du nouveau traitement. Je le savais avant les résultats des analyses: je m'agitais, je maigrissais, et je devenais incapable de former des lettres lisibles... et je tremblotais. Il y en a qui rencontrent Dieu (le dieu qu'ils s'inventent). C'est par convention qu'il porte ici une majuscule, le distinguant des dieux antiques. Moi j'ai rencontré un catalyseur. C'est exact.
Depuis presque dix ans, mon intérêt pour ce que j'appelais tout à l'heure mes goûts en musique, a diminué. En y repensant, cet adversaire surgi de nulle part (il y est retourné) mérite tous mes remerciements et ma reconnaissance éternelle (oups!, voici un vocable vis à vis duquel je prends mes distances). Car peu après cette rencontre, je me suis remis à écouter mes oeuvres préférées: la fausse messe catholique de Bach (oui, en si mineur), les passions selon saint Matthieu et selon saint Jean, certaines cantates (j'avais l'intégrale par Harnoncourt et Leonhardt), puis quelques opéras de Händel, un ou deux oratorios...
Comme j'étais déjà dans la phase d'agitation, je me rends chez Radio Shack (pourquoi ont-ils changé de nom?) où je me porte acquéreur d'un appareil que je rapporte le lendemain, ne sachant qu'en faire. En fait, je m'étais mépris, semble-t-il, sur le rôle de la machine.
Après en avoir discuté avec mon technicien informatique, je suis retourné chez RS, mais pour y acheter des fils, après la réception de ma nouvelle carte son (qui me permet de profiter de ma chaîne à sept enceintes) et de mon disque Iomega externe.
Je m'étais d'abord mis en tête d'enregistrer les CD qui avaient graduellement remplacé ma collection de disques vinyles, dont il ne me restait que des oeuvres n'ayant pas eu l'heur de plaire aux producteurs de CD, en 1997. La date n'est pas innocente (ah! il faut bien un coupable). C'est en 97 que j'ai quitté la ville pour les charmes de la campagne et de la nature. Pas de disquaire dans le coin (toujours pas plus aujourd'hui), et comme je ne me rends plus là-bas depuis deux ans, mon médecin traitant étant mort.
En fait, il m'est difficile de dater la désaffection, comme il s'agit d'un phénomène graduel et lié à des facteurs multiples. L'achat d'une maison n'est pas sans incidence. L'augmentation du mazout. La décision d'acheter autre chose qu'une voiture économique. Même si mon jugement pratique n'est pas toujours très sain d'un point de vue budgétaire, je suis conscient que les CD n'ont pas vraiment changé de prix, quand il s'agit de musique baroque. En effet, il semble plus économique d'acheter les DVD. Exemple: la nouvelle intégrale des cantates de Bach par Ton Koopman - chez Amazon.com - le coffret de 3 disques se vend 53,xx dollars US. Mais chez ArkivMusic, on trouve un DVD d'un opéra de Rameau pour 38 $US.
Le seul inconvénient du présent arrangement tient au ventilateur de l'ordinateur. Erreur: il y en a un autre. Le lecteur "Windows média" et sa constitution automatique d'une bibliothèque où toutes les pistes sont traitées comme des CHANSONS. En fait, à l'heure actuelle, ma "bibliothèque windows" compte dix mille artistes!!! Pas de baroqueux ou d'amateurs d'opéras chez Windows. À moins que mon hyperthyroïdie m'empêche de me concentrer suffisamment pour en saisir le fonctionnement.
J'ai donc téléchargé Deliplayer (la version gratuite), mais je n'ai pas encore trouvé la patience d'étudier leur documentation qui pèche probablement par le même a priori que Media Player 9 ou 10. Si quelqu'un a une idée comment importer la structure d'un répertoire dans ce genre de bidule, je lui serais reconnaissant. Inconvénient cependant. Deliplayer qui joue 230 formats, n'a pas .wma dans sa liste.
Les prochaines livraisons (avec ou sans divagations) d'Il a osé: Infaillible (il s'agit du pape et non du grand Moufti) - Alfred E. Neumann (alias GW Bush, d'après Ed McBain) - liberté de quoi avez-vous dit? (ce prof de Toulouse qui ne veut pas finir en saucisses) - À suivre

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