Le débat, dites-vous?
Il a lieu: L'historien Pierre Vidal-Naquet explique qu'un million de morts (dans le cas d'Auschwitz) est une hypothèse raisonnable, tandis que Claude Lanzmann, le réalisateur du film Shoah, parle de trois millions et demi de disparus (cité par Robert Ménard). Les chiffres du judéocide ont été, sont et resteront des estimations, puisque la crémation détruit jusqu'à l'ADN. Le terme de disparus, dans sa banalité, « personne considérée comme morte bien que son décès n'ait pu être établi » (Robert), s'applique.
Le débat, réclamé par les soi-disant révisionnistes, me fait penser à ces sondages où on vous demande ce que vous pensez du protocole de Kyoto, par exemple. La plupart des gens (pour parler comme Charlie Brown, de Peanuts) n'ont certainement pas pris connaissance du texte. Il faut savoir admettre où notre information ou nos connaissances font défaut. Et il y a la formation: j'ai très vite appris (même avant d'entrer tardivement à l'université) qu'il y a des incontournables, notamment la documentation, et la vérification, et de l'info et de la source, ainsi que son identification et son évaluation. Je ne débaterai donc pas avec les pseudos spécialistes d'une révision à base de négation. Je me contenterai de noter, comme je l'ai fait, les opinions qui tiennent lieu de pensée.
le révisionniste pense que l’Etat juif est donc la conséquence de la Shoah
Il ne s'agit pas seulement de Viviane Forrester, mais aussi du Deutsches Historische Museum. La doxa ambiante dont parle Georges Bensoussan serait un tantinet révisionniste. Mais le problème de l'Histoire, c'est justement sa réécriture: si l'on peut se féliciter des méthodes qui se sont dégagées au cours des siècles (depuis Lucien de Samosate), il en va là comme dans la critique littéraire ou la linguistique. On projette inconsciemment ou non le présent sur le passé. Montesquieu l'a fait: il parle de l'Égypte ancienne comme du Japon de son époque.
Le problème donc, avec la revisitation de la Shoah, c'est qu'elle se confond dans certains esprits avec la-légitime-critique-de-la-politique-de-l’Etat-d’Israël (expression de Georges Bensoussan) ou encore avec une critique du sionisme, appréhendé come une forme de pan-judaïsme. Je ne m'aventurerai pas sur ce terrain, en raison de mon peu d'information. Quant à ne pas être d'accord avec tel ou tel gouvernement, la liste serait longue, comme d'ailleurs celle des actes terroristes, condamnés sans équivoque.
Il paraît que Charles Péguy considérait l'Histoire comme inutile; ce n'est pas mon avis, mais elle a tendance, parfois, comme la plupart des sciences sociales ou humaines, à compenser son apparent manque de rigueur par la revendication d'un idéal que les sciences dures devraient leur envier.
Trêve de polémique: je reviendrai, dans les prochaines livraisons, sur les énoncés que j'ai déjà recueillis, notamment quand un cran analytique de plus s'impose. Ainsi dans l'énoncé plus haut, on trouve une présupposition:
X croit que la Shoah a une conséquence
Le débat, réclamé par les soi-disant révisionnistes, me fait penser à ces sondages où on vous demande ce que vous pensez du protocole de Kyoto, par exemple. La plupart des gens (pour parler comme Charlie Brown, de Peanuts) n'ont certainement pas pris connaissance du texte. Il faut savoir admettre où notre information ou nos connaissances font défaut. Et il y a la formation: j'ai très vite appris (même avant d'entrer tardivement à l'université) qu'il y a des incontournables, notamment la documentation, et la vérification, et de l'info et de la source, ainsi que son identification et son évaluation. Je ne débaterai donc pas avec les pseudos spécialistes d'une révision à base de négation. Je me contenterai de noter, comme je l'ai fait, les opinions qui tiennent lieu de pensée.
le révisionniste pense que l’Etat juif est donc la conséquence de la Shoah
Il ne s'agit pas seulement de Viviane Forrester, mais aussi du Deutsches Historische Museum. La doxa ambiante dont parle Georges Bensoussan serait un tantinet révisionniste. Mais le problème de l'Histoire, c'est justement sa réécriture: si l'on peut se féliciter des méthodes qui se sont dégagées au cours des siècles (depuis Lucien de Samosate), il en va là comme dans la critique littéraire ou la linguistique. On projette inconsciemment ou non le présent sur le passé. Montesquieu l'a fait: il parle de l'Égypte ancienne comme du Japon de son époque.
Le problème donc, avec la revisitation de la Shoah, c'est qu'elle se confond dans certains esprits avec la-légitime-critique-de-la-politique-de-l’Etat-d’Israël (expression de Georges Bensoussan) ou encore avec une critique du sionisme, appréhendé come une forme de pan-judaïsme. Je ne m'aventurerai pas sur ce terrain, en raison de mon peu d'information. Quant à ne pas être d'accord avec tel ou tel gouvernement, la liste serait longue, comme d'ailleurs celle des actes terroristes, condamnés sans équivoque.
Il paraît que Charles Péguy considérait l'Histoire comme inutile; ce n'est pas mon avis, mais elle a tendance, parfois, comme la plupart des sciences sociales ou humaines, à compenser son apparent manque de rigueur par la revendication d'un idéal que les sciences dures devraient leur envier.
Trêve de polémique: je reviendrai, dans les prochaines livraisons, sur les énoncés que j'ai déjà recueillis, notamment quand un cran analytique de plus s'impose. Ainsi dans l'énoncé plus haut, on trouve une présupposition:
X croit que la Shoah a une conséquence

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