1.2.05

La liste est encore longue...

On peut d'emblée y ajouter les noms de Roger Garaudy, David Cole et, parmi les sympathisants (ou égarés), le malheureux abbé Pierre. J'ai également omis l'un des écrivains auxquels j'ai consacré un article lorsque j'étais universitaire, Louis-Ferdinand Céline, mais à ma défense il faut mettre le fait de découvrir que les jurons et insultes du capitaine Haddock seraient de lui m'a vraiment bouleversé. Il semble que le lien entre l'auteur de Bagatelles pour un massacre et le père de Tintin soit un autre de ces intellectuels de droite, Robert Poulet.

Petit supplément: Black, Don; Curtis, Alex James; Duke, David; Koehl, Matt; Kreiss, August; Lane, David; Pierce, William; Smith, Tom; Wickstrom, James; Williams, Will; Wilson, Ryan.

La liste s'allongera et, entretemps, les mots s'useront. Mais la forge néologique est en pleine activité chez les négateurs ou négationnistes. Dans leur idiome groupal, par ma position, je serais un exterminationniste (calqué de l'anglais). Ces messieurs-dames ne manquent pas non plus de déformer les mots en plus de maltraiter les idées. Le mot Holocauste a subi toutes sortes de déformations, mais je n'en ai pas encore vues pour la Shoah, sans doute parce que je ne suis pas assez patient pour lire placidement le contenu des sites, ou parce que cette désignation est peu fréquente en anglais.

Selon Wikipédia, « le négationnisme est un discours contestant l’existence de faits historiques, principalement de massacres de masse. (...) Le néologisme négationnisme a été créé par l’historien Henry Rousso en 1987. Son utilité est de désigner correctement la démarche de falsification historique comme celle de Robert Faurisson ou d'Henri Roques, qui se qualifient eux-mêmes indûment de révisionnistes. »

D'après Rousso (Wikipédia), donc, le négationnisme qui se dissimule sous l'étiquette du révisionnisme est avant tout « une idéologie servie par la négation malhonnête de la réalité des faits », dont les méthodes comprennent contre-vérités, falsifications, discrédit jeté sur les témoins, etc., tandis que le révisionnisme est un « aspect normal de l'activité scientifique exercée par les historiens lorsqu'ils réexaminent une interprétation antérieure de faits. »

Toujours suivant Wikipedia, les négationnistes nient la réalité de la Shoah, ils nient l’existence des chambres à gaz, nient l’extermination des Juifs, des Tziganes, des handicapés et asociaux, ainsi que de toutes les autres minorités.

On a donc affaire à des propos qui se prêtent au schéma d'analyse esquissé dans une livraison antérieure pour les affirmations des judéophobes. Les négationnistes pensent que le génocide pratiqué par l’Allemagne nazie n’a pas eu lieu. Ils font d'un fait une opinion ou l'objet d'une croyance. Les négationnistes croient que la Shoah est un mythe. Les suspects de sympathie se livrent au même jeu: la Shoah servirait à extorquer des compensations (cf. Norman Finkelstein). Que voulait-on? Que les banques suisses continuent à s'enrichir de la Shoah, justement?

Morale provisoire: toujours se demander ce qui motive les propos qui peuvent vous faire tiquer.