1. Un modèle cognitif
1.1 Le modèle qui sert de cadre de réflexion aux opérations sur le sens a une triple origine qui remonte à 1976, dont les principales étapes sont marquées par trois travaux universitaires (un mémoire et deux thèses) et diverses communications et publications scientifiques (v. Annexe bibliographique personnelle).
1.1.1 La réflexion approfondie a commencé productivement en 1977 lorsque j’ai décidé de ne pas donner suite au projet de doctorat de troisième cycle de sémiotique que je m’étais fixé et qui consistait en une analyse de Bouvard et Pécuchet de Flaubert, pour y substituer une étude sémantique de la lecture comme processus, sous le titre de le sens de la lecture. A. J. Greimas a eu la bonne grâce d’accepter ce changement, mais pour des raisons administratives, c’est à Bernard Pottier qu’est revenue la responsabilité de la direction de cette entreprise qui s’écartait des théories greimassiennes.
REM Les aléas de ma courte carrière universitaire ne m’ont pas empêché de pour-suivre ma réflexion sur le sens et de développer parallèlement une règle d’interprétation du sens et un modèle sémiotique et cognitif de la compréhension sémantique. Les bases ont été mises en place dans la thèse de doctorat d’État soutenue sous la direction de B. Pottier en 1987.
1.2 À l’origine, un premier outil d’analyse textuelle, dans une approche générale de nature sémiotique (dont la proxémique et la gestuelle), s’inspirait à la fois de la cybernétique, de la réflexion épistémologique sur la technologie et l’informatique, et ravivait une notion ancienne, celle de program-me, analogue à celles de scénario ou de cadre (‘frame’).
1.2.1 Le projet consistait à chercher à dégager un ensemble d’actions et de conditions à remplir dans la lecture d’un texte et s’inspirait de la notion musicologique de «musique à programme». Autrement dit, un texte (littéraire ou non) comporterait une «structure» particulière destinée à guider sa lecture. L’hypothèse de la programmatique textuelle mettait naturellement à contribution les recherches sur les titres et les noms propres d’un texte donné (personnages, institutions, lieux).
REM Musique à programme ≝ qui se propose d'illustrer un thème précis. (PR) Le signe ≝ introduit une définition.
1.2.2 Si aujourd’hui je ne considère plus le texte comme un «objet sémantique», cette étape n’est pas à négliger, car elle a permis, en plus de m’initier à la linguistique générale et structurale, de mettre en place trois considérations importantes concernant le signe, en plus de dégager la notion très féconde de redondance, que je supposais à l’origine du programme de lecture d’un texte.
1.3 Le premier modèle, au sens d’une «représentation simplifiée d’un processus» et de «construction théorique» aux fins d’explication structurelle, a pris forme en 1978-79 quand la perspective textuelle a cédé le pas à une analyse du processus même de la lecture. Il était marqué à la fois par la sémiotique, alors dans son heure de gloire, et par certaines recherches sémantiques américaines dans le cadre de la linguistique qui prédominait à cette époque et de ses contre-modèles.
1.3.1 Comme je l’indiquais, le signe m’était apparu tripartite, et non binaire comme le postulait la linguistique structurale (comme rapport entre signifiant et signifié) ou ternaire comme le positionnaient les recherches anglo-saxonnes, dans son rapport à la référence et à l’objet (la chose : matérielle inerte, et l’être animal ou humain).
REM On ne retiendra pas la situation et la réponse de l’auditeur comme éléments du signe (cf. plus haut, sur le béhaviorisme).
1.3.1.0 Les travaux de certains anthropologues (vers 1955) ont donné lieu à une forme de sémantique de l’objet : l’analyse componentielle, décrite avec soin dans l’ouvrage d’Eugene A. Nida (1975), Componential Analysis of Meaning. Ses liens historiques avec l’analyse sémique sont incertains, car le modèle de celle-ci semble être l’analyse en traits phonologiques et dériverait, selon Dubois et al., de la classification technologique et l’analyse documentaire [J.-C. Gardin (1965) ; Éric de Grolier (1962), cf. Coyaud (1966)]. Les premiers travaux de Bernard Pottier datent de la même époque (1963-64).
REM Ces recherches ont un intérêt dans la perspective de l’hypothèse d’un inventaire fondamental d’unités sémantiques, question déjà soulevée par Denis Diderot ; ici, j’opte pour un point de vue complètement différent où le sens devient l’image au miroir du lexique.
1.1.1 La réflexion approfondie a commencé productivement en 1977 lorsque j’ai décidé de ne pas donner suite au projet de doctorat de troisième cycle de sémiotique que je m’étais fixé et qui consistait en une analyse de Bouvard et Pécuchet de Flaubert, pour y substituer une étude sémantique de la lecture comme processus, sous le titre de le sens de la lecture. A. J. Greimas a eu la bonne grâce d’accepter ce changement, mais pour des raisons administratives, c’est à Bernard Pottier qu’est revenue la responsabilité de la direction de cette entreprise qui s’écartait des théories greimassiennes.
REM Les aléas de ma courte carrière universitaire ne m’ont pas empêché de pour-suivre ma réflexion sur le sens et de développer parallèlement une règle d’interprétation du sens et un modèle sémiotique et cognitif de la compréhension sémantique. Les bases ont été mises en place dans la thèse de doctorat d’État soutenue sous la direction de B. Pottier en 1987.
1.2 À l’origine, un premier outil d’analyse textuelle, dans une approche générale de nature sémiotique (dont la proxémique et la gestuelle), s’inspirait à la fois de la cybernétique, de la réflexion épistémologique sur la technologie et l’informatique, et ravivait une notion ancienne, celle de program-me, analogue à celles de scénario ou de cadre (‘frame’).
1.2.1 Le projet consistait à chercher à dégager un ensemble d’actions et de conditions à remplir dans la lecture d’un texte et s’inspirait de la notion musicologique de «musique à programme». Autrement dit, un texte (littéraire ou non) comporterait une «structure» particulière destinée à guider sa lecture. L’hypothèse de la programmatique textuelle mettait naturellement à contribution les recherches sur les titres et les noms propres d’un texte donné (personnages, institutions, lieux).
REM Musique à programme ≝ qui se propose d'illustrer un thème précis. (PR) Le signe ≝ introduit une définition.
1.2.2 Si aujourd’hui je ne considère plus le texte comme un «objet sémantique», cette étape n’est pas à négliger, car elle a permis, en plus de m’initier à la linguistique générale et structurale, de mettre en place trois considérations importantes concernant le signe, en plus de dégager la notion très féconde de redondance, que je supposais à l’origine du programme de lecture d’un texte.
1.3 Le premier modèle, au sens d’une «représentation simplifiée d’un processus» et de «construction théorique» aux fins d’explication structurelle, a pris forme en 1978-79 quand la perspective textuelle a cédé le pas à une analyse du processus même de la lecture. Il était marqué à la fois par la sémiotique, alors dans son heure de gloire, et par certaines recherches sémantiques américaines dans le cadre de la linguistique qui prédominait à cette époque et de ses contre-modèles.
1.3.1 Comme je l’indiquais, le signe m’était apparu tripartite, et non binaire comme le postulait la linguistique structurale (comme rapport entre signifiant et signifié) ou ternaire comme le positionnaient les recherches anglo-saxonnes, dans son rapport à la référence et à l’objet (la chose : matérielle inerte, et l’être animal ou humain).
REM On ne retiendra pas la situation et la réponse de l’auditeur comme éléments du signe (cf. plus haut, sur le béhaviorisme).
1.3.1.0 Les travaux de certains anthropologues (vers 1955) ont donné lieu à une forme de sémantique de l’objet : l’analyse componentielle, décrite avec soin dans l’ouvrage d’Eugene A. Nida (1975), Componential Analysis of Meaning. Ses liens historiques avec l’analyse sémique sont incertains, car le modèle de celle-ci semble être l’analyse en traits phonologiques et dériverait, selon Dubois et al., de la classification technologique et l’analyse documentaire [J.-C. Gardin (1965) ; Éric de Grolier (1962), cf. Coyaud (1966)]. Les premiers travaux de Bernard Pottier datent de la même époque (1963-64).
REM Ces recherches ont un intérêt dans la perspective de l’hypothèse d’un inventaire fondamental d’unités sémantiques, question déjà soulevée par Denis Diderot ; ici, j’opte pour un point de vue complètement différent où le sens devient l’image au miroir du lexique.

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