30.12.04

Refroidissement éolien

Premiers pas dans la Blogosphère. L'impression d'être déphasé, d'avancer dans le brouillard. L'année se termine sur une série de tuiles et d'inconnues. Et l'âge devient une préoccupation, comme la santé. Il faudrait pouvoir procéder à une remise à zéro le premier janvier de chaque année. Il n'y a pas que la blogosphère qui trouble: le sentiment d'être en perte de vitesse par rapport à celui que j'étais n'est pas négligeable. Tout au long de mon existence, j'ai toujours privilégié la vigilance, et, en guise de sanction ironique, je commence à perdre le fil (dans une culture culpabilisatrice, on est toujours puni par où on a péché). Cette glissade vers la vacuité mentale appréhendée ne date pas d'hier. Il y a deux ans, je tentais à nouveau de donner une forme cohérente à mon "testament intellectuel", en vain. Lassitude, inanité de l'objet, je ne sais, mais mon "traité de sémantique", après avoir connu au moins quatre formes distinctes, est resté en plan. Concurrement, j'avais amorcé la compilation d'un dictionnaire de loufoqueries, mais le ridicule nous rattrape, quoi qu'on fasse.

Je me heurte pour l'instant, au problème du refroidissement éolien, notion que critique Miguel Tremblay (voir son site), en n'y voyant que la mathématisation abusive d'une sensation. Ce en quoi il s'égare. Les sensations ne tuent pas. L'hypothermie accélérée qui résulte du refroidissement éolien le peut. Je ne suis pas un scientifique "dur" ou "pur" de formation: la linguistique et la sémiotique sont des sciences "molles" (humaines ou sociales), mais elles sont toutefois soumises, comme leurs grandes soeurs, aux conditions de généralité et de reproductibilité. Je comprends donc les inquiétudes de Monsieur Tremblay quand il voit les météorologues additionner ou multiplier des degrés et des vitesses. Mon inquiétude à moi est autre en ce qui concerne le refroidissement entraîné par le vent. Le site "howstuffworks" précise que quand il s'agit d'objets inanimés, le refroidissement ne se fait que si l'objet est chaud. Intéressant. Il existe aussi une précaution à observer quand il s'agit des gaz et des liquides. Il semble que des trois formes d'échange de chaleur, ils soient caractérisés par la convection, avec l'image de celui qui souffle sur la soupe pour la refroidir. Mais ici je me pose la même question que quand on m'annonce que le thermomètre tenu à la portière d'une voiture ne marque pas de variation, même si la voiture roule vite.

Ah! L'air ne serait pas sensible à lui-même? On note en effet que quel que soit le thermomètre, il ne descend pas plus bas, qu'il vente ou non. Insensible à ses pertubations, alors qu'on parle de masses d'air chaud et d'air froid? Contre son gré, j'ai essayé de mêler un ami à cette discussion (dans sa grande mansuétude, il s'est gardé de me traiter de ce mot de trois lettres): il n'en demeure pas moins que les mitrailleurs des forteresses volantes ne mouraient pas d'une sensation. Il me semblait que le raisonnement scientifique ne parvenait pas à "expliquer" cette aporie concernant un gaz (l'air est un mélange gazeux, non?) qui échapperait aux contraintes des fluides. Qu'en était-il? Était-ce le fait que le mercure était un métal... et comme le moteur de la voiture s'arrêtait de refroidir à la température... du thermomètre? À noter que le moteur est chaud au départ, tandis que le thermomètre reste impassible. Mais mon thermomètre extérieur n'est pas à mercure. En plus, il existe un thermoscope qui, d'après ce que m'en dit le Petit Larousse, est à air... à air? Pourquoi le thermomètre n'est-il pas sensible au vent s'il est sensible aux rayons du soleil? Fermé à la convection, ouvert au rayonnement... On le sait ouvert à la conduction aussi, puisqu'on se le met en divers endroits du corps... Est-ce là la raison du mystère? Le thermoscope (que je n'ai jamais vu) serait-il sensible à la convection?